Samedi 2 août 2014

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Comment améliorer la fonction sexuelle chez l’homme?

La dysfonction érectile est un problème de santé fréquent ayant un impact considérable sur la qualité de vie des hommes (et peut-être des femmes mais l’étude ne l’évoque pas). Elle se définit par l’incapacité d’atteindre ou de maintenir une érection permettant la satisfaction d’un rapport sexuel. Une étude menée au Etats-Unis a retrouvé une dysfonction érectile chez 52% des hommes de 40 à 70 ans : 17% ayant une dysfunction érectile mineure, 25,2% une dysfonction modérée et 9,6% une sévère. Une évaluation mondiale projette qu’en 2025, 322 millions d’hommes souffriront de dysfonction érectile à travers le monde avec une développement important dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud (Le viagra est déjà le premier médicament en chiffre d’affaire au Brésil).

Il existe pourtant des facteurs de risques modifiables de la dysfonction érectile. Ces facteurs de risque sont les mêmes que ceux des maladies cardiovascualaires : l’hypertension artérielle, le diabète, les troubles lipidiques, le syndrome métabolique, l’obésité, le tabac et la sédentarité. D’ailleurs, la dysfonction érectile est très fréquente chez les individus atteints de maladies cardiovasculaires.

Des modifications des habitudes de vies pourraient-elles aider à réduire une dysfunction érectile? C’était l’objet de cette étude publiée dans la revue Archives of Internal Medicine.

Les auteurs ont ré-analysés 6 travaux précédents, totalisant 740 patients. 374 participants ont modifié leurs habitudes de vie, 366 ne l’ont pas fait. Les hommes inclus avaient en moyenne 55 ans. Les modifications des habitudes de vie sont simples : arrêt du tabac, reprise d’une activité physique, amélioration de l’alimentation avec réduction des graisses et éventuellement du volume calorique ; une orientation vers le régime méditéranéen comme souvent recommandé dans la prise en charge des maladies cardiovasculaire étant l’option alimentaire la plus bénéfique (alimentation riche en fruits, en légumes, en céréales complètes, huile d’olive, poissons…).

Les analyses confirment que l’amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire obtenues par une amélioration des habitudes de vie fait régresser la dysfonction érectile. Ce résultat restait significatif y compris lorsqu’étaient soustraits les bénéfices des traitements médicaux de ces facteurs de risques ; antihypertenseur pour réduire la pression artérielle, statine pour réduire le cholestérol, ou médicament antidiabétiques. Etre traité médicalement pour ces facteurs de risque apportait une correction accrue de la dysfonction érectile.

Souvent les patients présentant une dysfonction érectile utilisent un traitement oral à base de phosphodiestérase. L’étude démontre que même chez les patients chez lesquels ces traitements médicamenteux ne sont pas efficaces, l’amélioration des habitudes de vies entrainant une réduction des facteurs de risque cardiovasculaires, est, elle,  bénéfique. Chez les participants de l’étude, l’activité physique était inversement corrélée à la dysfonction érectile : plus l’activité physique était restreinte, plus la dysfonction érectile était importante. Ceux qui pratiquaient 90 minutes d’activité physique par semaine réduisaient leur risque de dysfonction érectile de 30%.

Par ailleurs, les auteurs rappellent que toute détection d’une dysfunction érectile, étant donné sa proximité d’apparition avec des troubles cardiovasculaires chez l’homme d’âge moyen, doit être l’opportunité de réaliser un bilan cardiovasculaire. En cas de découverte d’une pathologie sous-jacente, la volonté d’améliorer une dysfonction sexuelle est un enjeux primaire qui peut aider à accepter un changement des habitudes de vie. Fini les hamburgers et les pizzas devant la télévision, pour vivre une longue vie sexuelle et combler sa partenaire, il faut bouger plus et manger mieux.

Source

The effect of lifestyle modification and cardiovascular risk factor reduction on erectile dysfonction
Bhanu P. Gupta, MD; M. Hassan Murad, MD; Marisa M. Clifton, MD; Larry Prokop, MLS; Ajay Nehra, MD; Stephen L. Kopecky, MD
Arch Intern Med. 2011;171(20):1797-1803. doi:10.1001/archinternmed.2011.440

 

Crédit Photo CReative Commons by nana untel

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