jeudi 29 septembre 2016

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L’insuline inhalée, candidate à l’amélioration cognitive des patients Alzheimer

Une étude pilote révèle l’intérêt potentiel de l’insuline inhalée dans le traitement de la détérioration des capacités cognitives des patients atteints de démence.

L’insuline assure différentes fonctions importantes au niveau du système nerveux central. Les récepteurs à l’insuline sont en effet très nombreux au niveau de l‘hippocampe, qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale, du cortex entorhinal, un important centre de la mémoire, et du cortex frontal, siège de différentes fonctions cognitives comme le langage, la mémoire de travail, le raisonnement; l’insuline y elle contribue à la génèse des synapses et au remodellage synaptique. Elle module également l’utilisation cérébrale du glucose. D’ailleurs, une anomalie de sécrétion de l’insuline contribue à la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer, caractérisé par des pertes de synapses et des troubles de la mémorisation. On sait par ailleurs que le niveaux d’insuline est abaissé au niveau cérébral chez les patients atteints par une maladie d’Alzheimer. L’insuline module également les niveaux des dépots amyloïdes et protège les synapses contre leurs effets négatifs.

Par conséquents, des scientifiques ont fait l’hypothèse que restaurer le niveau d’insuline à un niveau normal au niveau cérébral pourrait améliorer les patients souffrant d’un déficit cognitif au cours d’une démence. Cependant l’administration d’insuline par voie intraveineuse expose au risque d’hypoglycémie. En revanche, l’administration intra-nasale permet à l’insuline de parvenir rapidement au cerveau. Ces scientifiques ont donc testé les effets de l’insuline inhalée au cours de 3 semaine chez des patients Alzheimer, en évaluant son effet sur leurs capacités cognitives.

104 patients présentant une atteinte cognitive modérée (64 patients)) ou une maladie d’Alzheimer (40 patients) ont participé à l’essai clinique. Un certain nombre de patients recevaient un placebo, les autres des doses d’insulines intra-nasales à la dose de 20 UI ou 40 UI.

En comparaison avec les patients recevant le placebo, les patients traités par 20 UI d’insuline ont montré une amélioration aux tests mnésiques et une préservation des tâches quotidiennes. Les capaciés cognitives étaient également préservées chez les patients recevant 20 ou 40 UI d’insuline. Par ailleurs, les pet-scan cérébraux réalisés chez 40 patients des trois groupes, ont montré une stabilité des atteintes sous insuline contre un accroissement des lésions chez les patients recevant le placebo. Il n’y a pas eu d’effet secondaire important répertorié au cours de l’essai.

Ainsi, cette étude pilote tend à montrer que restaurer le niveau cérébral de l’insuline préserve de la détérioration ou améliore la fonction cognitive de patients souffrant d’une démence modérée. Ces résultats apportent des premiers éléments convainquant à la poursuite d’un nouvel essai thérapeutique de plus grande envergure pour évaluer l’intérêt de l’insuline intra-nasale.

Source

Intranasal Insulin Therapy for Alzheimer Disease and Amnestic Mild Cognitive Impairment. A Pilot Clinical Trial
Suzanne Craft, PhD; Laura D. Baker, PhD; Thomas J. Montine, MD, PhD; Satoshi Minoshima, MD, PhD; G. Stennis Watson, PhD; Amy Claxton, PhD; Matthew Arbuckle, BA; Maureen Callaghan, MD;Elaine Tsai, MD; Stephen R. Plymate, MD; Pattie S. Green, PhD; James Leverenz, MD; Donna Cross, PhD; Brooke Gerton
Arch Neurol. Published online September 12, 2011. doi:10.1001/archneurol.2011.233

Crédit Photo Creative Commons by Julie70


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