Jeudi 24 avril 2014

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Qu’est-ce qui tue chaque année 7535 français dans la plus complète indifférence?

Selon les dernières mises en garde de l’OMS, des milliers de Français sont chaque années les victimes innocentes de l’absence de régulation de la pollution majeure produite par la circulation automobile, touchant en particulier, les personnes souffrants de pathologies respiratoires, les personnes atteintes de maladies cardiaques, les femmes enceintes et les enfants. Selon l’OMS, et les chiffres sont précis, 7545 hommes et femmes vivant en France décèdent directement des causes de cette pollution chaque année, soit plus qu’en Roumanie par exemple. 25% des décès liés à la pollution sont liés à un cancer des poumons, et 75% à des pathologies cardiovasculaires.

En effet, selon les données sur la qualité de l’air publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la pollution atmosphérique atteint des niveaux dangereux pour la santé dans de nombreuses villes. Il s’agit d’une compilation sans précédent de données concernant près de 1100 villes dans 91 pays, dont des capitales et des villes de plus de 100 000 habitants.

Plus de 2 millions de victimes dans le Monde

L’OMS estime que, chaque année, plus de 2 millions de personnes meurent du fait de l’inhalation de particules fines présentes dans l’air intérieur et extérieur. Les particules PM10, d’une taille égale ou inférieure à 10 micromètres, peuvent pénétrer dans les poumons, entrer dans la circulation sanguine et provoquer des cardiopathies, des cancers du poumon, des cas d’asthme et des infections des voies respiratoires inférieures.

Le seuil fixé dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air s’agissant de la concentration moyenne annuelle des particules PM10 est de 20 microgrammes par mètre cube (µg/m3), mais les données publiées aujourd’hui montrent que, dans certaines villes, cette concentration atteint jusqu’à 300 µg/m3.

Principaux résultats

Les principales informations qui ressortent de cette étude sont les suivantes:

  • Il est courant de constater des niveaux constamment élevés de pollution par les particules fines dans beaucoup de zones urbaines. Cette pollution provient souvent de sources de combustion telles que les poids-lourds, les voitures (en particulier les diesels) et les centrales électriques au charbon (absentes en France).
  • L’exposition moyenne annuelle aux particules PM10 de l’immense majorité des populations qui habitent en milieu urbain dépasse le seuil de 20 µg/mrecommandé dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air. En moyenne, seules quelques villes présentent actuellement des valeurs conformes aux lignes directrices de l’OMS.
  • Pour l’année 2008, on estime à 1,34 million le nombre de décès prématurés attribuables à la pollution atmosphérique en ville. Si les valeurs avaient été partout conformes aux lignes directrices de l’OMS, 1,09 million de vies auraient pu être sauvées cette année-là. Le nombre de décès attribuables à la pollution atmosphérique en ville a augmenté par rapport à l’estimation de 2004, qui était de 1,15 million. Ceci s’explique par l’augmentation récente de la pollution atmosphérique et de la taille des populations mais aussi par le fait qu’il y a davantage des données disponibles et les méthodes employées meilleures.

«La pollution atmosphérique est un grave problème de santé et nous devons absolument redoubler d’efforts pour en atténuer les répercussions», déclare le Dr Maria Neira, Directeur du Département Santé publique et environnement de l’OMS. «Si nous contrôlons et gérons l’environnement correctement, nous pouvons réduire considérablement le nombre de gens qui souffrent d’affections respiratoires et cardiaques, et de cancer du poumon. Partout dans le monde, l’air des villes est souvent pollué par les gaz d’échappement, la fumée des usines ou la suie des centrales électriques qui fonctionnent au charbon. De nombreux pays sont dépourvus de réglementation sur la qualité de l’air et, lorsqu’il y en a une, les normes nationales et leur application varient considérablement», a-t-elle ajouté.

Comprendre les risques sanitaires

L’OMS appelle à renforcer la sensibilisation aux risques sanitaires que représente la pollution atmosphérique, à mettre en œuvre des politiques efficaces et à contrôler de près la situation dans les villes. Une réduction de la concentration annuelle moyenne de particules PM10 de 70 µg/m3 à 20 µg/m3 devrait entraîner une baisse de 15% de la mortalité – ce que l’on peut considérer comme un progrès non négligeable en termes de santé publique.

Là où le niveau de pollution est plus élevé, une réduction dans les mêmes proportions aura moins d’impact sur la baisse de la mortalité mais apportera néanmoins d’importants bienfaits pour la santé.

«Les solutions à la pollution atmosphérique en ville dépendront de l’importance relative des différentes sources de pollution, du niveau de développement et de la géographie locale», affirme le Dr Carlos Dora, Coordonnateur de l’unité Interventions pour des environnements sains du Département Santé publique et environnement de l’OMS. «Les informations contenues dans la base de données de l’OMS doivent principalement permettre aux villes de surveiller l’évolution de la pollution atmosphérique dans le temps afin de choisir des interventions efficaces, de les améliorer et de les généraliser», a-t-il ajouté.

Agir à tous les niveaux est indispensable

Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les principales causes de pollution atmosphérique sont les moyens de transport motorisés, les industries petites ou grandes, l’utilisation de biomasse et de charbon pour la cuisine et le chauffage, ainsi que les centrales électriques au charbon. L’utilisation de bois et de charbon pour le chauffage des logements contribue beaucoup à la pollution atmosphérique, notamment en milieu rural pendant les mois d’hiver.

«Pour juguler la pollution et atténuer ses effets sur la santé, il faut prendre des mesures au niveau local, appliquer des politiques nationales et conclure des accords internationaux», dit le Dr Michal Krzyzanowski, Chef du Centre européen OMS de l’environnement et de la santé à Bonn (Allemagne). «Grâce aux données tirées du contrôle de la qualité de l’air publiées aujourd’hui, nous savons dans quelles régions il faut agir en priorité et nous pouvons évaluer l’efficacité des politiques et des mesures mises en œuvre.», a-t-il ajouté.

En France, que fait le ministère de l’écologie et des transports, actuellement dirigée par Nathalie Kosciusko-Morizet, pour réduire le nombre de morts liés à la pollution automobile? 

Source

Mortality and burden of disease from outdoor air pollution : Worldwide, outdoor air pollution contributes to 5% of all cardiopulmonary deaths View interactive graph [Requires Flash player]. In the year 2008, urban outdoor air pollution was responsible for 1.3 million annual deaths, respresenting 2.4% of the total deaths. Worldwide, urban air pollution is estimated to cause about 9% of the lung cancer deaths, 5% of cardiopulmonary deaths and about 1% of respiratory infection deaths. Particulate matter pollution is an environmental health problem that affects people worldwide, but middle-income countries disproportionately experience this burden.

Mortalité lié à la qualité de l’air, la France tue autant que la Roumanie, 12 français/100 000 habitants (7535 français) décèdent chaque année des conséquence de la pollution de l’air

Relever le défi mondial de la pollution atmosphérique
OMS communiqué de Presse

Situation at country level : The mean urban air pollution of particulate matter with an aerodynamic diameter of 10 μm or less (PM10) in countries ranges from 11 to over 100 μg/m3
View interactive graph [Requires Flash player]

Situation at city level : The mean air pollution of particulate matter with an aerodynamic diameter of 10 μm or less (PM10) in cities ranges from less than 10 to over 200 μg/m3

Analysis categories and mortality data sources
OMS september 2011

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