mardi 27 septembre 2016

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Les injections de toxine botulique à visée cosmétique n’ont pas toutes la même efficacité

Toutes les variétés de toxines botuliques utilisées pour effacer les rides n’ont pas la même efficacité selon une étude publiée dans la revue Archives of Facial and Plastic Surgery.

La toxine botulique fut longtemps considérée uniquement comme toxique puisque capable de provoquer le botulisme : L’agent pathogène impliqué dans le botulisme est une bactérie appelée Clostridium botulinum capable de synthétiser une toxine extrêmement puissante qui se développe notamment dans les aliments mal conservés. Elle provoque d’abord des troubles visuels, puis une sécheresse de bouche et une difficulté de déglutition, pouvant évoluer vers une paralysie touchant progressivement tous les muscles du corps. C’est cette capacité à provoquer une paralysie musculaire qui est utilisée en cosmétique. Sur les sept types de botulisme connus aujourd’hui (A,B,C,D,E,F), quatre types, les types A, B, E et F peuvent affecter l’homme. Au XIXe siècle, Justinus Kerner,  qui avait été le premier à décrire les conséquences du botulisme avait entrevu le potentiel d’utilisation de la toxine à des fins thérapeutiques, il l’avait même testé sur lui-même. En 1989, une toxine botulique de type A a été approuvée aux Etats-Unis puis dans le traitement de deux pathologies musculaires affectant les yeux. En 2002, une toxine botulique, l’Onabotulinum toxine de type A, fut approuvée par les autorités sanitaires pour le traitement des rides entre les yeux, la glabelle, puis une autre toxine, l’Abobotulinumtoxine de type A fut approuvée en 2009 dans la même indication.

Il existe plusieurs toxines botuliques utilisées en cosmétique : l’Onabotulinum toxine de type A (Botox®), l’Abobotulinum toxine de type A (Dysport®), la Rimabotulinum toxine de type B (Myobloc®), et l’Incobotulinum toxine de type A (Xeomin®)

Les auteurs de la présente étude, des chirurgiens plasticiens, ont voulu comparer l’efficacité de deux de ces toxines botuliques, l’Onabotulinum toxine de type A (Botox®) et l’Abobotulinum toxine de type A (Dysport®) dans un essai clinique.

Afin de comparer l’efficacité des deux toxines chez les mêmes personnes, ils ont eu l’idée originale d’en utiliser une sur le côté gauche du visage et l’autre sur le côté droit, et cela chez chacun des patients,  sans que le chirurgien ni le patient, ne sache quelle toxine était injecté à quel endroit. Quatre vingt dix patients ont donc reçu des injections de l’Onabotulinum toxine de type A et l’Abobotulinum toxine de type A. Les sites traités étaient les rides latérales des yeux et  les rides de la patte d’oie, des rides qui apparaissent sur le côté des yeux et qui déforment bien souvent le regard.

Le résultat était évalué sur 5 points par les chirurgiens et par les patientes qui donnaient également leur avis.

Les résultats confirment que différentes toxines botuliques n’ont pas obligatoirement le même effet : selon les auteurs la différence d’efficacité entre les toxines apparaissait lorsque les patientes contractaient leurs muscles au maximum, l’Abobotulinum toxine de type A produisant le meilleur effet. En revanche, lorsque les muscles étaient au repos, les deux toxines ne produisaient pas de différence visible.

«Comme La durée de l’effet et l’effacement des rides sont tous deux les objectifs prioritaires recherché par les patientes, d’autres études pourraient être nécessaires afin de confirmer les bénéfices précoce d’une toxine botulique par rapport aux autres sur le long terme, concluent les auteurs.

Source

An Internally Controlled, Double-blind Comparison of the Efficacy of OnabotulinumtoxinA and AbobotulinumtoxinA
Kartik D. Nettar, Kenneth C. Y. Yu, Sumit Bapna, John Boscardin, Corey S. Maas
Arch Facial Plast Surg.Published online June 20

 

CRédit Photo Creative Commons by USP Hospitales

 

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