samedi 1 octobre 2016

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Aide à la procréation : la stimulation ovarienne peut favoriser la survenue d’un cancer

Dans les pays industrialisés, entre 1,2 et 2,3% des enfants sont conçus grâce à la procréation médicale assistée. Et cette tendance est en forte croissance. Par exemple aux Pays-Bas, le nombre de procréations médicales assistées à augmentée de 40% entre 1996 et 2005.. Les traitements utilisés pour stimuler l’ovulation  augmentent temporairement le niveau des hormones, mais les conséquences à long terme n’en sont pas connues. Quelques études ont  émis l’hypothèse que des stimulations répétées pourraient accroître le risque de cancer des ovaires. Les cancers de l’ovaire représentent 6% des cancers de la femme aux Etats-Unis. A la suite, si certaines études ont confirmé ce risque, d’autres n’ont retrouvé que des augmentations non significatives ou n’ont réussi à l’objectiver que dans certains sous-groupes de population..

Des scientifiques Néerlandais ont donc comparé le risque de survenue d’un cancer des ovaires entre 6006 femmes subfertiles vues dans les cliniques de fécondation entre 1980 et 1995 mais n’ayant jamais reçu de traitement de par stimulation ovarienne et 19 146 femmes ayant bénéficié de ces traitements de stimulation ovarienne.

Après 14,7 années de suivi, 77 cancers ovariens ont été diagnostiqués dans l’ensemble de la population, traitée ou non, 42 cancers invasifs et 35 cancers borderlines. 61 cancers ovariens étaient retrouvés chez les femmes ayant bénéficié du traitement de stimulation ovarienne et 16 dans la population des femmes n’ayant jamais reçu de stimulation ovarienne.

Les femmes ayant reçu un traitement de stimulation ovarienne avait donc un risque multiplié entre 2 et 4 de tumeur ovarienne (en fonction du type de cancer considéré) en comparaison avec des femmes n’ayant jamais reçu de traitement de stimulation ovarienne. Parmi les cancers identifiés chez les femmes ayant reçu une stimulation ovarienne, 46%, étaient des tumeurs borderlines alors que ces tumeurs sont bien moins fréquente dans la population générale, représentant en général entre 15% et 30% de l’ensemble des tumeurs. Ce risque de cancer borderline était plus élevé dans l’année qui suivait la stimulation ovarienne, impliquant une vigilance accrue. Ce cancer se traite par ailleurs plutôt mieux.

Il faut cependant garder à l’esprit que le risque absolu de cancer de l’ovaire reste faible dans la population générale de 55 ans, environ 0,45%. Selon l’estimation des auteurs, une femme ayant bénéficié d’une stimulation ovarienne aura un risque augmenté à 0,71%.

Pour les auteurs, ce risque ne devrait pas être un obstacle pour les femmes qui souhaitent avoir un enfant, ce risque restant un risque faible, qui plus est pour une tumeur le plus souvent traitable. Cependant, la décision de concevoir en connaissant les bénéfices et les risques du traitement peut être différent en fonction des couples.

Source

Risk of borderline and invasive ovarian tumours after ovarian stimulation for in vitro fertilization in a large Dutch cohort
F.E. van Leeuwen, H. Klip, T.M. Mooij, A.M.G. van de Swaluw, C.B. Lambalk,  M. Kortman, J.S.E. Laven, C.A.M. Jansen, F.M. Helmerhorst, B.J. Cohlen9, W.N.P. Willemsen, J.M.J. Smeenk, A.H.M. Simons, F. van der Veen, J.L.H. Evers, P.A. van Dop N.S. Macklon,  C.W. Burger
Human Reproduction 2011 First published online: October 26, 2011

Crédit Photo Creative Commons by cerfman17

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