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Petite avancée dans l’évaluation de l’intérêt de le vaccination contre les virus HPV 16 et HPV 18, pour lutter contre les cancers du col utérin

Pour l’instant, aucun vaccin contre certains virus HPV n’a fait la preuve d’éviter la survenue de cancer du col utérin, contrairement à ce que peuvent laisser supposer des publicités dans les pharmacies françaises. Cependant, une étude australienne publiée dans la revue The Lancet apporte un début d’élément : le programme national de vaccination contre les virus HPV  16 et 18, implémenté en Australie chez les jeunes filles, tend à montrer que le nombre de jeunes filles contaminés par le virus se réduit. En Australie, qui fut un des premiers pays à introduire la vaccination anti-HPV chez les jeunes filles de 12 à 26 entre 2007 et 2009, les scientifiques constatent effectivement une baisse des anomalies de haut grade du col utérin, une modification cellulaire qui peut être précurseur du cancer du col.

Les auteurs de l’étude ont évalué le taux d’anomalies cervicales avant et après l’introduction du vaccin quadrivalent contre le virus HPV. Ils ont analysé le registre des cytologies cervicales et comparé les incidences retrouvées pour les anomalies de haut grades et de bas grades dans 5 groupes d’âges, avant la vaccination anti-HPV  (du 1 janvier 2003 au 31 mars 2007) et après (1 avril 2007 au 31 décembre 2009).

Alors qu’il faudra des années avant de confirmer si oui ou non le vaccin est effectivement capable de réduire le nombre de cancers du col utérin, l’analyse des résultats des programmes de surveillance de cytologie du col, est capable de réduire le nombre d’anomalies cellulaires, parfois précoce précurseur du cancer. Ces analyses rapportent une réduction du nombre des jeunes filles de moins de 18 ans ayant des anomalies cellulaires de haut grade au niveau du col utérin : le taux baisse effectivement de 0,80% des prélèvement à 0,42%. Pourtant, ces mêmes analyses ne rapportent aucune baisse des anomalies cervicales chez les filles plus âgées montrant peut-être l’inutilité de la vaccination chez celles ayant déjà eu des rapports sexuels.

Cependant, rien ne permet d’affirmer que cet effet soit directement lié au vaccin, comme l’écrit le Dr Mona Saraiya et le Dr Susan Hariri du Centres for Disease Control américain dans un commentaire associé à l’article, et qui recommande une grande prudence dans l’interprétation des résultats. D’autres travaux sont nécessaires avant de pouvoir affirmer que la vaccination par le vaccin quadrivalent anti-HPV est réellement capable de réduire le risque de cancer du col utérin au sein d’une population.

Cette étude est la première à rapporter une réduction des lésions de haut grade après la mise en place d’un programme de vaccination. Cependant le lien direct entre vaccination anti-HPV et réduction des lésions de haut grade du col utérin reste à démontrer.

En France deux vaccins sont disponibles :

Cervarix (vaccin bivalent) : l’autorisation de mise sur le marché stipule qu’il s’agit d’un “vaccin pour la prévention des lésions précancéreuses du col de l’utérus et du cancer du col de l’utérus dus à certains types oncogènes de Papillomavirus Humains” bien qu’aucune preuve ne démontre chez l’homme de réduction du risque de cancer du col. Le vaccin a pour l’instant démontré qu’il réduisait le nombre de personnes contaminées par le HPV 16 et HPV 18, deux virus capables de provoquer un cancer du col utérin, à 12 mois.

- Gardasil : c’est un vaccin indiqué pour la prévention  des dysplasies de haut grade du col de l’utérus (CIN 2/3), des cancers du col de l’utérus, des dysplasies de haut grade de la vulve (VIN 2/3) et des verrues génitales externes (condylomes acuminés). Pourtant, selon la Haute Autorité de Santé, ce vaccin quadrivalent ciblant les virus HPV 16 et 18 mais aussi 6 et 11, n’apporte qu’une amélioration du service médical rendu modérée dans la prévention des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, des dysplasies de haut grade de la vulve et des verrues génitales externes. De plus, “les conséquences à long terme de son utilisation ne sont pas connues, la durée de la protection vaccinale n’est pas connue au-delà de 5 ans”. Par ailleurs, l’HAS informe également que 30 % environ des cancers du col sont liés à des types d’HPV oncogènes autres que ceux du vaccin. Récemment de nouveaux effets secondaires ont été constaté sous Gardasil comme des « syncopes parfois accompagnées de mouvements tonico-cloniques ».

 

Source

Early effect of the HPV vaccination programme on cervical abnormalities in Victoria, Australia: an ecological study
Julia ML Brotherton, Masha Fridman, Cathryn L May, Genevieve Chappell, A Marion Saville, Dorota M Gertig
The Lancet, Volume 377, Issue 9783, Pages 2085 – 2092, 18 June 2011

Crédit Photo Creative Commons by l r

 

 

 

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