dimanche 25 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Pourquoi la lumière nous réveille t-elle?

 Des chercheurs de l’Université de Californie complètent notre compréhension de cellules très particulières, les neurones capables de stimuler notre réveil lorsque pointe la lumière du jour. Depuis longtemps, il avait été identifié qu’il était plus facile de rester éveillé sous une lumière vive, et même qu’une telle lumière rendait le sommeil difficile. Certains utilisent même la luminothérapie, le fait de rester exposé à une lumière bleue, pour ses effets antidépresseurs. A l’inverse, une baisse de luminosité ou une pièce sombre facilitent l’endormissement. Et dans les pays du nord de l’Europe où l’hiver, la lumière du jour ne persiste que quelques heures, nombreuses sont les dépressions dites saisonnières.

Le professeur de psychiatrie Jérome Siegel et son équipe, de l’institut Semel des neurosciences et du comportement humain publient dans la revue  the Journal of Neuroscience de nouveaux travaux sur le rôle les neurones sécréteurs d’hypocrétine. Ces cellules sont localisées dans l’hypothalamus, une petite glande cérébrale qui joue un rôle entre autres dans la régulation du système nerveux autonome, de la température corporelle, de la faim, de la soif, ou encore de la fatigue et du sommeil.

Ces neurones localisés dans l’hypothalamus sécrètent un neurotransmetteur, l’hypocrétine, identifiée en 1998. La perte de ces cellules chez l’homme entraine une narcolepsie et est rendue responsable de somnolence chez les patients parkinsoniens. Toutefois, le rôle exact de ce neurotransmetteur dans le comportement reste mal compris.

Les scientifiques ont examiné le comportement de souris modifiées génétiquement pour ne plus sécréter d’hypocrétine et les ont comparé à des souris normales, donc capables d’en sécréter. Les expériences ont été menées lors d’exposition à la lumière et lors d’absence de lumière. Normalement, les souris sont actives dans le noir et inactives à la lumière.

En comparant des souris qui sécrètent de l’hypocrétine et d’autres incapables d’en sécréter, les scientifiques constatent que ces dernières étaient incapables de rester éveillées sous la lumière. Ils mettent en évidence que les souris modifiées sont incapables d’accomplir leur tâches (pour lesquelles elles sont récompensées) lors d’une exposition à la lumière. Pourtant elles conservent toutes leurs capacités dans le noir. Chez les souris non modifiées, les scientifiques constatent que les neurones sécréteurs d’hypocrétine sont activés lorsqu’elles accomplissent leur tâche sous la lumière, mais inactivés pour accomplir une tâche identique dans le noir.

“Ces constatations expliquent des travaux précédents menés chez l’homme qui ont montré que ceux souffrant de narcolepsie manquaient d’une réponse à la lumière, et que ces derniers comme les patients parkinsoniens ont une tendance accrue à souffrir de dépression” explique le professeur  Siegel, “Cela suggère qu’administrer de l’hypocrétine et stimuler les cellules qui y sont sensibles pourrait accroître la réponse à un stimuli lumineux. A l’inverse, bloquer cette fonction en administrant des bloqueurs des récepteurs à l’hypocrétine pourrait réduire cette réponse et potentiellement favoriser le sommeil”. Ces actions pourraient également avoir un rôle dans la prise en charge thérapeutique des dépressions.

Source

Highly Specific Role of Hypocretin (Orexin) Neurons: Differential Activation as a Function of Diurnal Phase, Operant Reinforcement versus Operant Avoidance and Light Level
R. McGregor, M.-F. Wu, G. Barber, L. Ramanathan, J. M. Siegel
Journal of Neuroscience, 2011; 31 (43): 15455

Articles sur le même sujet