samedi 3 décembre 2016

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Les marins de Christophe Colomb, de retour du “Nouveau Monde”, auraient bien apporté la Syphilis en Europe

Une nouvelle étude menée sur les origines de la syphilis supporte la théorie selon laquelle les navires revenant du nouveau monde, dont la voie avait été ouverte par Christophe Colomb, auraient rapporté la Syphilis en Europe.

Ce qui est acquis pour l’instant est qu’il n’existe pas de trace patente de la syphilis en Europe avant 1492, date de la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb. Pourtant, après 1495, la maladie ne cessera de faire parler d’elle.

La première “épidémie” historique de la syphilis survient au cours de la Renaissance, en 1495, quand elle touche l’armée du roi français Charles VIII, forte de 15 000 hommes et 15 000 cavaliers, qui avait envahi Naples. A cette époque Alexandre VI, un Borgia est sur le trône du Vatican. Il semble que cette épidémie de syphilis fut très meurtrière puisque Charles VIII ne reparti de Naples, où il ne rencontra jamais de résistance, avec seulement 9000 hommes. De cette épopée vient un des surnoms de la Syphilis donné par les Français, le “mal de Naples”. Pour les italiens, il s’agit du “mal Français”.

Deux hypothèses principales s’affrontent pour expliquer l’origine de la syphilis. La première et la plus ancienne, est que la maladie ait été apportée du Nouveau Monde par les marins des navires de Christophe Colomb dont il est établi que certains participèrent à l’expédition de Charles VIII. Mais en 1963, une autre hypothèse selon laquelle le tréponème pâle, l’agent de la syphilis découvert en 1905, provient d’un autre tréponème, le Treponema caracteum ayant également engendré le Treponema pallidum sub species endemicum également nommé bejel, une maladie de peau non vénérienne, bien connue en Afrique.

En 2008, une étude se fondant sur l’étude génétique de différentes souches Treponema pallidum tend cependant à prouver que le plus proche «parent» de Treponema pallidum pallidum, l’agent de la syphilis, est la souche américaine de Treponema pallidum pertenue, l’agent d’une tréponématose cutanée, le pian, transmissible par simple contact cutané. Cette sous-espèce aurait migré avec les marins de Christophe Colomb en Europe et une mutation aurait transformé son pouvoir pathogène et son mode de transmission et, ainsi, aurait produit T. pallidum pallidum, agent de la syphilis. Cette mutation aurait pu apparaitre du fait des changements climatiques subis par la bactérie qui a voulu s’adapter à un climat plus froid.

Une équipe de l’université Emory d’Atlanta, spécialisée dans l’étude des squelettes, conclue dans un article publiée par la revue American Journal of Physical Anthropology, qu’effectivement aucune trace de l’existence de la syphlis sur les reste humains tels que les squelettes n’a pu être retrouvé., y compris parmi les squelettes auparavant considérés comme témoignant de la syphilis.

En effet, ce squelettes censés porter les traces de la syphilis tels que des trous sur le crâne ou les os longs avaient été mal datés du fait de la consommation de coquillages qui avait modifié la teneur en collagène des squelettes.

Pour la première fois, les scientifiques ont examinés 54 rapports d’analyses de squelettes anciens, antérieurs à 1492, de manière systématique et n’ont pu retrouver aucune trace qu’aurait pu laisser la bactérie. Ils ont également démontré que beaucoup de ces rapports, qui avaient servi à innocenter l’implication des marins de Christophe Colomb dans l’émergence de la syphilis en Europe, avaient injustement diagnostiqué une syphilis en utilisant des méthodologies non spécifiques. Et dans les cas des 16 rapports où effectivement des traces patentes de syphilis avaient été retrouvées, les scientifiques ont pu déterminer que ces squelette provenaient d’hommes ayant vécu le long des côtes, rendant leur datation au carbone 14 complexe du fait de la consommation de crustacés (les crustacés absorbent effectivement de l’eau de mer qui contient du carbone datant de plusieurs milliers d’années). Ces squelettes étaient donc injustement datés et en fait postérieurs au retour de Christophe Colomb en Europe.

Ainsi cette nouvelle étude tend une nouvelle fois à accréditer la thèse selon laquelle Christophe Colomb et ses 90 marins, rentrèrent du Nouveau Monde en 1493, porteurs d’une bactérie qui, en mutant, donna naissance au tréponème pâle, vecteur de la syphilis.  On se rappellera cependant que Christophe Colomb lors de son premier voyage n’accosta que certaines îles des caraïbes, San Salvador, Cuba, Haïti…

Source

The origin and antiquity of syphilis revisited: An Appraisal of Old World pre-Columbian evidence for treponemal infectionKristin N. Harper, Molly K. Zuckerman, Megan L. Harper, John D. Kingston, George J. Armelagos
American Journal of Physical Anthropology Supplement: Yearbook of Physical Anthropology Volume 146, Issue Supplement 53,pages 99–133, 2011

Crédit Photo Wikipedia Christopher Colombus first voyage 1492-1493 map-fr.svg

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