dimanche 4 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

26% de ré-intervention à 6 ans pour les prothèses de hanche métal-métal selon un registre anglais

Combien de temps dure une prothèse totale de hanche après son implantation? En France, il n’y a aucun registre obligatoire. Seul existe celui, forcément incomplet car basé sur le volontariat, de la société savante de chirurgie orthopédique. Un registre anglais, incluant plus d’un million de prothèses enregistrées répond à cette question. 

Selon le National Joint Registry anglais, les prothèses les moins bonnes sont les prothèses métal-métal, des prothèses dont les deux parties recréant une articulation de hanche, la cupule et le pivot, sont en métal. Leur durée de vie est même inférieure à une prothèse dont un des élément est en plastique. Le taux de révision des prothèses métal-métal, caractérisant le pourcentage de prothèses qui nécessitent une ré-intervention chirurgicale, est le plus élevé de toutes les prothèses de hanche, touchant jusqu’à 13,6% des patients à 7 ans (en hausse de 4% par an) contre 3,3% à 5% pour les autres types de prothèses (en hausse de 1% par an).

Chez les femmes ce taux de révision des prothèses métal-métal est plus important : chez celles âgées de 60 à 69 ans, le taux de révision atteint au maximum 17,3% contre 2% à 3% pour les autres types de prothèses.

La prothèse ASR (Articular Surface Replacement) a démontré être la plus mauvaise prothèse du marché : 26% des patients anglais l’ayant reçu il y a 6 ans ont du être réopérés. Ces prothèses métal-métal n’ont jamais heureusement jamais été très utilisées en France, et même en Angleterre, leur utilisation décline rapidement. Elle a cependant été implanté à 90 000 patients dans le monde. La société Johnson & Johnson qui la fabriquait a suspendu sa commercialisation l’année dernière. Heureusement, d’autres types de prothèses de hanche sont capable de durer plus longtemps, entre 15 et 20 ans.

Selon ce huitième rapport du NJR le taux de révision est donc globalement de 1.1% à un an de l’implantation, augmentant à 2.3% à 3 ans, 3.5% à 5 ans et 4,7% à 7 ans. Il est donc loin d’être négligeable. Les plus faibles taux de révision sont retrouvés avec les prothèses fixées par du ciment (3% seulement à 7 ans).

Cette base de donnée anglaise enregistre une augmentation de 6% des procédures d’implantation, en cohérence avec le vieillissement de la population. L’âge moyen d’implantation est de 67 ans mais 31% des patients ont plus de 75 ans et 12% moins de 55 ans. Les patients bénéficiant de cette chirurgie ont également un indice de masse corporel en augmentation, atteignant en moyenne 28,5 (+1/an-1), un chiffre important, la surcharge pondérale étant un facteur de risque d’altération des articulations des hanches.

En France, selon la Haute Autorité de Santé qui rendait un avis sur les différents types de prothèses de hanche en 2007,  la prothèse polyéthylène-métal (type Charnley) est la référence à laquelle doivent être comparés toutes les autres. par ailleurs, toujours selon la HAS la prothèse “céramique- céramique n’a pas fait la preuve de sa supériorité”. Elle regrettait également que “Le niveau de preuve des études cliniques actuellement disponibles est faible” ajoutant que “le groupe de professionnels ayant participé au consensus souhaite la mise en place, en France, d’un registre exhaustif des prothèses de hanche”. Quatre années plus tard, le registre français n’existe toujours pas.

Articles sur le même sujet