mercredi 28 septembre 2016

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Les microparticules émises par les moteurs diesel tuent

Alors que la pollution des villes par les microparticules augmente, de plus en plus d’habitants finissent à l’hôpital suite à un infarctus ou à une mort subite” écrit le Pr Nino Künzli, cardiologue, dans un éditorial de l’European Heart Journal accompagnant cette nouvelle étude. C’est l’une des conclusion des recherches de plus en plus importantes en nombre menées sur la qualité de l’air : annuellement plus de 2000 articles médicaux sont publiés sur le sujet soit 10 fois plus qu’il y a 20 ans. Récemment, une étude démontrait par exemple que le risque d’infarctus du myocarde était multiplié par 3 dès la première heure d’exposition à un trafic automobile intense. Il est aujourd’hui avéré que la pollution de l’air, en particulier par les microparticules de taille inférieur à 2.5 μm, augmentent le nombre d’hospitalisations pour angine de poitrine, pour infarctus du coeur, pour insuffisance cardiaque, et qu’une exposition prolongée augmente les décès par maladie coronaire.

Une des conséquences de ces recherches a été la reconnaissance de normes légales de la pollution de l’air en microparticules (celles de taille supérieures à 10 μm (PM10) ou à 2.5 μm (PM2.5)), en ozone, en dioxyde de souffre, en dioxyde d’azote et autres. L’objectif premier de la fixation de ces limites est de réduire leur impact négatif sur la santé humaine. Lorsqu’elles sont respectées, ces limitation de la pollution de l’air sont efficaces, malheureusement qui tente de les faire respecter?

Des chercheurs de l’université d’Edinbourg ont mesuré l’impact des fumées produits par les véhicules diesels sur des volontaires sains, à des niveaux qui sont ceux retrouvés dans les villes. Ils ont étudié l’effet du monoxyde d’azote, du dioxyde d’azote ainsi que des microparticules émises par la combustion incomplète du diesel. Ces microparticules sont invisibles à l’oeil nu.

Les scientifiques ont d’abord comparé l’impact des fumées telles qu’elles sont produites aujourd’hui par les véhicules diesel et les camions, puis ont fait la comparaison avec les mêmes fumées mais filtrées par un dispositif bloquant les microparticules.

Le premier impact est une augmentation très importante de la pression artérielle avec 7 mmHg de différence entre les deux tests: les sujets sains soumis aux pollutions diesel non filtrées ont une pression artérielle qui atteint 145 mmHg, un chiffre qui caractérise une hypertension artérielle et fait prescrire à un médecin un médicament antihypertenseur destiné à abaisser cette pression artérielle. En fait, les mécanismes naturels de contrôle des artères qui permettent habituellement de lutter contre cette augmentation de pression sont bloqués par les microparticules.

L’auteur principal de l’étude explique que si la majorité des gens pensent que la pollution de l’air peut altèrer leur poumons et leur respiration, très peu imaginent l’impact dramatique de cette polllution sur leurs vaisseaux sanguins et sur leur coeur : “Notre étude démontre que si les gaz d’échappement augmentent la pression artérielle, ce sont les microparticules qui sont encore les plus dangereuses. Ces microparticules produisent des radicaux libres qui détruisent les vaisseaux et provoquent une maladie des artères”, à la source des maladies cardiovasculaires comme l’infarctus et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour le Professor Jeremy Pearson, Directeur Médical de la Fondation Britanique pour le Coeur, qui a financé l’étude, “Des vies pourraient être sauvées en réduisant ces microparticules des gaz d’échappement”.

SI les auteurs recommandent aux personnes déjà atteints d’une maladie cardiovasculaire d’éviter les zones polluées, ce conseil est évidemment difficile à suivre. D’autres moyens doivent être mis en oeuvre. Il devient difficilement compréhensible que le carburant diesel reste à un prix sponsorisé par l’état alors qu’il génère un empoisonnement collectif et généralisé provoquant de multiples pathologies cardiaques et pulmonaire. Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès en France.

Les plus gros pollueurs, les poids lourds devraient être tenus à l’écart des villes tant que leur carburant n’a pas évolué ou que les véhicules ne sont pas équipés de filtres efficaces.

Source

From bench to policies: ready for a nanoparticle air quality standard?
Nino Künzli
Eur Heart J (2011)doi: 10.1093/eurheartj/ehr200 First published online: July 13, 2011

Combustion-derived nanoparticulate induces the adverse vascular effects of diesel exhaust inhalation
Nicholas L. Mills, Mark R. Miller, Andrew J. Lucking,Jon Beveridge1,Laura Flint1,A. John F. Boere,Paul H. Fokkens, Nicholas A. Boon, Thomas Sandstrom, Anders Blomberg, Rodger Duffin, Ken Donaldson, Patrick W.F. Hadoke1, Flemming R. Cassee, David E. Newby
Eur Heart J (2011)doi: 10.1093/eurheartj/ehr195First published online: July 13, 2011

Crédit Photo Creative Commons by zigazou76

 

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