Russie : médecin de campagne pour 1 million de roubles

Vladimir Poutine offre 1 million de roubles, soit environ 25 000 euros d’incitation financière aux médecins qui accepteront d’aller exercer à la campagne pour une durée minimale de 5 années rapporte RBK Daily cette semaine.

Lors d’un meeting politique de son parti Russie Unie, qui se tenait à Cherepovets (Vologda oblast), Vladimir Poutine déclarait: « Les fonds sont disponibles pour la modernisation des programmes de santé. Cela coûtera 11 milliards de roubles (‘265 millions d’euros), (…) le gouvernement soutiendra les solutions apportées par les régions et les accords qu’elles passeront avec leurs médecins.

L’objectif du gouvernement Russe est de réduire le manque de médecins dans les campagnes Russes de 50% en 2012. Il manque environ 22 000 médecins dans les campagnes Russes.

Source

RBK Daily
Crédit Photo Creative Commons by otkroyameriku

 

One thought on “Russie : médecin de campagne pour 1 million de roubles

  1. En France, c’est le contraire, l’état s’acharne à faire partir les médecins:

    Médecin sans campagne
    L’administration fiscale et un infarctus ont eu raison de l’enthousiasme et de la foi en son métier de Robert Escande.
    Aux interminables journées de travail sur le plateau ardéchois a succédé une invalidité qui pèse à ce toubib meurtri.
    par Michel BITZER

    IL brandit fièrement le document extirpé d’une pile
    de dossiers : le jugement qui condamne définitivement
    l’Etat à lui verser 1 500 euros de dommages
    et intérêts au terme de cinq années de procédure.
    Mais le mal est fait. Robert Escande ne se confesse
    pas entre deux consultations, le stéthoscope autour
    du cou. Son invalidité permanente vient de lui être
    signifiée. La faute à ces neuf stents qui ont été posés
    après un infarctus en 2009. « Je ne demandais pas la
    Légion d’honneur comme le gestionnaire de la fortune
    de Mme Bettencourt, simplement qu’on me laisse
    exercer ce métier qui me passionnait ! », s’enflamme
    l’homme meurtri. C’était compter sans les tracasseries
    d’une administration fiscale qui a ruiné le rêve du
    médecin provençal venu s’installer comme généraliste
    sur le haut plateau ardéchois, après avoir travaillé
    durant quatre ans aux urgences
    à Marseille.
    Au retour d’un service militaire à
    Berlin, où il rencontra sa future
    épouse allemande de l’Est, Robert
    Escande met donc le cap sur Saint-
    Etienne-de-Lugdarès, un village de
    quatre cent et quelques âmes, chef-lieu d’un canton
    qui en compte à peine plus d’un millier. « Le seul
    canton de France où il n’y avait jamais eu un
    médecin », précise celui qui réside aujourd’hui dans
    un autre désert rural, la Meuse. Sur cette terre
    ardéchoise balayée par la burle, un vent glacial qui
    rougit les visages, il va « faire de la médecine un peu
    à l’ancienne, en essayant d’aider les gens qui souffrent
    à s’en sortir ». Et ils ne manquent pas dans cette
    contrée distante d’une cinquantaine de kilomètres
    du premier hôpital – Mende, Aubenas ou Le Puy-en-
    Velay – et où le facteur et le docteur sont les derniers
    à tenter de raccommoder le lien social qui s’effiloche.
    « J’ai vite découvert des gens très attachants, qui
    me rendaient au centuple tous les efforts auxquels je
    consentais », se souvient le toubib. La cadence n’est
    pas encore aux trente-cinq heures. « Je me levais à
    5 h. Je consultais sur rendez-vous à mon cabinet de
    7 h à 12 h. Puis j’attrapais un sandwich et je filais
    pour une tournée de visites à domicile jusqu’à 15 h.
    Au retour, consultations, libres cette fois, avec une
    salle d’attente qui ne désemplissait pas. Et à partir de
    18 h, une nouvelle tournée de visites à domicile, dont
    je rentrais parfois après minuit. » Pendant près de
    vingt ans. Et pas question de tomber malade. « J’ai
    fait des visites avec la grippe et 40° de fièvre. Mais les
    patients n’étaient pas des tire-au-flanc non plus. Pour
    mettre en arrêt des agriculteurs ou des petits artisans,
    il fallait que je les attache ! »
    Ces péripéties, il les raconte dans Médecin, quand
    reviendras-tu ?, un livre de souvenirs où les noms
    des lieux et des personnages ont été modifiés « pour
    respecter le secret médical ». Pour se prémunir aussi
    d’éventuelles réactions de ceux à qui il décoche
    quelques flèches au fil des pages. « Mais tout est
    vrai », certifie Robert Escande.
    Les expéditions sur des routes
    enneigées au coeur de la nuit
    pour porter secours à un gamin
    victime d’une infection pulmonaire,
    à une femme qui s’est
    défenestrée, à un garde forestier
    ayant chuté d’une falaise… Des plâtres aux
    citadins venus skier sur les pentes des stations
    voisines. Des points de suture au mollet du touriste
    mordu par un chien de ferme. Mais aussi des soins
    d’urgence à un maçon dont les deux jambes ont été
    écrasées par une pelle mécanique. Le constat
    d’usage devant le corps d’un chasseur dont la moitié
    du crâne a été arrachée involontairement par le tir
    d’un de ses amis qui se pendra peu de temps après. A
    raison de 10 000 actes médicaux par an, il n’y a guère
    que l’embarras du choix.
    Comme si cela ne suffisait pas, sa spécialisation de
    médecin urgentiste vaut à Robert Escande d’être
    bombardé médecin capitaine – et plus tard commandant
    – du corps des sapeurs-pompiers locaux. Sa
    présence permet l’ouverture d’un foyer de vie pour
    handicapés, avec quelques dizaines d’emplois à la
    clé. On vient du canton voisin, où le vieux médecin
    parti à la retraite n’a pas été remplacé. « On me payait
    parfois en gentillesse et en sourires, avec un poulet ou
    des oeufs. Quand nous faisions nos courses à la
    supérette, le boucher ou la caissière me parlait de leur
    rhume. » Et puis il y a les médicaments qu’il est
    habilité à délivrer à ses patients. Une aubaine ? « Je
    payais les fournisseurs au cul du camion et la CPAM
    ou les mutuelles me remboursaient avec parfois six
    mois de retard. Les marges ne couvraient pas les frais
    de fonctionnement et les agios bancaires. C’était
    juste pour rendre service aux gens. »
    Cette double casquette est à l’origine des malheurs
    de celui dont le métier était « aussi bien d’assister
    aux accouchements que de fermer les yeux des
    morts ». En 2007, l’administration fiscale se fait fort
    de lui imposer le régime de son activité dominante –
    la pharmacie, qui génère plus de chiffre d’affaires
    même si les bénéfices y sont quasi inexistants –, lui
    faire payer la taxe professionnelle d’une officine… et
    même lui appliquer une vieille jurisprudence faisant
    de lui un vétérinaire, « alors que je n’ai jamais soigné
    un animal ». Du tribunal administratif jusqu’au Conseil
    d’Etat, l’affaire s’éternisera durant cinq longues
    années, avant le jugement définitif que l’on sait. Elle
    sera également à l’origine de cet « infarctus de stress »
    qui a fait de lui un toubib invalide à qui plus aucun
    malade ne dira « Bonjour, Docteur ».
    Sur le plateau ardéchois, il n’y a plus de médecin.
    Le premier à le regretter est peut-être le pandore qui
    verbalisa un jour Robert Escande car il avait garé sa
    voiture devant le monument aux morts pour voler au
    secours d’une fillette en détresse respiratoire. « La
    mairie a construit à grands frais une maison médicale
    où un généraliste tient une permanence, une
    demi-journée par semaine. » Des lettres chaleureuses
    d‘anciens patients arrivent à son domicile meusien
    de Neuville-sur-Ornain. Et un colis de cèpes séchés
    de temps à autre, témoignage d’amitié à celui qui
    partagea « leur vie souvent dure sur ces terres déshéritées,
    où pourtant l’humain triomphe ».
    Médecin, quand reviendras-tu ?
    de Robert Escande (Editions Baudelaire).
    10 000 actes
    médicaux
    par an
    dans un canton
    où le premier
    hôpital
    était distant
    de 50 km.
    Photo M. B.

    « Pour mettre en arrêt
    des agriculteurs ou des
    petits artisans, il fallait
    que je les attache ! »

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