samedi 3 décembre 2016

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Un “simple” accident ischémique transitoire cérébral peut réduire la durée de vie de 20%


Etre victime d’un accident ischémique transitoire (AIT), qui ne laisse aucune séquelle clinique, réduit la durée de vie d’environ 20% à 9 ans, révèle une étude clinique publiée dans la revue américaine Stroke.

Un accident ischémique transitoire est reconnu être prédictif de la survenue ultérieure d’accident vasculaire ischémique, qui eux auront des conséquences cliniques. Mais étant donné l’âge souvent avancé au cours duquel l’accident vasculaire transitoire survient, il n’était pas clair si leur survenue a une influence sur la durée de vie. “Les personnes qui font un AIT n’en mourront pas mais ils deviennent à haut risque de faire un accident vasculaire cérébral (AVC) ainsi que de développer d’autres problèmes de santé qui auront une répercussion sur leur durée de vie “explique le Professeur Melina Gattellari, de l’université de Sydney en Australie :  “Nos résultats suggèrent que les patients et les médecins doivent  faire attention à intensifier si nécessaire le traitement médical et corriger les habitudes de vie après un AIT”.

Les scientifiques australiens ont sélectionné 22 157 patients hospitalisés pour un AIT sur une durée de 7 années et ont analysé leur survie. Les hommes inclus dans l’étude avaient en moyenne 78 ans et les femmes 73 ans ; 23% des patients avaient moins de 65 ans et presque 20% avaient plus de 85 ans.

Un an après la période d’hospitalisation, 91,5% des patients étaient encore en vie. A 5 ans, 67,2% étaient en vie, soit une réduction de 13% de l’espérance de vie, une réduction qui atteignait 18,4% à 9 ans.

Analysés en fonction du sexe des patients, les résultats montrent une survie à 1 an de 96,9% pour les hommes et de 95,6% pour les femmes mais de 87,1% à 5 ans pour les hommes contre 86,5% pour les femmes.

Un âge plus avancé au moment de l’AIT s’associait avec réduction plus importante de la survie attendue : si cette réduction de la survie affecte peu les patients de moins de 50 ans au moment de l’AIT, elle touche surtout les patients de plus de 65 ans. Le risque de décès  est ainsi augmenté de 7,7 fois pour un AIT survenu entre 75 et 85 ans et  de 11 fois pour un AIT survenu après 85 ans, en comparaison avec les patients victimes de l’AIT avant 50 ans.

En éliminant les facteurs confondants comme l’âge ou le sexe, l’existence d’une insuffisance cardiaque ressort comme le facteur de risque principal de réduction de la survie en cas de survenue d’un AIT. La survenue préalable d’un accident vasculaire cérébral ou l’existence d’une fibrillation auriculaire (le coeur bat à une fréquence accélérée), doublent également le risque de mortalité. Ce risque de mortalité est également accru de 20 à 50% chez les patients ayant un maladie cardiaque ischémique (maladie coronaire, infarctus), une sténose des carotides, un diabète ou qui fument.

Ainsi, les résultats de cette étude démontrent la gravité d’un accident ischémique transitoire : 10% des patients décèdent au bout de 1 an, 30% à 5 ans et 50% à 9 ans. A 9 ans, cette mortalité est 20% plus importante qu’au sein d’une population sans AIT. C’est la première fois que l’influence de la survenue d’un AIT sur la mortalité est ainsi évaluée.

La correction des mauvaises habitudes de vie, le tabac, l’absence d’exercice physique (sédentarité), l’alimentation riche et grasse, comme un traitement efficace des pathologies cardiovasculaires sous-jacentes ont la capacité de réduire la survenue des accidents vasculaires et de leurs complications.

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Crédit Photo Creative Commons by Extra Medium

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