samedi 3 décembre 2016

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Il est possible de réduire les risque de maladie d’Alzheimer

S’attaquer aux facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer permettrait d’éviter l’apparition de la maladie chez 3 millions de personnes. Traiter les facteurs de risque d’une maladie, s’est s’attaquer à la racine du mal. Il est estimé que plus de la moitié des cas de maladie d’Alzhiemer sont liés à des facteurs de risque modifiables.

Deux  chercheuses américaines, Deborah Barnes et Kristine Yaffe de l’université de San Francisco ont présenté les résultats de leur étude au congrès de l’Alzheimer Association à Paris. En parallèle, leurs résultats étaient publiés dans la prestigieuse revue anglaise The Lancet Neurology.

La maladie d’Alzheimer recouvre 60% à 80% des cas de démence. On estime à 34 millions le nombre de patients dans le monde ayant une maladie d’Alzheimer : 5,3 millions aux Etats Unis, 1 million en France, 800 000 en Angleterre. Il n’y a à ce jour aucun traitement réel de la maladie. La seule véritable arme à notre disposition est la prévention. Les deux chercheuses américaines ont tenté d’évaluer l’impact que pourrait avoir une véritable prise en charge des facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer dans la réduction du nombre de cas.

Sept facteurs de risque reconnus de maladie d’Alzheimer ont été considérés : le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité, le tabagisme, la dépression, le faible niveau d’éducation, et l’inactivité physique.

Le diabète est responsable de 2% des cas de d’Alzheimer Le diabète est présent chez 6,4% de la population mondiale.. Il augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 39%.
L’hypertension est responsable de 5,1% des cas de maladie d’Alzheimer. L’hypertension est présente chez 8,9% de la population mondiale. Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 61%.
L’obésité est responsable de 2% des cas de maladie d’Alzheimer. L’obésité est présente chez 3,4% de la population mondiale (13,1% aux USA). Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 60%.
La dépression est responsable de 10,6% des cas de maladie d’Alzheimer. La dépression touche 13,2% de la population mondiale. Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 90%.
L’inactivité physique est responsable de 12,7% des cas de maladie d’Alzheimer. L’inactivité physique touche 17,7% de la population mondiale. Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 82%.Le tabagisme est responsable de 13,9% des cas de maladie d’Alzheimer. Le tabagisme touche 27,4% de la population mondiale. Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 59%.
Le faible niveau d’éducation est responsable de 19,1% des cas de maladie d’Alzheimer. Le faible niveau d’éducation touche 40% de la population mondiale. Elle augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 59%.

Ainsi, 54% des cas de maladie d’Alzheimer, soit 17,4 millions de patients, sont directement exposés à un ou plusieurs de ces facteurs de risques, contre lesquels il est possible de combattre avec efficacité si la volonté politique va dans le même sens que la volonté des médecins et des patients.

En abaissant chacun de ces risques de 10%, le nombre de malades souffrant d’une maladie Alzheimer serait réduit de 1 million,  et de 3 millions mondialement si ces risques étaient abaissés de 25%.

Cette publication est donc un message d’espoir, il est possible d’agir contre la maladie d’Alzheimer. Cette annonce a coïncidé un discourt du chef de l’état français décrivant un premier bilan positif du plan Alzheimer lancé en France en 2008. Sans entrer dans la polémique, les hommes et femmes de terrain et les familles de patients savent bien quelle est la réalité. Un point important cependant, dans le discourt que le chef de l’état a adressé lors du congrès de l’Alzheimer Association, le développement d’infrastructures d’accueil est évoqué, comme celui d’unités hospitalières spécialisées, de consultations spécialisées, de centres de recherche, de postes hospitaliers, etc bref tout sauf la prévention de la maladie, seule arme réellement disponible aujourd’hui.

Cette absence de prévention va bien dans le sens d’une récente décision de Xavier Bertrand ayant décidé de suspendre l’ALD, le remboursement à 100% des médicaments, aux hypertendus sévères, ceux là même qui sont plus à risque y compris de maladie d’Alzheimer. La réduction du nombre de malades souffrant de maladies d’Alzheimer ne sera probablement pas visible en France avant longtemps. Mais chacun individuellement peut y contribuer en s’amendant de ces facteurs de risque modifiables.

Source

The projected effect of risk factor reduction on Alzheimer’s disease prevalence
Deborah E BarnesKristine Yaffe

 

 

 

Crédit Photo Creative Commons by Susan NYC

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