mardi 27 septembre 2016

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Accidents de la vie courante : 75% des 20 000 victimes sont des personnes âgées

La France est le pays d’Europe ou la mortalité par accident de la vie courante est la plus élevée, 24/100 000 habitants contre 18/100 000 en moyenne en Europe. Ils constituent un problème de santé publique majeur. Tous les âges sont concernés, les hommes étant plus souvent touchés que les femmes. Ces statistiques sont un véritable échec pour le ministère de la santé qui n’a pas atteint les objectifs fixé de réduction des décès par accidents de la vie courante en particulier chez les enfants.

Les accidents de la vie courante sont définis comme des traumatismes non intentionnels qui ne sont ni des accidents de la circulation routière, ni des accidents du travail : ce sont des chutes (décès par fracture du col du fémur par exemple) , des suffocations, des intoxications, des noyades, des décès liés au feu, et à de nombreuses autres causes, accident d’aeronef, pénétration de corps étrangers, perforation, électrocution, chocs accidentels…brefs des morts bêtes et évitables.

Les dernières analyses révèlent que 19 703 personnes sont décédés en 2008 d’accidents de la vie courante, représentant 3,7% de la mortalité totale. Ils comptent pour 1 décès sur 4 entre 1 et 4 ans, 1 décès sur 7 entre 5 et 14 ans mais les plus touchés restent les personnes âgées, les plus de 65 ans totalisant 75% de ces causes de décès par accidents de la vie courante. Si globalement le sex ratio est à 1, il existe en réalité une surmortalité masculine (32,7/100 000 vs 18,9/100 000. Après 65 ans ce sont plus souvent des femmes (8 564) que des hommes (6281) qui en sont les victimes.

Les blessures amenant au décès sont situées surtout à la tête et aux hanches causant le plus souvent une fracture (49%) . Les femmes, plus touchées par l’ostéoporose que les hommes, seront plus fréquemment victimes d’une fracture du col du fémur, qui mène au décès dans 25% des cas, alors que aujourd’hui l’ostéoporose peut être prévenue. Plus grave encore, 48,5% des accidents de la vie courante surviennent dans un hôpital et 9,1% dans une maison de retraite. Les autres lieux de survenue sont le domicile (25%), la voie publique (5%) ou un autre endroit.

4 régions françaises se distinguent pour un taux de mortalité par accident de la vie courante supérieure à la moyenne nationale : la bretagne avec 20% de plus, le Nord-Pas-de-Calais et la Franche-Comté avec une mortalité supérieure de 15% et l’Auvergne avec une surmortalité de 10%.

Les chutes sont responsables de 9 412 décès, touchant dans 3 cas sur 4 une personne âgée de plus de 75 ans.
Les suffocations sont responsables de 3000 décès, liés dans la majorité des cas à l’ingestion d’aliments provoquant l’obstruction des voies respiratoires ; 2 cas sur 3 touchant une personne âgée de plus de 75 ans.
Les noyades sont elles responsables de 1028 décès; c’est la première cause de décès chez les moins de 25 ans.
Les intoxications ont provoqué 1 376 décès dont 50% chez les plus de 65 ans : cette cause de décès explose de +33% chez les 15-44 ans et de +55% chez les 45-64 ans. Dans 2 cas sur 3, ces intoxications sont liées à une prise médicamenteuse, prise accidentelle ou erreur de prescription.

La France reste le pays d’Europe ou la mortalité par accident de la vie courante est la plus élevée, 24/100 000 habitants contre 18/100 000 en moyenne en Europe. La prévention mise en place chez les enfants a été un peu efficace puisque la baisse de la mortalité par accident de la vie courante avant 15 ans se réduit de 5,7% chaque année. Les efforts de prévention doivent être maintenus puisque les accidents de la vie courante restent la première cause de décès avant 14 ans. Le ministère de la santé est particulièrement responsable de cette prévention et a échoué à atteindre les objectifs fixés par la loi : L’objectif 93 de la loi de santé publique de 2004 était de réduire de 50% la mortalité par accident de la vie courante des enfants de moins de 15 ans entre 2004 et 2008 or la baisse a été limitée à 11% entre 2004 et 2008.

Par ailleurs, beaucoup reste à faire chez les sujets âgés, ceci d’autant plus que la proportion des plus de 65 ans augmente régulièrement.

Au total, les moins de 25 ans prendront garde à l’eau, jusqu’à 64 ans, on se méfiera des médicaments et les plus de 65 ans devront adapter leur environnement pour éviter les chutes et évaluer leur risque d’ostéoporose. Les hôpitaux et domiciles sont deux lieux de grand danger. Enfin, le ministère de la santé doit enfin tenter d’être efficace.

Source

Bulletin épidémiologique hebdomadaire
BEH 29-30 / 19 juillet 2011 321. Bulletin épidémiologique hebdomadaire. 19
www.invs.sante.fr/content/download/12822/…/4/…/beh_29_30_2011.pdf

 

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