vendredi 30 septembre 2016

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Garder la forme, c’est plus important que perdre du poids pour s’assurer une très longue vie

Une nouvelle étude publiée dans la revue américaine Circulation, la revue officielle de l’American Heart Association démontre que conserver ou améliorer sa capacité d’exercice physique permet d’éviter les maladies cardiovasculaires et d’allonger la survie et cela de manière plus importante que la perte de poids, qui elle n’apporte pas de bénéfice de survie.

L’étude a été menée chez des 14 345 hommes jeunes, âgés en moyenne de 44 ans et appartenant à la classe moyenne américaine. Leur capacité physique était évaluée par un exercice bien codifié utilisé en cardiologie pour détecter une insuffisance coronaire, un test d’effort. Les participants faisaient donc ce test d’effort, un exercice pratiqué sur un tapis roulant, comme ceux présents dans certains club de gymnastique, mais selon un protocole bien établi de résistance et de vitesse du tapis, qui évoluent en fonction de la durée de l’effort. Tous les participants ont eu ce même test. Il permet d’évaluer très précisément la forme physique en fonction de l’intensité de l’effort fourni en aérobie. L’unité utilisée pour mesurer l’intensité d’une activité physique et la dépense énergétique est le MET, acronyme de Metabolic Equivalent of Task. Le MET est le rapport de l’activité sur la demande du métabolisme de base. Par exemple le sommeil réclame 0,9 MET et la course à pied à 17,5km/h réclame 18 MET. Plus l’intensité de l’activité est élevée, plus le nombre de MET est élevé.

L’indice de masse corporel était également évalué.

Ces deux paramètres, capacité d’effort et indice de masse corporel étaient suivi pendant une moyenne de 6,3 années et classifiés chacun en 3 catégories : stable, augmenté, diminué, entre le premier examen au début de l’étude et le dernier examen à la fin de l’étude.

L’étude, elle, a durée au total 11,4 années, tous les patients n’ayant pas été recrutés au même moment. Au cours de la durée de suivi, 914 participants sont décédés, dont 300 de pathologies cardiovasculaires.

Les scientifiques ont donc évalué si les risques de décès, quel qu’en soit la cause, et le risque de décès d’origine cardiovasculaire, étaient différents chez ceux qui avaient conservé une capacité d’effort stable ou l’avaient améliorée en comparaison à ceux dont la capacité d’effort s’était réduite.

Ils ont analysé de même les risque de décès en fonction des variations de l’indice de masse corporelle.

Les auteurs ont tenu compte des facteurs pouvant influencer les résultats comme l’indice de masse corporelle, le niveau de capacité d’effort à l’entrée dans l’étude, les antécédents familiaux, l’existence d’une hypertension artérielle, d’un diabète, d’un tabagisme, de l’âge..

Et les résultats sont intéressants même s’ils pouvaient être intuitivement devinés. Les scientifiques démontrent de manière formelle que comparé à ceux dont la capacité d’effort se réduit, ceux dont elle reste stable, ont un risque de décès réduit de 30% et un risque de décès de maladie cardiovasculaire (infarctus par exemple) réduit de 27%. Et les participants qui ont amélioré leur capacité d’effort, toujours en comparaison à ceux chez qui elle se réduit, bénéficiait d’une réduction de la mortalité toute cause de 39% et une réduction de 42% du risque de décès par une maladie cardiovasculaire.

Pour chaque MET gagné sur les 6 années de l’étude, les participants enregistraient une réduction de 19% du risque de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral et de 15% du risque de décès toute cause.

En revanche, les variations de l’indice de masse corporelle n’étaient pas associées à une modification du risque de décès, que l’on considère les décès toute cause ou uniquement d’origine cardiovasculaire.

Les scientifiques démontrent dans des analyses combinant la capacité d’effort et l’indice de masse corporel que “les hommes qui perdent de la capacité d’effort ont un risque de mortalité toute cause ou cardiovasculaire plus élevé quelque soient les variations de leur indice de masse corporelle ».

Améliorer ou maintenir sa capacité d’effort physique était donc associé à une moindre mortalité même en tenant compte de l’indice de mase corporel, alors que la perte de capacité d’effort physique s’associe à une plus forte mortalité quell que soit l’indice de masse corporelle.

Cette étude démontre clairement chez des patients en bonne santé et sans aucune pathologie cardiovasculaire au depart, que maintenir ou améliorer sa forme physique réduit la mortalité toute cause y compris la mortalité cardiovasculaire, la première cause de mortalité dans les pays développés. Faire en sorte de ne pas perte de capacité physique d’effort en pousuivant une activité physique régulière, en évitant le tabac, permet d’allonger la durée de vie et cela quelque soit l’indice de masse corporelle de chacun.

Ces résultats confirment le risque d’absence d’activité physique, ce que l’on peut encore appeller la sédentarité, sur la durée totale de vie et sur la survenue précoce d’acidents cardiovasculaires mortels. Maintenir son activité physique joue même un role préventif largement supérieur au maintient ou à la reduction de l’indice de masse corporelle. C’est don une bonne nouvelle pour ceux qui restent physiquement actifs. Il est recommandé de pratiquer 150 minutes d’activité physique par semaine au minimum. Et tant que l’activité physique est maintenue, on peut moins se soucier de son poids. A noter cependant que dans l’étude 90% des hommes avaient soit un indice de masse corporelle normal (inférieur à 25) soit étaient en surcharge pondérale (enre 25 et 30). D’autres études avaient montré le bénéfice de la perte de poids sur la mortalité chez les personnes obèses. Cette étude ne permet pas de contredire ces résultats du fait de la faible part de patients obèses à l’inclusion.

Source

Long-Term Effects of Changes in Cardiorespiratory Fitness and Body Mass Index on All-Cause and Cardiovascular Disease Mortality in Men. The Aerobics Center Longitudinal Study
Duck-chul Lee, Xuemei Sui, Enrique G. Artero, I-Min Lee, Timothy S. Church, Paul A. McAuley, Fatima C. Stanford, Harold W. Kohl III, Steven N. Blair
Circulation.2011; 124: 2483-2490

Crédit Photo Creative Commons by BenSpark


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