dimanche 25 septembre 2016

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La guerre de sécession a été beaucoup plus meurtrière qu’on ne le pensait

J. David Hacker, historien à l’université Binghamton, révèle après une nouvelle analyse, que le nombre de victimes de la guerre de sécession, pourtant déjà considéré comme le conflit le plus meurtrier qu’ait jamais connu les Etats-Unis, reste sous-estimé.

Le nombre de victimes, auparavant estimé à 620 000, serait en réalité 20% supérieur ; 750 000 jeunes américains seraient décédés au cours de ce conflit que a vu s’affronter le Nord et le Sud des Etats-Unis entre 1861 et 1865. Le nombre de soldats tués au cours de la geurre de sécession serait donc plus important que le nombre total de soldats américains tués au cours de tous les autres conflits, de la révolution américaine  (1775-1783) à la guerre de Corée (1950-1953).

A l’époque, la population américaine compte 31 millions d’habitants : le nombre de victimes de la guerre de sécession rapportées à la population totale d’aujourd’hui à une estimation de plus de 6 millions de morts, explique encore J. David Hacker.

Le chiffre autrefois avancé de 620 000 tués (cf wikipedia) a été produit par une estimation liée à des rapports de batailles incomplets auxquels avaient été rajouté une seconde estimation des décès liés aux maladies et aux sodats disparus en dehors des combats. Même s’il n’existe pas de rapport précis du nombre de victimes au sein des 3 millions de combattants qui s’opposèrent durant 4 années, les historiens avaient pu, dans certaines compagnies et dans certains régiments obtenir un suivi assez détaillé des effectifs. Une extrapolation avait mené au fameux chiffre des 620 000 tués.

J. David Hacker a lui utilisé des nouvelles données apparues au cours des 10 dernières années, permettant d’identifier chaque individus d’une tranche d’âge avec son lieux de naissance. Hacker, réalisant que la mortalité des civils était très faible en comparaison à la mortalité des soldats, a pu comparer le nombre d’hommes manquant dans leur ville ou village de naissance, lors de grand recensement national de 1870. Il a également pu comparer le taux de survie des hommes en comparaison aux femmes dans chaque tranche d’âges, établissant un ratio naturel de survie pour chacune entre les années 1850-1860 et 1870-1880. Ces ratios naturels de survie, comparés à celui retrouvé entre les années 1860-1870, période au cours de laquelle s’affrontèrent le Nord et le Sud lui permirent une nouvelle estimation plus précise de la mortalité au cours de cette période. Il estime donc dorénavant le nombre de victimes environ à 750 000.

Ce ne furent même pas les combats qui furent les plus meurtriers mais les maladies : 2 hommes sur 3 qui décédèrent au cours de la guerre de sécession, succombèrent des suites d’une maladie. Ils sont morts de diarrhées, de dysenteries, de la rougeole, de la typhoïde, du paludisme, ou d’autres pathologies infectieuses. Ce sont surtout parmi les armées du sud que le nombre de décès fut sous-estimé.

Source

A Census-Based Count of the Civil War Dead
J. David Hacker
Civil War History, 2011; 57 (4)

Crédit Photo  : La bataille d’Antietam eut lieu le 17 septembre 1862 dans le cadre de la guerre de Sécession des États-Unis d’Amérique. C’est la première du conflit sur le sol des Nordistes (dit Yankee) et celle qui verra le plus de pertes en une seule journée de l’histoire du pays.

 

 

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