dimanche 25 septembre 2016

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La prise d’antalgiques augmente jusqu’à +70% le risque de troubles de rythme cardiaque

Des médicaments largements utilisés contre la douleur et l’inflammation, les anti-inflamatoires non stéroïdiens, augmentent de 40% à 70% le risque d’un trouble du rythme cardiaque, connu sous le nom de fibrillation auriculaire.

Aussi bien les anti-inflammatoires non stéroïdiens anciens (inhibiteurs de la cox-1), que la nouvelle génération,  dénommés inhibiteurs de la cox-2 ou coxib, sont concernés par ce risque. Si les antiinflammatoires non stéroïdiens sont connus pour leur toxicité gastrointestinale et rénale, et les inhibiteurs cox-2 pour augmenter le risque d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux, aucune étude n’avait encore évalué le risque de trouble de rythme cardiaque lié à leur prise.

La fibrillation auriculaire est un trouble du rythme assez fréquent : il touche 0,5% des adultes de 50-59 ans, et environ 10% des adultes de 80-89 ans. Il accroit le risque de mortalité, favorise la survenue d’une insuffisance cardiaque et multiplie par 4 le risque d’accidents vasculaires cérébraux.

L’étude menée par le Professeurr Henrik Toft Sørensen de l’université d’Aarhus a été réalisé au sein d ‘une population importante qui représente 30% de la population Danoise, soit environ 1,7 millions de personnes. Les scientifiques ont d’abord identifié 32 602 patients souffrant d’une fibrillation auriculaire et pour chacun, 10 patients sans fibrillation ont été intégrés dans l’étude, formant un groupe comparateur. Chaque participant a indiqué s’il prenait un anti-inflammatoire au moment de l’étude ou s’il en avaient pris dans les 60 jours qui précédaient.

Les antiinflammatoires receherchés étaient (tous ne sont pas obligatoirement commercialisés dans tous les pays; certains peuvent être génériqués):

– Les antiinflammatoires non stéroïdiens (cox-1) : ibuprofène, naproxen, ketoprofen, dexibuprofen, piroxicam, acide tolefenamic
– Les anciens cox-2 : diclofenac, etodolac, nabumeton, meloxicam
Les nouveaux cox-2 : celecoxib, rofecoxib, valdecoxib, parecoxib, etoricoxib

Les résultats montrent un risque effectivement accru de survenue de fibrillation auriculaire de +33% avec la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens anciens, et de +50% avec les cox-2, en comparaison avec les participants n’ayant pris aucun de ces médicament dans les 60 jours.

Chez les nouveaux utilisateurs, le risque était de +46% pour le prise d’un anti-inflammatoires ancien et de +70% pour la prise  d’un cox-2.

Ce risque équivaut à 4 patients développant une fibrillation auriculaire pour 1000 patients prenant un anti-inflammatoire ancien pour la première fois et 7 patients développant une fibrillation auriculaire pour 1000 patients prenant un cox-2, chiffrent les auteurs.

Ce risque apparait encore plus important chez les patients les plus âgés et ceux souffrant déjà d’insuffisance rénale ou de polyartrite rhumatoïde.

Les auteurs concluent que leur” étude met en évidence que le risque de survenue d’une fibrillation auriculaire doit être rajouté aux risques cardiovasculaires générés par la prises d’antiinflammatoires, et pris en compte lors de toute prescription”.

Source

Non-steroidal anti-inflammatory drug use and risk of atrial fibrillation or flutter: population based case-control study
M. Schmidt, C. F. Christiansen, F. Mehnert, K. J. Rothman, H. T. Sorensen
BMJ, 2011; 343 (jul04 1): d3450

CRédit Photo Creative Commons by mattt.org

 

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