samedi 3 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Quand penser à une acidocétose chez un enfant?

Une des complications fréquente du diabète de type 1 chez l’enfant est l’acidocétose. C’est également une forme classique de découverte d’une maladie diabétique jusqu’à là ignorée chez l’enfant. Une analyse d’études menée par des scientifiques Anglais met en évidence qu’une meilleure formation des parents et des soignants permettrait d’identifier cette complication beaucoup plus tôt : par exemple 40% des enfants souffrant d’acidocétose sont vus au moins une fois par un médecin qui ignore le diagnostic, avant qu’il soit posé lors d’une consultation ultérieure.

L’acidocétose est la conséquence d’une carence en insuline. Manquant de sucre (malgré une hyperglycémie mais le sucre ne peut pénétrer les cellules sans insuline), l’organisme va consommer des graisses de réserve. La baisse de la concentration de l’insuline dans le sang induit la synthèse de corps cétoniques (cétogenèse) dont un représentant est l’acétone. Cela permet donc la continuité d’un apport énergétique au coeur et au cerveau car des graisses n’ont pas besoin de l’insuline pour pénétrer dans les cellules. Les patients présentent une respiration rapide (polypnée), des douleurs, des vomissements, une baisse de leur température corporelle. ILs sont souvent deshydratés. L’évolution peut se faire par un coma lié à l’acidose qui se développe en parallèle. Les patients ont une haleine caractéristique de pomme crée par l’acétone.

L’analyse mené par les scientifiques anglais a consisté à réunir les données de 46 études regroupant 24 000 enfants de 31 pays d’Europe et d’Amérique. Ils ont identifié 23 facteurs différents retrouvés chez des enfants hospitalisés pour acidocétose qui comparés à des enfants hospitalisés sans acidocétose, permetterait d’accoitre la vigilance des parents et des soignants:
– l’âge est un des facteurs à prendre en compte : un enfant de 2 ans a 3 fois plus de risque d’acidocétose qu’un enfant de plus de 2 ans,
– l’acidocétose est légèrement plus fréquente chez les filles que chez les garçons, et le diagnostic est souvent encore plus retardé chez elles que chez les petits garçons,
– l’appartenance à une ethnie minoritaire, en particulier dans les études sélectionnées en Angleterre et aux Etats-Unis, accroit le risque d’acidocétose,
– un index de masse corporel faible accroit le risque d’acidocétose,
– le niveau d’éducation parental avec  moins de 9 années d’études accroit le risque d’une acidocétose,
– les faibles revenus de la famille accroit le risque en Amérique (Canada) mais pas en Europe,
– l’absence d’assurance médicale privée accroit le risque d’acidocétose (aux Etats-Unis), un phénomène non retrouvé en France,
– une antécédent d’infection ou de maladie fébrile augmente le risque d’acidocétose,
– le lieu d’habitation, ville ou campagne, ne modifie pas le risque,
– la stucture familiale monoparentale ne modifie pas le risque,
–  Avoir un parent au premier ou deuxième degré atteint d’un diabète de type 1, n’accroit pas le risque d’acidocétose et le pourrait même le réduire.

Entre 16% et 51% des enfants souffrant d’une acidocétose subissent un retard au diagnostic. Un retard diagnostic de plus de 24 heures accroit le risque d’acidocétose. Quatre études menée aux Etats-Unis et en Europe, et incluant la France, montrent que l’erreur diagnostic lors d’une première consultation triple le risque d’acidocétose, un risque qui était d’autant plus fréquent que les enfants étaient jeunes. Globalement 38% des enfants sont vus en consultation au moins une fois par un médecin avant qu’un autre médecin ne pose le diagnostic.

Si la durée des symptômes ne se différentie pas entre les enfants ayant une acidocétose et ceux n’en ayant pas, il apparait que ceux souffrant d’acidocétose ont plus fréquemment des vomissement, des douleurs abdominales, une dyspnée, une grande fatigue, une anorexie, une modification de leur vigilance, et parfois une perte de poids plus importante.

Ainsi, il faudra éliminer une acidocétose chez des enfants jeunes, de petit poids, ayant eu préalablement une infection, et un retard diagnostic, combiné dans certains pays à une mauvaise couverture sociale et à l’appartenance à une minorité ethnique. Une simple recherche de sucre dans les urines (glycosurie) et d’acétone (acétonurie), par des bandelettes réactives orientera le diagnostic.

Source

Factors associated with the presence of diabetic ketoacidosis at diagnosis of diabetes in children and young adults: a systematic review
Juliet A Usher-Smith, Matthew J Thompson, Stephen J Sharp, Fiona M Walter
BMJ 2011; 343:d4092

Crédit Photo Creative Commons by Dominique Darcy

 

 


Articles sur le même sujet