samedi 3 décembre 2016

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9/11 : risque de cancer augmenté de 19% chez les pompiers de New York

En plus des pompiers victimes de l’effondrement des 2 tours du World Trade Center, une étude publiée dans la revue The Lancet suggère que les pompiers de New-York continuent à payer le prix fort : les équipes ayant travaillé au sein des décombres ont effectivement un risque  accru de 19% de développer un cancer. Si les pompiers ont obtenu par une loi, James Zadroga 9/11 Health and Compensation Act, un accès gratuit au soins médicaux pour le traitement des pathologies liée à leur travail au sein de Ground Zéro, à ce jour les cancers ne sont pas considérés comme pouvant être une conséquence de ce travail. Mais la loi requiert que des études régulières soient menées.

C’est donc la première fois qu’une étude tente d’évaluer le risque de cancers parmi les équipes de secouristes ayant travaillé au sein des décombres poussiéreux du World Trade Center. Une publication précédente avait décrit 8 cas de myélomes multiples, mais générant plus de questions que de réponses. Cette nouvelle étude a voulu déterminer 7 années après l’exposition si celle-ci avait entrainé un risque supplémentaire de cancers. 9853 pompiers ont participé à l’étude. Ils étaient considérés comme ayant subi une exposition si ils avaient au moins travaillé une journée au sein de ground zéro avant la fermeture du site le 25 juillet 2002; 1600 étaient présents sur les lieux dès le matin du 9/11, 4409 autres l’après midi, 1616  autres le 9/12, 1211 entre les 9/13 et le 9/24 et encore 91 entre le  9/25 et la fermeture du site. Le groupe des pompiers était comparé à un groupe non exposé.

Parmi les pompiers exposés, 263 cancers se sont déclarés, 19% de plus que dans le groupe non-exposé. Mais comparé à la population générale, ce risque n’augmente que de 10%, ce qui est logique quand on sait que les pompiers non-exposés ont un risque de cancer inférieur à la population générale, du fait probablement d’une bonne condition physique et d’un faible taux de tabagisme parmi eux. Parmi les cancers plus fréquemment retrouvé figurent les cancers de la prostate, les mélanomes, les lymphômes non-Hodgkinien, et le cancer de la thyroïde. POur les ceintifiques, une association entre exposition aux débris du World TRade Center et la survenue de cancers est biologiquement possible du fait de la présence de dioxines, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de polychlorobiphényles (PCB), tous connus pour être cancérigènes. Si certains contaminants sont à risque de déclencher des cancers rapidement, l’exposition aux débris et aux cendres est également capable de provoquer une inflammation chronique, ou des maladies auto-immunes.

Pour les scientifiques ayant mené cette investigation, ces résultats ne sont pas définitifs et l’étude devra être poursuivie. En effet, ce lien statistique entre Ground Zéro et risque de cancers doit être interprété avec précaution, car le temps entre l’exposition et la découverte des cancers est étrangement courte. Une reconnaissance officielle de ce lien permettrait cependant à de nombreuses familles que le traitement de la maladie cancéreuse soit prise en charge par l’état.


Source

Early assessment of cancer outcomes in New York City firefighters after 9/11 attacks: an observational cohort study
Rachel Zeig-Owens,Mayris P Webber, Charles B Hall, Theresa Schwartz, Nadia Jaber, Jessica Weakley, Thomas E Rohan, Hillel W Cohen, Olga Derma, Thomas K Aldrich, Kerry Kelly, David J Prezant
The Lancet, Volume 378, Issue 9794, Pages 898 – 905, 3 September 2011

Crédit Photo Creative Commons by cattias.photos

 

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