jeudi 29 septembre 2016

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Des scientifiques cherchent des fonds pour tester des antiviraux et des antihypertenseurs dans la prévention de la maladie d’Alzheimer

Dans les 20 prochaines années, le nombre de patients souffrant d’une maladie d’Alzheimer  va doubler, touchant près de 20 millions de personnes dans le monde. Alors que pour l’instant un traitement curatif de la maladie n’existe pas encore, les scientifiques portent leurs espoirs sur la prévention. Une équipe de scientifiques voudrait dorénavant évaluer l’effet préventif des médicaments antiviraux contre le virus HSV1 et une autre, celui d’une classe particulière d’antihypertenseurs. Ils sont dorénavant à la recherche de financements.

La première équipe de scientifiques de l’université de Manchester, a vérifié une hypothèse selon laquelle le virus de l’herpès, le HSV1, pourrait être impliqué dans la survenue d’une maladie d’Alzheimer chez certaines personnes possédant un facteur génétique particulier : le HSV1 favoriserait alors l’accumulation des protéines β-amyloides et de protéines P-tau dans leur cerveau. Leur dernière expérimentation a consisté à évaluer l’effet de médicaments antiviraux actifs contre le HSV1 sur des cellules infectées par le virus. Ces médicaments antiviraux ont réduit fortement l’accumulation de protéines β-amyloides et de protéines P-tau dans les cellules infectées, en réduisant la réplication du virus HSV1. Pour les scientifiques, puisque ce traitement ne sera actif que sur les cellules infectées, et est plutôt bien toléré et bon marché, il devient un candidat intéressant pour un test chez des patients : “La prochaine étape de notre recherche, en attente d’un apport financier, évaluera le meilleur antiviral ou association d’antiviraux. Il nous faudra alors rechercher par quelles voies le virus et le facteur génétique intéragissent pour causer la maladie. (…) Eventuellement, nous espérons débuter ensuite des essais cliniques mais ce n’est pas immédiatement et pour cela aussi, nous aurons besoin de fonds.”

La seconde équipe travaille à l’université de Bristol, également en Angleterre. Elle s’est intéressée aux antihypertenseurs spécifiquement actifs sur le système rénine-angiotensine afin de déterminer s’ils pouvaient réduire la survenue d’une maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence typique appelée démence vasculaire. Le lien entre une hypertension artérielle et un risque accru de démence a été fait il y a déjà plusieurs années. Il a également été identifié que des anomalies du système rénine-angiotensine pouvaient contribuer à des effets similaires à ceux rencontrés au cours des démences, tels que la perte de mémoire, la réduction du flux sanguin cérébral, l’inflammation cérébrale et l’augmentation du décès des cellules cérébrales par manque d’oxygène.

En utilisant une base de données de plusieurs millions de patients, alimentée par des médecins anglais, les chercheurs ont observé des résultats très intéressants. Ils ont mis en évidence que les personnes de plus de 60 ans, ayant pris un antihypertenseur réduisant l’activité du système rénine-angiotensine au cours des 10 années précédentes, avaient un risque de développer une maladie d’Alzheimer réduit de 50%, et une réduction de 25% du risque de démence vasculaire, en comparaison avec les personnes traitées par d’autres antihypertenseurs. Très justement, les chercheurs reconnaissent que bien que ces résultats soient intéressants, ils n’apportent pas une conclusion définitive ; “Nous avons besoin maintenant de faire un essai clinique pour évaluer réellement nos observations” précise le Dr Kehoe. Lui et son équipe sont dorénavant à la recherche d’un financement.

Sources

Antivirals Reduce the Formation of Key Alzheimer’s Disease Molecules in Cell Cultures Acutely Infected with Herpes Simplex Virus Type 1
Matthew A. Wozniak, Alison L. Frost, Chris M. Preston, Ruth F. Itzhaki
PLoS ONE, 2011; 6 (10): e25152

Associations of Anti-Hypertensive Treatments with Alzheimer’s Disease, Vascular Dementia, and Other Dementias
Neil M. Davies, Patrick G. Kehoe, Yoav Ben-Shlomo, Richard M. Martin.
Journal of Alzheimer’s Disease, 26 (2011)

Crédit Photo Creative Commons by mars_discovery_district (A team of ARS and Cornell University researchers, some of whom are pictured here, was the first to determine the molecular structure of RNA. This achievement won team leader Robert W. Holley (left), of ARS, the Nobel Prize in 1968. Photo by Sol Goldberg)

 

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