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Quelle est l’évolution réelle des cancers du sein et des cancers du col utérin dans le monde?

Les cancers du sein et du col de l’utérus sont un problème de santé publique majeur. Les médias ont rapporté des informations selon lesquelles, la mortalité de ces cancers était en augmentation à la fois dans les pays en voie de développement mais aussi dans les pays développés. Des programmes de prévention existent pour tenter de réduire le nombre de femmes touchées par ces deux types de cancers. Toutefois, l’ensemble des pays ayant mis en place de tels programmes ou des registres de suivi évaluent les choses différemment, ne permettant pas une vision mondiale du problème. Des scientifiques de l’université de Washington ont donc réorganisé l’ensemble des données mondiales de manière à pouvoir comparer les données de 187 pays ce qui permet de mieux comprendre l’évolution des cancers du col utérin et du sein.

En 2010 dans le monde, 1 642 824 cancers du sein ont été diagnostiqués. La moitié sont survenus dans les pays développés et l’autre moitié dans les pays émergents. Et si dans les pays développés, ce cancer touche principalement les femmes de plus de 50 ans (presque 80% du nombre total des cancer du sein dans ces pays), dans les pays en voie de développement, les femmes sont autant touchées avant 50 ans qu’après. Ce nombre de cancers du sein a doublé en 30 ans (1980-2010). Mais si cette augmentation du nombre de cas de cancers du sein touche tous les pays, la hausse a été surtout sensible au Moyen Orient, en Asie du sud, et en Amérique centrale. L’augmentation aux Etats-Unis, et en Europe de l’ouest est même inférieure à la moyenne. L’incidence, c’est à dire le nombre de cas de cancer ramené à la population, pour la tranche d’âge des 15-49 ans, est très variable en fonction des pays : elle est par exemple de 2% au Niger, au Bangladesh, ou au Guatemala mais de 10 à 11% en France et au Canada, et supérieure à 11% aux Etats-Unis et en Finlande. Cette incidence du cancer du sein a augmenté d’un quart entre 1980 et 2010.

Le cancer du sein a tué 250 000 femmes en 1980, et a causé 425 000 victimes en 2010. Néanmoins, si le nombre total de décès liés au cancer du sein augmente, son incidence, c’est à dire le nombre de décès ramené à la population est lui en décroissance, à la fois dans les pays développés et dans les pays en voie de développement, une réduction qui coïncide avec l’arrivée sur le marché de différents traitement anticancéreux comme le tamoxifène ou le raloxifène. Cette incidence de la mortalité la plus élevé est retrouvée au Danemark, en Argentine, au Liban et en Uruguay.

Le nombre de cancer du col utérin dans le monde a lui augmenté mais de manière moins prononcé passant de 378 000 cas à 454 000 en 30 ans. Le cancer du col est essentiellement un cancer des pays en voie de développement : 76% des femmes dans le monde ayant un cancer du col vivent dans des pays en voie de développement, dont 17% en Afrique Sub-saharienne. En fait l’augmentation du nombre de cancers du col utérin n’est réelle que dans les pays en voie de développement. Ils n’augmentent pas dans les pays développés. Les femmes de plus de 50 ans et de moins de 50 ans sont proportionnellement autant touchées quelque soit le pays.

L’incidence du cancer du col est très variable en fonction des régions du monde. Elle est par exemple de 0,5% en Syrie, en Iran ou en Égypte, légèrement supérieure en Europe, entre 0,75% et 1,25%, comme en France, en Allemagne ou en Amérique (USA, Canada), mais atteint des sommets dans les pays les moins développés comme le Mozambique, le Zimbabwe et l’Erythrée. Le nombre de femmes ayant succombé à un tel cancer était de 176 000 en 1980 et de 200 000 en 2010. Mais il est également important de noter que l’incidence cumulée du cancer du col (le nombre de cancer ramené à la population) se réduit de 1980 à 2010, sauf dans 4 pays, la Zambie, l’Irak, le sri Lanka, et la Thaïlande).Les pays à plus haut risque de mortalité sont la Malawi et l’Ethiopie.

Les vaccins contre les papillomas virus (HPV) seraient donc beaucoup plus utiles dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. D’ailleurs les études menées avec ces vaccins ont pour beaucoup été menées dans des pays en voie de développement où l’incidence du cancer du col est forte, permettant d’obtenir une certaine efficacité qui sera évidemment bien plus faible dans un pays ou l’incidence est moindre comme dans les payx developpés. Toutefois, seuls les pays développés peuvent se permettre de payer ces vaccins.

Source

Breast and cervical cancer in 187 countries between 1980 and 2010: a systematic analysis
Mohammad H Forouzanfar, Kyle J Foreman, Allyne M Delossantos, Rafael Lozano, Alan D Lopez, Christopher J L Murray, Mohsen Naghavi
The Lancet Published Online September 15, 2011

 

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