samedi 3 décembre 2016

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9/11 : Excès de mortalité parmi les survivants du World Trade Center

La revue Médicale The Lancet consacre son dernier numéro aux bilan des attaques du 9/11, en publiant plusieurs études sur les conséqeunces de cet action terroriste sur la population exposée à New Yoprk ainsi que sur les populations exposées aux représailles américaines en Irak. Ce premier article  a recherché si le 9/11 avait accru le risque de mortalité des populations exposées.

Au cours des années qui ont suivi l’attaque du 11 septembre 2001, nombreuses furent les personnes exposées ayant déclaré des pathologies psychologiques et physiques. Un risque accru d’asthme et d’autres pathologies respiratoires a pu être constaté chez ceux qui furent exposés aux fumées et aux cendres dégagées à la fois par l’attaque ou par le déblaiement qui a suivi. Les traumatismes psychologiques comme les stress post-traumatiques furent nombreux. Et plusieurs matières cancérigènes ont été retrouvées dans les décombres des deux tours du World Trade Center, qui ont pu augmenter le risque de cancer chez ceux qui y ont été exposés : Si pour certains cancer l’exposition n’aura des conséquences que dans quelques années, une augmentation du risque de myélome a déjà été rapportée au sein des équipes de secours puis des équipes de travailleurs sur le site du WTC.DEs scientifiques du département d’épidémiologie  de Long Island à New York ont voulu analysé la répercussion globale du 9/11 sur la mortalité des survivants, simples civils ou personnels exposés.

En 2003 et 2004, des personnels des équipes de secours  et des équipes ayant travaillé ensuite sur le site ainsi que des personnes habitants à proximité des deux tours, ont accepté de participer à l’étude de suivi. Au total 13 337 personnels des équipes de secours ou de travaux et 28 593 habitants ont participé à l’étude ; les âges des participants s’étendent de 12 à 94 ans. La survenue de pathologies ou de décès ont été receuilli, et comparé avec les taux de pathologie ou de décès de la population générale de New York.

Sur la période de suivi jusqu’en 2009, 790 décès ont été enregistrés, 156 parmi les équipes de secours et de travaux, et 634 parmi les habitants. En comparant globalement ces décès avec ceux de la population générale, aucune cause majeure de mortalité, de cause respiratoire, cardiaque, cancéreuse,  ou autres n’apparait en excès. Les taux de mortalité sont  moindre que le prévoyaient les scientifiques. Cependant, lorsque sont intégrés dans l’analyse les degrés d’exposition, faible, moyen, élevé, dans le groupe des habitants, ceux ayant été moyennement exposés ont effectivement un taux de mortalité augmenté de +22% par rapport aux habitants faiblement exposés, et ceux fortement exposés de +56%. Cet excès de mortalité est essentiellement d’origine cardiaque. Cette augmentation n’apparait pas au sein des équipes de secours ou de personnes ayant ensuite travaillé sur le site.

Pour les scientifiques ces résultats, en partie inattendus, justifient qu’une période d’observation plus longue soit réalisée pour détecter la survenue de pathologies chroniques, et confirmer les données observées. Ils rappellent que les données d’exposition ont été catégorisées à partir des questionnaires remplis par les participants eux-même lors de leur recrutement dans l’étude, ce qui pourrait induire un biais.



Source

Mortality among survicors of the sept11,2001, World Trade Center disaster : results from the World Trade Center Health Cohort
Hannah T Jordan, Robert M Brackbill, James E Cone, Indira Debchoudhury, Mark R Farfel ,Carolyn M Greene, James L Hadler, Joseph Kennedy, Jiehui Li, Jonathan Liff, Leslie Stayner,Steven D Stellman
The Lancet, Volume 378, Issue 9794, Pages 879 – 887, 3 September 2011

 

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