mardi 27 septembre 2016

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Vivre en ville accroit les angoisses et les troubles de l’humeur

Naître dans une grande agglomération urbaine et y vivre s’associe à un risque plus important d’anxiété et de troubles de l’humeur. Jusqu’à maintenant, la biologie cérébrale de ces associations entre vie urbaine et anxiété ou dépression n’avait pas été décrite. Une étude menée Jens Pruessner de l’institut universitaire Douglas Mental Health est donc la première à montrer que deux régions distinctes du cerveau qui régulent l’émotion et le stress sont affectées par la vie urbaine. Cette découverte est suffisamment importante pour être publiée dans la grande revue Nature.

Plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, faisant de la création d’un environnement urbain sain une priorité de santé publique. Les villes apportent des bénéfices sanitaires mais aussi des risques, mais la santé mentale est négativement affectée par la cité. Des découvertes précédentes avaient montré que les troubles anxieux, les angoisses, étaient 21% plus élevées chez les citadins et les troubles de l’humeur 39% plus élevés en comparaison avec ceux vivant à la campagne. En plus, la fréquence de la schizophrénie est doublée chez ceux qui sont nés et ont grandi en ville. Ces chiffres posent un problème sérieux et comprendre la biologie qui se cache derrière est un premier pas vers une amélioration de la prise en charge thérapeutique.

Pruessner et ses collègues de l’institut basés à Mannheim, ont véritablement regardé l’activité cérébrale de participants volontaires sans pathologie vivant soit en ville, soit à la campagne. Pour visionner cette activité cérébrale, ils ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique. Jens Pruessner avait précédemment développé un protocole d’analyse des images cérébrales dénommé MIST (Montreal Imaging Stress Task), permettant de d’imager les effets perçus du stress au niveau cérébral.

En appliquant cette méthode, ils retrouvent d’abord que parmi les participant vivant actuellement dans une ville citadine ont une amygdale cérébrale en état de stimulation importante, une aire cérébrale impliquée dans la régulation des émotions et de l’humeur. Et, ils retrouvent en plus, chez les participants ayant été élevé en milieu urbain, une activité du cortex cingulaire, une autre aire cérébrale clé impliquée dans la régulation des sentiments négatifs et du stress.

“Cette découverte suggère que différentes régions du cerveau sont influencée par la vie urbaine et cela de manière variable en fonction du temps passé en milieu urbain” explique Pruessner, ajoutant que “de nouvelles études doivent clarifier les liens entre psychopathologies et ces affections chez ceux victimes de pathologies psychiatriques. Ces découvertes contribuent à notre compréhension d’un environnement urbain créateur de risque psychiatrique”.

 

Source

City living and urban upbringing affect neural social stress processing in humans
Florian Lederbogen, Peter Kirsch, Leila Haddad, Fabian Streit, Heike Tost, Philipp Schuch, Stefan Wüst, Jens C. Pruessner, Marcella Rietschel, Michael Deuschle, Andreas Meyer-Lindenberg
Nature, 2011; 474 (7352): 498 DOI: 10.1038/nature10190

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