dimanche 25 septembre 2016

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Une contraception hormonale double le risque de transmission du virus HIV

Les femmes utilisant une contraception hormonale ont un risque double d’être infectée par le virus HIV, et le transmettent également deux fois plus à leur partenaires, alerte une étude publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases

L’étude a été menée en Afrique par des scientifiques de L’université de Washington auprès de 3790 couples, grâce à des dons de la fondation Bill et Melinda Gates et du NIH (National Institut of Health)

Si la contraception hormonale est très répandue, ses effets vis-à-vis de la transmission du virus HIV-1 ne sont pas clairs. L’objectif de cette étude était d’évaluer les risque de transmission du HIV chez des volontaires, connaissant les risques et les moyens de protections efficaces, c’est à dire à ce jour, le préservatif. Les couples ayant accepté de participer à cette étude étaient hétérosexuels et sérodiscordants, c’est à dire qu’un des deux partenaires était infecté par le virus HIV et l’autre non. Ils vivaient dans un pays africain, le Botswana, le Kenya, le Rwanda, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, ou le Zimbabwe.

Certaines des femmes participant à l’étude utilisaient une contraception hormonale par pilule orale (pilule) ou par injection, les autres n’en utilisaient aucun des deux. Les scientifiques ont comparé sur ces deux groupes, le risque de transmission du virus HIV des femmes vers leurs partenaires masculin et le risque de contamination des femmes par leur partenaire masculin.

Parmi les 1314 couples dans lesquels la femme n’était pas infectée par le HIV au début de l’étude (le partenaire était séropositif pour le HIV), le taux de contamination a été de 6,61 pour 100 femmes et par an parmi celles utilisant une contraception hormonale, et de 3,78 pour 100 femmes et par an parmi celles n’utilisant pas de contraception hormonale. L’utilisation d’une méthode contraceptive hormonale doublait donc le risque de transmission du HIV (risque augmenté de 98%).

Parmi les 2476 couples dans lesquels la femme était infectée par le HIV au début de l’étude, le taux de contamination a été de 2,61 pour 100 hommes et par an lorsque leur partenaire utilisait une contraception hormonale et de 1,51 pour 100 hommes et par an lorsque leur partenaire n’en utilisait pas. Dans ce cas aussi, le risque de contamination était doublé.

Dans l’étude, si globalement la contraception hormonale semble accroitre le risque de contracter ou de transmettre le virus HIV, ce constat était significatif pour la contraception hormonale injectée mais pas pour la contraception hormonale par pilule.

Pour les auteurs, les femmes doivent être informées du risque accru de contamination pour elle et pour leur partenaire lorsqu’un moyen contraceptif est utilisé et doivent bénéficier de plus de conseils sur l’importance d’utiliser des préservatifs. Il doit être conseillé, chez les femmes séropositives pour le HIV, d’éviter les méthodes contraceptives hormonales ou alors à faible dose.

140 millions de femmes dans le monde utilisent des contraceptifs hormonaux dans le monde

Source

Use of hormonal contraceptives and risk of HIV-1 transmission: a prospective cohort study
Renee Heffron, Deborah Donnell, Prof Helen Rees, Prof Connie Celum, Nelly Mugo, Edwin Were et al
The Lancet Infectious Diseases, Oct 04, 2011

Crédit Photo Creative Comons by  Ryan Smith Photography

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