samedi 3 décembre 2016

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Infarctus : moins il y a de facteurs de risque, plus la mortalité est élevée

Alors que l’on pensait jusqu’alors que plus était important le nombre de facteur de risque cardiovasculaire, plus grande était le risque de mortalité après un infarctus,  une étude publiée dans la revue de cardiologie américaine JAMA, démontre exactement le contraire.  Même les patients hospitalisés pour infarctus ayant un faible nombre de facteurs de risque ont ainsi un risque majeur que leur infarctus soit mortel. Les résultats de l’étude ont été présentés au cours du congrès annuel de l’American Heart association à Orlando.

Des études précédentes avaient examiné la fréquence des facteurs de risque de la maladie coronaire. La maladie coronaire est une pathologie cardiaque qui se définie par l’obturation progressive des petites artères nourrissant le coeur : l’existence chez un patient de chacun des facteurs de risque rend plus probable et plus grave cette pathologie. Ont ainsi été reconnus par exemple comme facteur de risque, une hypercholestérolémie, un diabète, une hypertension artérielle, et le tabagisme. Ces études ne se sont cependant pas toutes intéressées à la mortalité des patients lorsque survenait l’infarctus, une complication fréquente de la maldie coronaire, causée par l’obturation complète d’une artère coronaire qui prive une partie du coeur de sang et entraine une nécrose. Mais déjà une étude avait montré une relation inverse entre le nombre de facteurs de risque et la mortalité des patients faisant un infarctus sans élévation du ST : moins il y avait de facteurs de risque, plus la mortalité était élevée.

Le cardiologue John G. Canto, de la Watson Clinic de Lakeland en Floride et son équipe ont recherché la présence de 5 facteurs de risque, hypertension, hypercholestérolémie, diabète, tabac et antécédent familial de maladie coronaire au sein d’une population de 542 008 patients hopitalisés pour un premier infarctus. Avant cet infarctus, ces patients n’avait  eu aucune complication cardiovasculaire de leur maladie coronaire.

Les scientifiques retrouvent que 14,4% des patients n’avaient aucun facteur de risque connu, 81% avaient entre 1 et 3 facteurs de risque et 4,5% avaient entre 4 et 5 facteur de risque.

Le facteur de risque le plus fréquent était l’hypertension artérielle retrouvée chez 52,3% des patients, suivi du tabagisme 31,3%, de la dyslipidémie 28%, et du diabète 22,4%. L’âge qui est en soi un facteur de risque, variait inversement au nombre de ces facteur de risque : l’âge moyen des patients sans facteur de risque était de 71,5 ans et l’âge moyen de ceux ayant 5 facteurs de risque était de 56,7 ans.

Sur les 542 008 patients hospitalisés pour infarctus, 50 788 sont décédés avant leur sortie de l’hôpital, soit environ 10%. La mortalité était totalement inverse au nombre total de facteurs de risque recherchés : La mortalité était de 14,9% chez ceux sans aucun facteur de risque, de 10,9% avee un facteur de risque, de 7,9% chez ceux ayant 2 facteurs de risque, de 5,3% avec 3 facteurs de risque, de 4,2% avec 4 facteurs de risque et de 3,6% avec 5 facteurs de risque. Ainsi alors que les facteurs de risque devraient prédire un risque plus important et donc l’accumulation des facteurs de risque un risque décuplé, l’étude démontre exactement le contraire.

Après ajustement pour l’âge et les différents autres facteurs confondant, les analyses retrouve un risque accru de mortalité de 54% chez les patients sans facteur de risque par rapport aux patients avec 5 facteurs de risque.

Ces résultats ne signifient pas qu’avoir des facteurs de risque est protecteur. Mais il faut en retenir ce que concluent les scientifiques, c’est à dire que l’absence de facteur de risque chez un patient ayant une maladie coronaire n’est pas du tout un gage de moindre risque ni bien sur de moindre mortalité. 

Source

Number of Coronary Heart Disease Risk Factors and Mortality in Patients With First Myocardial Infarction
John G. Canto, Catarina I. Kiefe, William J. Rogers, Eric D. Peterson, Paul D. Frederick, William J. French, C. Michael Gibson, Charles V. Pollack, Jr, Joseph P. Ornato, Robert J. Zalenski, Jan Penney, Alan J. Tiefenbrunn, Philip Greenland, for the NRMI Investigators
JAMA.2011;306(19):2120-2127

Crédit Photo  Creative Commons by  Lel4nd

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