lundi 5 décembre 2016

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La science explique la défaite de la bataille d’Azincourt en 1415

A l’époque médiévale, en Europe, les soldats portent de lourdes armures de métal pour se protéger au cours des combats. Cette armure était un compromis entre protection et mobilité. Elles sont devenues de plus en plus complètes et au XVe siècle, un chevalier portait une armure qui pesait entre 30 et 50 kilos. Une étude de l’Université de Leeds a évalué l’influence du port de l’armure sur l’énergie dépensée par son porteur ainsi que les influences biomécaniques de l’armure sur les capacités de mobilités.

Les volontaires portaient une armure reconstituée du XVe siècle, époque de la fameuse bataille d’Azincourt. Ils étaient placés sur un tapis roulant et leur dépenses énergétiques étaient mesurées. Les résultats mettent en évidence que le coût énergétique pour marcher ou courir avec une armure est le double à celui nécessaire pour la même marche ou la même course sans armure. Une partie importante de cette dépense énergétique supplémentaire est liée à la force supplémentaire à développer pour simplement supporter le poids de l’armure. Porter le poids de ces armures est bien plus couteux en énergie que de porter le même poids dans un sac à dos, car ici, environ 8 kilos de l’armure sont fixés sur les jambes, accroissant fatigues, douleurs et dépenses énergétiques. Il faut y ajouter l’énergie nécessaire au combat, manier l’épée avec en plus des difficultés à respirer sous un haume. Selon les scientifiques de Leeds, le port de ces armures avaient obligatoirement des conséquences négatives sur les capacités de comportement au combat et ont pu jouer un rôle dans les dernières batailles de la chevalerie.

La presse Anglaise a eu beau jeu de mettre en avant une de ces fameuse batailles : la bataille d’Azincourt, Agincourt en anglais, une des dernières batailles de la chevalerie en armure, ou effectivement l’arnachement métallique a contribué à la cinglante défaite des français face au roi d’Angleterre Henry V.

La bataille d’Azincourt se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises commandée par Charles Ier d’Albret et constiuées de 30 000 hommes, bloque l’armée anglaise d’Henri V, forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de rallier Calais. Le champ de bataille constitué de champs fraîchement labourés est détrempé. La nuit du 24 octobre une lourde pluie est tombée toute la nuit sur les deux armées peu abritées. Le terrain boueux désavantage l’armée française composée de nombreux chevaliers en armures dont certains se sont noyés sous leur poids pendant la nuit. Les français “marchaient dans la boue qui s’enfonçait jusqu’aux genoux. Ils étaient déjà vaincus par la fatigue avant même de rencontrer l’ennemi”. La bataille qui s’ensuivra se soldera par une défaite importante pour le camp français : la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers équipés de grands arcs (long bows) à très longue portée. Les pertes totales des Anglais sont de 13 chevaliers et une centaine de simples soldats. Les Français perdent 6 000 chevaliers. Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance.

La publication des scientifiques de Leeds a même été l’occasion pour le Daily Mail, d’imaginer la Une qu’ils auraient pu faire à l’époque :

 



 

Source

Limitations imposed by wearing armour on Medieval soldiers’ locomotor performance
Graham N. Askew, Federico Formenti, Alberto E. Minetti
Proc. R. Soc. B Published online before print July 20, 2011, doi:10.1098/rspb.2011.0816

Heavy metal hardens battle

Crédit Photo : Université de Leeds

 

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