jeudi 29 septembre 2016

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Prévention de l’infarctus : il ne faut pas arrêter l’aspirine

Si votre médecin vous a prescrit de l’aspirine en prévention de la survenue d’éventuels évènements cardiovasculaires, ne l’arrêtez pas. C’est la conclusion de cette étude menée par des scientifiques Suédois visant à évaluer les effets de l’arrêt de la prise d’aspirine chez des patients à risque.

L’aspirine a faible dose fait partie du traitement standard de la prévention des évènements cardiovasculaires. Sa prise à une dose de 75 à 150 mg/ jour réduit le risque de survenue d’un infarctus cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral, chez les patients coronariens, les patients ayant une artériopathie oblitérante des membres inférieurs ou une fibrillation auriculaire. Pourtant, malgré ces bénéfices, près de 50% des patients suspendent ce traitement qui devrait être poursuivi à vie.

Afin de déterminer les conséquences de cet arrêt, les scientifiques ont suivi 39 513 patients âgés de 50 à 84 ans ayant reçu une prescription d’aspirine en prévention secondaire entre 2000 et 2007.

Les raisons pour l’arrêt du traitement ont été analysées : elles étaient liées soit à un changement de l’aspirine pour un autre traitement antiplaquettaire ou antiagrégant à l’initiative du médecin traitant (sans effet secondaire de l’aspirine), soit à la survenue d’un effet secondaire comme un saignement gastrique ou une intolérance, soit à la nécessité à une nécessité de l’arrêt pour une chirurgie, soit encore du fait de la simple décision du patient de l’interrompre sans aucune des raisons préalablement citées.

Au cours du suivi de 3,2 années, 876 patients ont fait un infarctus et 346 sont décédés des suites d’une maladie coronaire. Le fait de fumer, d’avoir une maladie obstructive pulmonaire, ou un diabète, s’associait à un risque accru de survenue d’infarctus ou de décès lié à une maladie coronaire. L’analyse retrouve également que la prise de corticoïdes ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) augmentent également le risque d’infarctus. En revanche la prise d’une statine le réduisait.

Parmi les 1222 patients ayant eu un accident cardiaque fatal ou non, 72% avaient poursuivi leur traitement, 9% l’avaient arrêté récemment,  et 3% l’avaient arrêté depuis longtemps. Le fait d’avoir arrêté récemment la prise d’aspirine augmentait le risque d’infarctus de 63% mais pas le risque de décès. Pour 1000 patient traités pendant 1 an, l’arrêt de l’aspirine entraine 4 infarctus supplémentaires.

Ainsi, tenter de réduire le nombre de patients à risque cardiovasculaire qui interrompent leur traitement par l’aspirine pourrait réduire d’autant le nombre d’évènement cardiaques concluent les auteurs.

Source

Discontinuation of low dose aspirin and risk of myocardial infarction: case-control study in UK primary care
Luis A García Rodríguez, Lucía Cea-Soriano, Elisa Martín-Merino, Saga Johansson
BMJ 2011;343:d4094

Crédit Photo Creative Commons by KCIvey

 

 

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