lundi 26 septembre 2016

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Un vaccin expérimental contre le chikungunya est prêt à être testé chez l’homme

Des scientifiques américains de l’université du Texas ont développé un nouveau vaccin candidat dans le but de protéger contre le virus du chikungunya virus, transmis par les certains moustiques. Ce virus avait causé la mort de près de 250 personnes sur l’île de la Réunion en 2005, alors que les autorités admnistratives et sanitaires françaises de l’île avait décidé de suspendre toutes le mesures d’éradication des moustiques.  Le moustique capable de transmettre le virus, le moustique tigre, est dorénavant implanté en Corse et dans le sud de la France où plusieurs cas de Chikungunya ont déjà été rapportés. Dans le monde cette pathologie potentiellement mortelle fait des milliers de victimes chaque année, en Inde, en Asie du Sud-Est et en Afrique.

Alors que cela fait 80 ans que le premier vaccin contre un arbovirus, le virus de la fièvre jaune, a été mis au point, la vaccination reste la meilleure startégie pour se prémunir contre ce type de virus. Dans le cas du chikungunya, un vaccin développé dans les années 1980 avait eu des résultats précliniques prometteurs, mais avait échoué à développer une immunité chez l’homme. Les autres développement récents se sont concentrés sur des vaccins innactivés, avec un inconvénient majeur, ils nécessiteraient de multiples injections sur des semaines avec probablement nécessité d’injection supplémentaires de boosters pour maintenir une immunité à long terme et donc au final, une utilisation qui serait très complexe et extrêmement couteuse, donc inutilisable par les pays les plus touchés par la maladie.

L’équipe de scientifiques du Texas a opté pour une autre voie.Et, une seule dose de ce vaccin expérimental a réussi a protéger en laboratoire des souris du virus, première étape à valider avant de tenter des essais chez l’homme, selon un étude publiée dans la revue scientifique PLoS Pathogens. Le vaccin est développé par la société américaine Inviragen. Cette société développe en parrallèle un vaccin contre 3 des 4 virus transmettant la dengue, une pathologie très proche au même mode de transmission.

Le vaccin est un vaccin recombiné vivant-atténué créé par modification génétique du virus. Le virus ainsi créé diffère du virus sauvage de deux manières : il ne provoque pas la maladie, et il est incapable d’infecter les moustique, bloquant ainsi la transmission de la maladie. et surtout empêchant la survenue de la maladie dans des zones où elle n’existe pas encore. Cependant, le virus permet une réponse immunitaire suffisante pour protéger contre une infection, en tout cas pour l’instant chez la souris.

Par ailleurs, la production du vaccin est économiquement bon marché, ce qui permettra une large diffusion y compris dans les pays où les moyens économiques de santé restent faibles, les plus touchés par le virus du chikungunya.

“Il est nécesaire de ralentir la propagation de ce virus en Inde et en Asie du Sud-Est, non seulement pour protéger les populations mais aussi pour réduire le risque véritable d’épidémie qui existe chez nous lorsqu’un touriste revient porteur du virus” explique un des auteurs de la publication, “La meilleure manière d’atteindre cet objectif est d’utiliser un vaccin efficace, et quand vous faites-ça, vous devez-vous assurer que ceux qui en ont besoin pourront véritablement l’utiliser”, conclut-il.

Source

Novel Chikungunya Vaccine Candidate with an IRES-Based Attenuation and Host Range Alteration Mechanism
Kenneth Plante, Eryu Wang, Charalambos D. Partidos, James Weger, Rodion Gorchakov, Konstantin Tsetsarkin, Erin M. Borland, Ann M. Powers, Robert Seymour, Dan T. Stinchcomb, Jorge E. Osorio, Ilya Frolov, Scott C. Weaver
PLoS Pathogens, 2011; 7 (7): e1002142 DOI:10.1371/journal.ppat.1002142

CRédit Photo Creative Commons by Camponotus Vagus

 

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