Jeudi 24 avril 2014

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La pollution automobile augmente le risque d’accouchement prématuré : le diesel sur le banc des accusés

Il existe un lien entre la pollution de l’air et le risque de prématurité ainsi qu’avec le risque de petit poids de naissance. Tous les polluants automobiles, le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone, le dioxyde de souffre (SO2) et les particules PM10 et PM2,5 de chacun, génèrent un risque chez la femme enceinte. En  particulier, les taux de CO, le monoxyde de carbone,  et des particules PM sont impliquée fortement dans le risque de prématurité pendant les 3 premiers mois,  comme pendant les 6 dernières semaines avant la naissance. Le NO2 (dioxyde d’azote) et les PM 2,5 sont-elles responsables de prééclampsie (qui peut-être mortelle pour la maman et le bébé) et de prématurité. Par ailleurs, quelques études ont retrouvé un lien entre le taux des hydrocarbures polycycliques aromatiques (HAP) dans l’air ambiant , et la réduction de la croissance fœtale et la prématurité. Les PAH sont un produit de combustion des carburants automobiles.

Les risques liés à la pollution automobiles sont bien plus évidents et démontrés que ceux liés au bisphénol A. Pourtant, très peu est fait pour la réduire alors que le coût pour la santé est dramatique. Le but de cette importante étude publié dans la revue Environnemental Health a été d’évaluer le risque de prématurité chez des femmes enceintes exposées dans une grande ville comme Los Angeles aux pollutions automobiles pendant leur grossesse ainsi qu’à certains polluants particulier comme les HAP et les  PM 2,5.émises par les véhicules diesels.

Les scientifiques ont d’abord travaillé sur 241 415 naissances survenues sur 22 mois. En fonction des lieux d’habitation, la pollution de l’air au cours de la grossesse a pu être retrouvé grâce aux enregistrements de stations de contrôle de l’air de la ville de Los Angeles. Toutes les femmes vivant dans les 8 kilomètres autour de ces bornes de contrôle de l’air, soit au total 111 203 femmes, qui ont été finalement sélectionnées pour les analyses. Parmi ces femmes, 10 265 naissance prématurées ont été identifiées (enfants nés avant la 37 ème semaine). Pour chaque enfant, 10 enfants contrôles ont été sélectionnés à titre de comparaison (soit 102 650 enfants).

Pour être complet et renforcer encore leur étude, les scientifiques ont utilisé d’autres sources de mesures des polluants ; des données gouvernementales,  et des données sur les produits chimiques aériens évalué par un troisième organisme régional.

Le taux de prématurité augmente dans la population de l’étude était de 9,2%, elle était plus fréquente pour les enfants mâles, les seconds ou troisièmes enfants, les femmes les plus jeunes (moins de 20 ans) ou les plus âgées ( plus de 35 ans).

Pour évaluer les taux de chaque polluants auxquels étaient exposées les femmes enceintes de l’étude, les scientifiques ont utilisé une méthode statistique robuste, l’écart interquartile ou étendue interquartile (EI), qui est une mesure de dispersion qui s’obtient en faisant la différence entre le premier et le troisième quartiles (Pour rappel, un quartile est chacune des 3 valeurs qui divisent les données triées en 4 parts égales, de sorte que chaque partie représente 1/4 de l’échantillon). Par ailleurs, dans cette étude, tous les résultats obtenus ont été ajustés en incluant les facteurs connus pouvant accroître le risque de prématurité.

Les scientifiques mettent en évidence que le risque de prématurité augmente de 21% (par écart interquartile) pour le nitrate d’ammonium PM2,5 et de 9 à 13% pour le benzène (émis par les diesels), pour les particules PM2,5 émises par les moteurs diesels, par les PM2,5 de monoxyde de carbone et de carbone. Ce risque de prématurité est également augmenté de 14% pour les PM10 de monoxyde de carbone et de 6% pour les PM2,5 de carbone.

Les HAP, émis par les carburants automobiles augmentent le risque de prématurité de 30% et les benzopyrène de 13%. Ces polluant étant tous émis en même temps, les effets sur le risque de prématurité se conjuguent.

Cette étude menée sur plus de 100 000 naissances démontre de manière très claire le rôle dramatique joué par la pollution automobile, et en particulier par les véhicule diesels, sur le geste humain le plus beau au monde, avoir un enfant. La pollution automobile peut dorénavant être reconnue comme un facteur de risque de prématurité. Il faut rappeler que la prématurité, c’est à dire la naissance avant 37 semaine met l’enfant à risque de très nombreuses complications immédiates et à long terme, pour l’essentiel liées à l’immaturité des grands systèmes de l’enfant né prématurément, quelle que soit la cause de la naissance prématurée. 25% de la mortalité néonatale est liée à la prématurité.

Pour protéger les enfants, il est indispensable que de mesures immédiates soient prises par les autorités des rtransport, de l’écologie et de la santé. Ne rien faire , c’est comdamner volontairement, et en toute connaissance de cause, des femmes à un risque grave d’accouchement prématuré et des enfants à naitre avant 37 semaine, augmentant leurs risque de mortalité et de complications ultérieures.

Source

Traffic-related air toxics and preterm birth: a population-based case-control study in Los Angeles County, California
Michelle Wilhelm, Jo Kay Ghosh, Jason Su, Myles Cockburn, Michael Jerrett, Beate Ritz
Environmental Health, 2011; 10: 89 DOI: 10.1186/1476-069X-10-89

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