mardi 6 décembre 2016

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Les journalistes vantent les résultats d’une étude sur la méditation transcendantale qui n’a jamais été publiée

Le travail de journaliste est complexe mais pas forcément fatiguant surtout quand on ne lit pas les études cliniques que l’on commente : le 27 juin 2011, le journal Les Echos titre sur son site “La méditation réduit de 47% le risque d’attaques chez les cardiaques, (…) selon une étude clinique publiée lundi dans une grande revue médicale américaine” (photo). Suivent les résultats de cette étude puis les extraits d’interviews de personnalités médicales médaillées. Bref un bien bel article écrit à partir d’une dépêche AFP, un travail somme toute classique de journaliste. Pour France Soir, “La méditation protège des crises cardiaques”. Nombreux sont les journalistes anglo-saxons ayant fait de même (Daily Mail, The Telegraph) , vantant les mérites de la méditation sans jamais avoir lu la publication, et pour cause…

Tout était effectivement prêt pour annoncer la bonne nouvelle au monde entier, bien trop prêt. Effectivement, un article scientifique démontrant que la réduction du stress par le pratique de la méditation transcendentale réduisait le risque d’accidents cardiaques chez des patients coronariens noirs américains, était en attente de publication en ligne sur le site de la revue américaine Archives of Internal Medicine, le 27 juin 2011.

Mais 12 minutes avant la levée de l’embargo, c’est à dire le moment défini par le jour et l’heure à laquelle les journalistes, qui ayant été informés au préalable et ayant gardé le secret, ont le droit de divulguer l’information, les éditeurs de la revue Archives of Internal Medicine ont informé les agences de presses que l’article était dorénavant qualifié d’un “not to be published”, ne doit pas être publié, une information que n’ont donc visiblement pas reçu, où n’ont pas voulu suivre, de nombreux journalistes qui ont peut-être divulgué une information erronée.

Comment en est-on arrivé là?

En fait, les éditeurs ont reçu de nouvelles données statistiques 24 heures avant la publication. Et alors que les analyses présentaient dans la publication une réduction de 47% du risque de mortalité toute cause ou d’infarctus non fatal ou d’accident vasculaire non fatal chez les participants qui avaient pratiqué la méditation transcendentale, il était probable que l’apport de nouvelles données statistiques modifient le résultat. Il était donc impossible aux éditeurs de publier l’étude en l’état.

Les journalistes, eux, ont pensé autrement. Le 29 juin, 48 heures plus tard, cette erreur n’est toujours corrigée par les journalistes français. Le journal anglais The Telegraph a lui retiré son article.

Source

La méditation réduit de 47% le risque d’attaques chez les cardiaques
27/06 | 22:03

Santé : La méditation protège des crises cardiaques
France Soir – ‎27 juin 2011‎

Archives Delays Publishing Meditation Study
By Nancy Walsh, Staff Writer, MedPage Today
Published: June 28, 2011

Stress Reduction in the Secondary Prevention of Cardiovascular Disease: A Randomized Controlled Trial of Transcendental Meditation and Health Education in African Americans
Schneider et al
Etude non publiée

 


 

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