mercredi 28 septembre 2016

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Souscrire un abonnement de téléphonie mobile n’accroît pas le risque de cancer du système nerveux central, son utilisation, on ne sait pas…

Les ondes du téléphone portable sont-elles capables de favoriser une tumeur cérébrale? La question est d’importance quand on sait qu’il existe 5 milliards d’abonnements à des mobiles sur une planète qui compte dorénavant presque 7 milliards d’êtres humains.

Par le biais des ondes électromagnétiques, le portable est suspecté de pouvoir agir sur le système nerveux central. Une étude menée chez 364 exposés pendant 1640 heures avait retrouvé un risque de gliome mais des données sur plus de 10 ans ne retrouvaient que des résultats discordants. Surtout la plupart des études étaient cas-contrôles rétrospectives n’ayant as valeur de démonstration. Mondialement, la seule étude suivant une population de 420 095 personnes ayant un abonnement de téléphone portable est une étude danoise qui n’avait pas retrouvé d’augmentation du risque de tumeur cérébrale chez les utilisateurs en comparaison aux non-utilisateurs. Au contraire, le risque était même réduit chez chez ceux ayant un abonnement depuis plus de 10 ans. Et même, une réduction des cancers pulmonaires liés au tabac avait été constaté chez les hommes, probablement du fait d’une sélection particulière des premiers abonnés masculins.

Les auteurs de l’étude Danoise publient dans la revue anglaise, le British Medical Journal, la suite de leur étude puisqu’ils ont continué à suivre les participants de la première publication avec dorénavant un suivi beaucoup plus long.

De 1990 à 2007, la population de l’étude comprend dorénavant 358 403 souscripteurs à un téléphone portable. Pendant cette durée de suivi, 122 302 cancers sont survenus chez des hommes dont 5111 tumeurs du système nerveux central et 133 713 chez des femmes dont 5618 tumeurs du système nerveux central.

Pour ces tumeurs du système nerveux central, si globalement aucune augmentation du risque n’est identifié, un faible accroissement du risque de gliomes (+8%) non significatif est retrouvé chez l’homme, en particulier sur les utilisateurs récents (1-4 ans). Et toujours chez l’homme, une réduction du risque de méningiome de -22%est constaté.

Les auteurs concluent à une absence d’augmentation du risque de tout type de cancers et en particulier des cancers du système nerveux central, lié au téléphone portable. Cependant, les auteurs reconnaissent quelques faiblesses à leur étude : en effet ce n’est pas l’exposition effective à des ondes électromagnétiques qui est évaluée mais la durée d’existence d’un abonnement pour téléphone portable : ainsi un abonné qui n’utilise pas son portable est considéré comme exposé et une personne non abonnée mais utilisant le téléphone de quelqu’un d’autre est considéré comme non-exposé. Par ailleurs l’exposition est estimée en année d’abonnement, pas en heures d’utilisation du portable et donc d’exposition. Il est estimé que l’exposition moyenne d’un abonné est de 23 minutes par semaine entre 1987 et 1995 et de 17 minutes par semaines entre 1996 et 2002. Aucune donnée ne différentie un utilisateur d’oreillettes des autres.

Ainsi la véritable conclusion des auteurs n’est pas que l’utilisation d’un téléphone portable n’augmente pas le risque de tumeurs du système nerveux central mais qu’il n’est pas retrouvé d’augmentation du risque de tumeur du système nerveux central chez “les personnes possédant un abonnement à un téléphone portable”. La différence est importante. Il n’existe donc toujours pas d’étude innocentant totalement les ondes électromagnétiques. Une étude reliant durée d’utilisation et donc d’exposition réelle aux ondes électromagnétiques des téléphones reste indispensable pour conclure à leur innocuité. Evidemment ce n’est pas cette information que vous donnera la presse grand public dont aucun des journalistes n’ a probablement lu l’étude …(le Figaro, Le Midi-Libre, France-soir, Elle, Sciences et Avenir…)

L’utilisation d’une oreillette doit donc toujours être conseillée.

L’étude a été financée par des fonds publics.

Source

Use of mobile phones and risk of brain tumours: update of Danish cohort study
Patrizia Frei, Aslak H Poulsen, Christoffer Johansen, Jørgen H Olsen, Marianne Steding-Jessen, Joachim Schüz
BMJ 2011; 343:d6387

Crédit Photo Creative Commons by 赛利思XYNIX_MOBILE PHONE 手机

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