lundi 5 décembre 2016

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L’hôpital du Christ Sauveur Pantocrator, un hôpital moderne à Contantinople


Dans l’empire romain d’orient se développent des lieux d’accueils inconnus jusqu’alors, destinés aux pèlerins, aux voyageurs mais surtout aux malades. Parallèlement se développent des moyens de soulager, de guérir et de maintenir la santé avec la mise en place des premières notions générales d’hygiène.

Le premier hôpital que l’on connait, et qui contenait 300 lits, a été fondé en 373 av JC par Ephraïm suite à la famine qui ravagea la ville d’Edesse en Syrie. Dans l’orient Chrétien, à la même époque, Saint Basile fonde en Cappadoce une véritable cité hospitalière avec léproserie, auberges, laboratoires…C’est après qu’il soit devenu Pape qu’il décide de l’érection au même endroit d’une cathédrale et d’autres batiments. A l’époque bizantine, les hôpitaux sont tous annexés aux monastères. Les moines constituent le personnel soignant ; des instructions écrites sont données aux moines sur la manière de prodiguer des soins.

Sur les hauteurs de Constantinople, se dresse le monastère du Christ Pantocrator. C’est l’empereur en personne qui a fait rédiger le Typicon, le règlement intérieur. L’hôpital avait 50 lits, comprenait un secteur médical et un secteur chirugical pour soigner les blessures et les fractures. Des secteurs spécifiques étaient destinés au traitement des maladies ophtalmologiques, intestinales ou aiguëes. Tous les lits disposaient de matelats, d’oreillers et de couvertures. Certains lits étaient même percés pour que les maladies ne soient pas obligés de se lever pour d’aller aux toilettes. Des salles de bains étaient à disposition des maladies.

Le typicon, réglait également le reps des maladies hospitalises : 850 grammes de pain par jour, deux plats de légumes avec huile d’olives et oignons. Les maladies pouvaient boire du vin, mais ne disposaient pas de viande.

Deux médecins et 3 médecins assistants s’occupaient d’environ une dizaine de lits. Les médecins de la gynécologie étaient assistés d’une femme médecin et ed quatre medecins-assistantes. L’hôpital avait aussi deux médecins specialises en chirurgie et deux en médecine interne. Tous les médecins ne travaillaient pas en même temps mais étaient de sevice de garde durant un mois entier. La visite des malades était quotidienne. Des consultations externes étaient également organisées. Un infirmier qui n’était pas moine achetait l’huile pour les lampes, et du miel pour les preparations pharamceutiques. L’hôpital employait encore 5 pharmaciens, des blanchisseuses et un ensemble de corps de létiers indispensables ) la logistique de l’établissement, cuisiniers, boulangers, palefrenier, et…fossoyeurs.

Les bains réguliers faisaient partie des prescriptions médicales. Parmi les drogues utilisées, figurent l’hydrostatine, l’oxymeli, et le diospoli, connus depuis le IVe siècle. Des onguents et emplâtres étaient préparés. La chirurgie utilisait des bistouris pour la phlébotomie, des fers chauds pour la cautérisation, des sondes vésicales, des tenailles dentaires, des instruments pour la tête et pour l’estomac. On estime que les aliments, toujours prescrits, faisant partie du traitement. Ils excluaient rarement un aliment et apportaient selon des estimations modernes, environ 3300 kcal par jour.

Les médecins ne participaient pas en revanche à l’administration de l’hôpital où à la gestion de son financement. L’hôpital faisait partie d’un ensemble régit par le typicon et restait dépendant du monastère. C’est l’abbé de la communauté du Pantocrator qui assurait la gestion financière et juridique.

Le typicon régissait également la rémunération de médecins. Il leur interdit de recevoir tout  complément de rémunération pour les soins dispensés dans l’hôpital, sans interdire la médecine privée, mais en dehors.

Il est probable que de nombreux malades de l’hôpital Pantocrator étaient des personnes pauvres mais l’hôpital du pancreator avait été conçu pour toutes les classes socials. A proximité, avait été construit un hospice pour vieillard de 24 places. Le Typicon ne consacre que 42 pages à la description de ses r!gles contre 442 pour l’hôpital du Pancreator, marquant la difference d’importance des deux lieux.

On voit que quelques centaines d’années après la naissance du Christ, la notion d’hôpital était déjà proche de la conception que nous en avons à ce jour.

Source

Les institutions hospitalières de Byzance et l’hopital du monastère du Christ sauveur pantocrator de Constantinople
Georges Androutsos, Marianna Karamanou , Aristomenis Matsaggas
Faculté de médecine, université d’Athènes, service d’histoire de la médecine, Athènes, Grèce
La Presse Medicale 2011

Lire aussi :

Les hôpitaux byzantins: entre modernité et flexibilité
Beatrice Caseau

“Les hôpitaux byzantins: modernité et flexibilité”, Les établissements hospitaliers en France du Moyen âge au XIXe siècle. Espaces, objets et populations, éd. S. Le Clech-Charton, Dijon, 2010, p. 221-234

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