dimanche 4 décembre 2016

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Un test HPV positif au niveau du col? Il faut renouveler le test après 2 ans

Lorsqu’une femme a bénéficié d’un test de recherche de virus HPV (HumanPapilloma Virus), un nouveau test doit être réalisé après deux ans afin d’évaluer le risque à long terme de cancer du col de l’utérus indique une étude chinoise (Taiwan) publiée dans la revue médicale Journal of the National Cancer Institute.
Les scientifiques de la petite île chinoise indépendante ont suivi pendant 16 années 11.923 femmes âgées de 30 à 65 ans afin d’évaluer les conséquences de la persistance du virus HPV dans la survenue d’un cancer du col utérin, une conséquence qui reste rare. Des test HPV ont été pratiqués chez toutes les participantes; 39 différents types de virus HPV ont été identifiés. Sur 11 923 participantes, 6 666 ont bénéficié d’un second test de recherche de HPV 2 ans après le premier et 3456 n’ont pas bénéficié de ce second test.

Ce second test va rechercher la persistance de l’infection. En effet, le plus souvent, le virus HPV disparait spontanément chez la majorité des femmes : 90 à 97% la verront ainsi disparaitre. Deux virus HPV sont particulièrement impliqués dans le risque de survenue d’un cancer du col, le virus HPV 16 et le virus HPV 18.

Sur les 10 123 femmes ayant une analyse cytologique normale au début de l’étude, mais positive pour un virus HPV16 et HPV58, 68 ont finalement développé un cancer du col utérin, soit 6,7 femmes/1000.

Alors que les femmes HPV négatives avaient un risque cumulatif  à 16 ans de 0,26% de dévelloper un cancer du col, ce risque était de 13,5% pour celles positives à HPV 16 et HPV58, de 10,3% pour celles infectées par le virus HPV 58 (sans HPV 16) et de 4% pour celles infectées par un autre type de virus HPV.
Celles ayant un second test positif à deux ans avaient un risque de cancer du col de 12,5% contre 0,14% pour celles chez qui ce test s’était négativé.

Le risque de cancer du col chez les femmes chez qui persiste un virus HPV augmente en fonction de l’âge : il était de 5,5% pour les femmes de 30–44 ans, de 14,4% chez lesfemmes de 45-55 ans et de 18,1% pour les femmes de 55 ans et plus.

Ce n’est donc pas tant le fait d’être infecté qui représente un risque mais la persistance de l’infection. Il est donc utile de faire un test deux ans après un test HPV positif afin d’évaluer la persistance ou la disparition des virus HPV pour mieux évaluer le risque de cancer du col de l’utérus. Les femmes négatives pour les HPV peuvent également être plus rassurer. Pour les autres le risque reste faible mais réel et la surveillance (frottis tous les 2 ans) permettra le cas échéant de réaliser le traitement nécessaire.

Source

Persistence of Type-Specific Human Papillomavirus Infection and Increased Long-term Risk of Cervical Cancer
Hui-Chi Chen, Mark Schiffman, Ching-Yu Lin, Mei-Hung Pan, San-Lin You, Li-ChungChuang, Chang-Yao Hsieh, Kai-Li Liaw, Ann W. Hsing, Chien-Jen Chen; for theCBCSP-HPV Study Group
J Natl Cancer Inst 2011;103:1–10

Crédit Photo Creative Commons by gallo ninja

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