samedi 3 décembre 2016

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DIverticulose : consommer des fibres prévient sa survenue

Enfin des scientifiques Anglais apportent une réponse thérapeutique préventive à la diverticulose! La diverticulose colique est véritablement une maladie de notre civilisation : elle est très fréquente en Europe, en Angleterre, aux Etats-Unis. Elle touche 30% des plus de 60 ans et 50 % des plus de 70 ans, plus souvent des femmes que les hommes. La complication majeure de la maladie est la sigmoïdite, l’infection des diverticules qui sont apparus au niveau du colon. Entre 1990 et 2000, le nombre d’admission à l’hôpital pour diverticulose a augmenté de 12% et de 16% pour les femmes.

Jusqu’à présent, il n’existe pas de traitement, mais deux scientifiques Painter et Burkitt ont émis une hypothèse selon laquelle la diverticulose est liée à une carence en fibres, et il est vrai que la nourriture occidentale en est pauvre. La richesse des apports en viande fait parti également des hypothèses. IL est vrai que les végétariens ont bien moins de diverticulose que les autres.

Des scientifiques anglais de l’université d’Oxford ont mené une large étude sur près de 12 ans afin de vérifier cette hypothèse très importante pour des millions de personnes. Ils ont recruté 47 033 volontaires qui ont tous répondu d’abord à un questionnaire précis de 130 questions sur leurs habitudes alimentaires, destiné à évaluer l’apport journalier de chaque nutriment. Les participants ont été classés en 4 catégories en fonction de leurs habitudes alimentaires : mangeur de viande, pas de viande mais du poisson, végétariens (pas de viande, pas de poisson mais des œufs), et végétaliens. D’autres critères précis ont été renseignés tels que la taille, le poids, la consommation d’alcool, de tabac, le niveau d’éducation, l’exercice physique réalisé à pied ou à vélo, l’existence de pathologies sous-jacentes (trouble lipidique, diabète, hypertension…). Ces pathologies étaient 3 fois plus fréquentes chez les non végétariens.

Les scientifiques ont questionné régulièrement les participants sur la poursuite de leurs habitudes alimentaires déclarées lors du début de l’étude. En particulier, les végétariens sont restés très adhérents à leur régime : a 5 ans, 90% des hommes et 84% des femmes étaient toujours végétariens. Ces végétariens consommaient plus de fruits et de légumes que les non végétariens. Les apports en fibres furent mesurés à 18 grammes par jour chez les hommes et les femmes non végétariens, 22 grammes par jour chez les végétariens hommes et 21 gramme par jour, chez les végétariennes.

Après 11,6 ans, 812 cas de diverticulose ont été diagnostiqués. Le risque de survenue d’une diverticulose était réduit de 30% chez les végétariens que chez les non végétariens (qu’ils s’agissent de mangeurs de viande ou de poisson uniquement). Il n’y a avait aucune différence de risque de diverticulose entre ceux consommant de la viande et ceux ne consommant que du poisson. Les végétaliens bénéficient également d’une réduction de 30% du risque de diverticulose.

Concernant les autres facteurs de risque :
les fumeurs avaient globalement un risque augmenté de 31% par rapport aux non fumeurs : ce risque est lié à la consommation de tabac puisque si pour moins de 15 cigarettes par jour, le risque est augmenté de 34%, il est accru de 86% chez ceux fumant plus que 15 cigarettes par jour.
L’indice de masse corporel accroit également le risque de diverticulose : en comparaison à ceux ayant un IMC entre 20 et 22,5 (IMC normal), ceux ayant un IMC < 20 réduisaient leur risque de 37% et ceux ayant un IMC > 27,5 (surcharge pondérale) l’augmentaient de 67%.
– Une hypertension ou un trouble lipidique augmentent le risque de diverticulose de 44% et 47%.
le risque est augmenté chez ceux prenant un traitement médical chronique et les femmes prenant la pilule.

Si la viande n’apparaît pas réellement comme un facteur de risque quelqu’en soit la quantité absorbée, en revanche, les fibres apparaissent bien comme un élément protecteur de la survenue d’une diverticulose : une consommation de 26 grammes par jour réduit de 46% le risque de survenue d’une diverticulose en comparaison à ceux en consommant moins de 14 grammes par jour. Un tel bénéfice était retrouvé chez les mangeurs de viande, preuve que la consommation de fibre doit être accrue dans l’ensemble de la population.

Cette étude démontre l’influence bénéfique de la consommation de fibres sur la réduction du risque de diverticulose, une pathologie de nos sociétés civilisées qui va toucher presque la moitié des personnes âgées. Ce bénéfice s’étend au delà de toute habitude alimentaire particulière et garde son impact positif chez ceux qui consomment de la viande ou du poisson. Ces résultats doivent encourager à la consommation de fibres : on les trouve exclusivement dans les aliments végétaux, fruits (bananes, poire), légumes (haricot blanc, pois chiche, lentille, petit pois, artichaut, carotte, pomme de terre, choux vert), les amandes,  les noix et céréales notamment (le son surtout). Les fruits secs, pruneaux, abricots secs, en sont particulièrement riches. Dans les céréales, les fibres, en particulier la lignine, proviennent de la cuticule des graines et sont donc plus présentes dans le son ou les céréales complètes (bannir les céréales raffinées, le riz blanc…). Manger des fibres apporte d’autres bénéfices : cela régule le cholestérol, réduit le risque de cancer  du colon et l’ensemble des maladies cardiovasculaires.

Source

Diet and risk of diverticular disease in Oxford cohort of European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC): prospective study of British vegetarians and non-vegetarians
Francesca L Crowe, Paul N Appleby, Naomi E Allen, Timothy J Key
BMJ 2011;343:d4131

Crédit Photo Creative Commons by ahemahem

 

 

 

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