dimanche 4 décembre 2016

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Les médicaments efficaces pour réduire les infarctus et les AVC ne sont pas assez prescrits

Un étude trés ambitieuse menée dans 17 pays, développés ou émergents, révèle que trop peu de patients bénéficient des médicaments ayant fait la preuve d’une efficacité à réduire le risque d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

L’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiological), dirigée par le Pr Salim Yusuf est publiée dans la revie anglais The Lancet.

Des patients âgés de 35 à 70 ans, 153 996 au total, ont été recrutés dans 626 villes ou villages de campagne, dans des pays développés comme le Canada, la Suède ou les Emirats Arabes Unis, comme dans des pays émergents. Les données cliniques et les facteurs de risque de tous les participants (tabagisme, antécédents cardiovasculaires, diabète, obésité, maladie coronaire, hypertension..) ont été enregistrés ainsi que tous les médicaments qui leur avaient été prescrits.
La prise de certains médicaments, qui se sont montrés efficaces chez les patients à risque cardiaque pour réduire le risque d’infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux et pour certains, la mortalité, ont été particulièrement regardés : Il s’agit des antiagrégants plaquettaires comme l’aspirine, des bêtabloquants, des antihypertenseurs comme les IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion) et des statines (qui réduisent le cholestérol).
Parmi les personnes recrutées, 5650 participant avaient eu un infarctus et 2292 un accident vasculaire cérébral.
Et pourtant très peu recevaient les médicaments protecteurs ; 25% recevaient un antiagrégant plaquettaire, 40% un β-bloquant, 19% un inhibiteur de l’enzyme de conversion (ou substitut) et 14% une statine.
Les prescriptions étaient plus conformes dans les pays riches : 62% recevaient un antiagrégant plaquettaire, 17% un β-bloquant , 50% un inhibiteur de l’enzyme de conversion et 66% une statine.
En revanche, dans les pays plus pauvres, les prescriptions étaient totalement insuffisantes : 8,8% recevaient un antiagrégant plaquettaire, 9,7% un β-bloquant, 5% un inhibiteur de l’enzyme de conversion et 3% une statine.
L’absence totale de prise de médicament, malgré un infarctus ou un AVC, était très corrélée à la richesse du pays : elle concernait 11,2% des patients dans les payx riches et 80,2% des patients dans les pays les plus pauvres. L’aspirine est 3 fois moins utilisée dans les pays pauvres et les statines 7 fois moins, en comparaison au pays riches. De même, le fait de vivre à la campagne réduisait la chance de prescription des médicaments. Cependant, cela n’explique pas tout puisque de nombreux malades non traités habitent aussi les pays riches y compris des pays où la prise en charge médicale n’est pas payante. Le prix des médicaments n’est pas non plus en cause puisque des génériques existent dans la plupart des pays émergents à des coûts extrêmement bas.Une donnée préoccupante est encore la sous-médicalisation des femmes, moins bien traitées que les hommes pour des pathologies identiques.

Les médecins et les institutions de santé doivent donc se mobiliser pour que chaque patient exposé à un risque de maladie cardio-vasculaire puisse bénéficier des médicaments utiles.

Source

Use of secondary prevention drugs for cardiovascular disease in the community in high-income, middle-income, and low-income countries (the PURE Study): a prospective epidemiological survey
Salim Yusuf, Shofiqul Islam, Clara K. Chow, Sumathy Rangarajan, Gilles Dagenais, Rafael Diaz, Rajeev Gupta, Roya Kelishadi, Romaina Iqbal, Alvaro Avezum, Annamarie Kruger, Raman Kutty, Fernando Lanas, Liu Lisheng, Li Wei, Patricio Lopez-Jaramillo, Aytekin Oguz, Omar Rahman, Hany Swidan, Khalid Yusoff, Witold Zatonski, Annika Rosengren, Koon K. Teo, on behalf of the Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) Study Investigators.
The Lancet, 2011

Crédit Photo Creative Commons by Tricia Wang 王圣捷

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