mercredi 28 septembre 2016

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Phlébite en avion : comment les éviter?

Prendre l’avion, en particulier pour de longs trajets, expose au risque de thrombose veineuse, c’est à dire à la formation d’un caillot de sang dans une veine, caillot qui peut migrer et entrainer des conséquences graves.

Le voyage aérien a pris un essor considérable transportant 2 milliards de personnes chaque année, soit un peu moins d’un tiers de la population mondiale. Dès 1954 est évoqué la risque de création de caillots dans les artères et dans les veines chez les passagers. En 1977, des scientifiques créent le terme de “syndrome de la classe économique” pour décrire des individus qui assis dans un espace restreint pendant de longues heures sans bouger font une phlébite qui se complique parfois d’embolie pulmonaire, lorsque le caillot remonte le long d’une veine pour aller obstruer  des vaisseaux pulmonaire.

Pourquoi le risque de phlébite augmente en avion? La thrombose veineuse profonde se développe d’autant plus facilement que sont présents une lésion de la paroi des vaisseaux, une stase veineuse, et des modifications du sang. La position assise, dans l’avion, favorise la compression prolongée des cuisses sur le bord d’un siège qui serait à l’origine des lésions de la paroi des vaisseaux sanguins; Elle  favorise également la stase veineuse (la taille des mollets peut même augmenter), et modifie le sang, entrainant une augmentation de la viscosité, phénomène accentué par la consommation d’alcool (effet diurétique), et le manque d’apport d’eau sur les longs vols.

Les auteurs de l’article évaluent à 0,4 cas par million de passagers le risque de survenue d’une embolie pulmonaire grave, une évaluation qui ne tient pas compte de ceux ayant eu une thrombose veineuse profonde qui peut ne se révéler que plusieurs semaines plus tard, ni des arrêts cardiaques, ni des embolie pulmonaires non graves. Une étude Espagnole menée sur les passagers de l’aéroport de Madrid arrive aux mêmes conclusions. Le risque est d’autant plus important que le trajet est long. Les femmes sont également plus à risque, une étude retrouvant un accident thromboembolique chez 70% et 90% de femmes dans les populations étudiées. Une analyse menée sur un trajet de plus de 10 000 kilomètres retrouve une incidence de 7,2 cas par million de passagers femmes et de 2,3 cas par million de passagers hommes. Les femmes, en général de plus petite taille, seraient plus exposées à la compression des sièges d’avion, mais seraient aussi plus immobiles, osant moins déranger les voisins pour se lever. Ces hypothèses restent discutées. On retiendra que c’est donc essentiellement la durée du vol qui reste le facteur le mieux identifié.

Comment éviter les accidents thrombo-emboliques lors d’un long trajet en avion? Tout d’abord s’assurer une bonne hydratation, éviter les sédatifs et l’alcool, porter des vêtements amples, faire des mouvements réguliers des membres inférieurs lorsque l’on est en position assise et se lever régulièrement. Le port de chaussettes de contentions est une méthode prophylactique de la survenue de thrombose veineuse dont l’efficacité est reconnue.

Au cas par cas, en fonction des pathologies existantes et toujours à discuter avec votre médecin, un traitement par héparine injectée avant le vol peut être utile.

Source

Accidents thromboembolique et voyages aériens
Lapostolle F, Lapandry C, Adnet F
La Presse Médicale 2011, on line

Crédit Photo Creative Commons by megpi

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