vendredi 30 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Quelle est la découverte majeure de l’année 2011 selon la revue Science?

L’Association Américaine pour l’Avancée des Sciences a désignée comme découverte fondamentale de l’année 2011 une étude démontrant que traiter les patients HIV par des anti-rétroviraux réduisait de 96% le risque de transmission du virus à leurs partenaires. Cette association édite le prestigieux journal scientifique Science.

Cette découverte clos définitivement le débat de savoir si oui ou non les antirétroviraux offrait un bénéfice double,  celui tout d’abord de limiter l’invation par le virus du sida mais aussi réduire le risque de transmission. Il est dorénavant prouvé que les antirétroviraux ont un rôle non seulement thérapeutique mais également préventif dans la lutte contre le virus du sida.

Myron Cohen de l’école de médecine de l’université de Caroline du Nord et une équipe de scientifique internationaux avaient débuté cette étude , connue sous le nom de  HPTN 052 study, en 2007 en incluant 1763 couples hétérosexuels de différentes pays: Brésil, Inde, Thailande, USA, Botwana, Kenya, Malawi, Afrique du Sud et Zimbabwe. Chacun des couples inclus dans l’étude avaient un partenaire infecté par le HIV.

La moitié des couples a immédiatement été traité par antirétroviraux et l’autre moitié seulement lorsque le nombre de cellules CD4 tombait en dessous de 250, la pratique thérapeutique en vigueur jusqu’alors (un nombre de CD4 en dessous de 200 signale le déclenchement de la maladie).

Suite au bénéfices extraordinaires des antirétroviraux en terme de prévention de la contamination par le HIV, au cours de l’année 2011, le bureau indépendant suivant cette étude a émis une décision importante : tous les patients HIV qui ont un partenaire non infecté doivent être traités par antirétroviraux. Les résultats de l’étude ont été publié en août 2011 dans la revue américaine The New England Journal of Medicine.

Utiliser des antirétroviraux était déjà efficace pour réduire la charge virale et de nombreux scientifiques avaient alors émis l’hypothèse qu’ils devaient en conséquence réduire également le risque de transmission du virus HIV. Mais tant qu’une hypothèse scientifique n’est pas prouvée, il reste des sceptiques. L’étude HPTN 052 leur a démontré le bien-fondé de cette hypothèse. Il est cependant toujours complexe d’appliquer une découverte fut-elle fondamentale : aujourd’hui seulement 52% des patients dans le monde qui nécessitent ce traitement l’obtiennent. Ce problème est plus lié à un manque d’infrastructure qu’au prix des médicament. Science a voulu récompenser ce travail car c’est celui qui a le lus modifié les comportements scientifiques au cours de l’année 2011.

Les neufs autres travaux en compétition étaient les suivants :

La Mission Hayabusa : Après avoir connu d’immense problèmes techniques, la navette spaciale Japonaise  est revenue sur terre avec à son bord des cendres de la surface d’un grand astéroïde de type S. Ces cendres représentent le premier échantillon de matière planétaire rapportée depuis 35 ans et leur analyse a confirmé que la plupart des météorites retrouvées sur terre sont issus d’astéroïdes de types S.

Eclaircir les origines de l’homme: En étudiant le code génétique d’hommes anciens et modernesStudying the genetic code of both ancient and modern human beings, des chercheurs ont découvert que de nombreux êtres humains actuels portent des variants génétiques d’hommes archaïques tels que le mystérieux Denisovans en Asie ou ces ancètres encore non-identifiés d’Afrique. Une étude publiée cette année a révélé comment les humains archaïques ont vraisemblablement façonné nos systèmes immunitaires modernes, et une analyse des fossiles de l’Australopithecus sediba d’Afrique du Sud a montré que ces anciens hominidés possédaient à la fois des traits primitifs et modernes.

Capture d’une protéine photosynthétique : Des chercheurs Japonais ont cartographié la structure des protéines du système de photosynthèse II, que les plantes utilisent pour décomposer l’eau en hydrogène et en oxygène.  L’image cristalline révèle l’orientation spécifique des atomes à l’intérieur de la protéine. Maintenant, les scientifiques ont accès à cette structure catalytique qui est essentiel à la vie sur Terre qui pourrait également être la clé d’une puissante source d’énergie propre.

Du gaz emprisonné dans l’espace: Les astronomes utilisant le télescope Keck à Hawaï, pour sonder l’univers lointain ont découvert deux nuages d’hydrogène qui semblent avoir maintenu leur chimie originelle pendant deux milliards d’années après le Big Bang. D’autres chercheurs ont identifié une étoile qui est presque totalement dépourvue de métaux : on pense que les toutes premières étoiles de l’univers étaient ainsi, mais qui a formébeaucoup plus tard. Ces découvertes montrent que des poches de matière sont restées indemnes malgré des éons de violence cosmique.

Apprendre à connaître le microbiomeLes recherches sur les innombrables microbes qui habitent dans l’intestin humain ont démontré que chacun d’entre nous possède une bactérie dominante dans son tube digestif : Bactéroides, Prevotella ou Ruminococcus. Des études ont révélé que l’une de ces bactéries se développe grâce à un régime riche en protéines tandis qu’une autre est favorisée par une alimentation végétarienne. Ces résultats ont aidé à clarifier l’interaction entre l’alimentation et les bactéries dans la nutrition et la survenue de maladies.

Un vaccin antipaludéen prometteur : Les premiers résultats de l’essai clinique d’un vaccin contre le paludisme, appelé RTS, S, et qui a recruté plus de 15.000 enfants de sept pays africains, a rassuré les chercheurs sur le fait qu’un vaccin contre le paludisme reste possible.

Un étrange système solaire : Cette année, les astronomes ont obtenu leur premières photographies de plusieurs systèmes planétaires lointains et ont pu y observé des phénomènes étranges. Tout d’abord l’observatoire Kepler de la NASA à identifié un système d’étoiles avec des planètes tournant en orbite d’une manière que nos modèles scientifiques sont incapables d’expliquer aujourd’hui. Ensuite, les chercheurs ont découvert une géante gazeuse prise dans une orbite  “rétrograde”, une planète en orbite autour d’une étoile double, et 10 planètes qui semblent flotter librement dans l’espace : tous ces phénomènes sont impossibles dans notre système solaire.

Des zéolites plus efficaces : Les zéolithes sont des minéraux poreux qui sont utilisés comme catalyseurs et comme tamis moléculaires pour convertir le pétrole en essence, purifier l’eau, filtrer l’air, et produire des détergents à lessive. Cette année, les chimistes ont créé une nouvelle gamme de zéolithes qui sont moins chers, plus minces et plus efficaces pour traiter les grosses molécules organiques.

Eliminer les cellules âgées : Des expériences ont montré qu’éliminer les cellules sénescentes, ou celles ayant arrêté de se diviser, au sein même des organes de souris, permet de retarder les symptômes du vieillissement comme la cataractes et la faiblesse musculaire. Les souris dont les organes ont été débarrassés de ces cellules sénescentes n’ont pas vécu plus longtemps que les autres non traitées, mais ont vécu mieux avec moins de complications de la vieillesse, fournissant aux chercheurs un espoir d’être un jour capables de prolonger le vieillissement harmonieux de l’homme.

Source

Science’s Breakthrough of the Year: HIV Treatment as Prevention
Brandon Bryn 22 December 2011

Prevention of HIV-1 Infection with Early Antiretroviral Therapy
Myron S. Cohen, M.D., Ying Q. Chen, Ph.D., Marybeth McCauley, M.P.H., Theresa Gamble, Ph.D., Mina C. Hosseinipour, M.D., Nagalingeswaran Kumarasamy, M.B., B.S., James G. Hakim, M.D., Johnstone Kumwenda, F.R.C.P., Beatriz Grinsztejn, M.D., Jose H.S. Pilotto, M.D., Sheela V. Godbole, M.D., Sanjay Mehendale, M.D., Suwat Chariyalertsak, M.D., Breno R. Santos, M.D., Kenneth H. Mayer, M.D., Irving F. Hoffman, P.A., Susan H. Eshleman, M.D., Estelle Piwowar-Manning, M.T., Lei Wang, Ph.D., Joseph Makhema, F.R.C.P., Lisa A. Mills, M.D., Guy de Bruyn, M.B., B.Ch., Ian Sanne, M.B., B.Ch., Joseph Eron, M.D., Joel Gallant, M.D., Diane Havlir, M.D., Susan Swindells, M.B., B.S., Heather Ribaudo, Ph.D., Vanessa Elharrar, M.D., David Burns, M.D., Taha E. Taha, M.B., B.S., Karin Nielsen-Saines, M.D., David Celentano, Sc.D., Max Essex, D.V.M., and Thomas R. Fleming, Ph.D. for the HPTN 052 Study Team
N Engl J Med 2011; 365:493-505 August 11, 2011

Photo : site web du Journal Science

Articles sur le même sujet