Samedi 25 octobre 2014

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Le déclin cognitif chez des fonctionnaires est déjà évident entre 45 et 49 ans

L’accroissement de la durée de vie modifie profondément la structure des populations du fait de l’augmentation du nombre de personnes âgées, ce qui, à son tour, influence la vie de individus et des sociétés. La réduction des capacités cognitives est peut-être une des conséquences les plus invalidantes du vieillissement chez la personne âgée, et si l’on sait que ces capacités décroissent avec l’âge, il n’est pas encore déterminé à partir de quel âge les fonctions cognitives débutent leur déclin.

Des auteurs franco-anglais ont donc cherché à déterminer au mieux l’âge de début du déclin cognitif, ou encore, l’âge auquel les fonctions cognitives atteignent leur plus haut avant de décliner. Pour cela, ils ont utilisé un groupe de 10 308 anglais constitué en 1985 pour réaliser des études (groupe Whitehall II). 78% ont accepté de participer à cette nouvelle évaluation clinique. Tous les participants sont des fonctionnaires (dont certains retraités), de différents grades, puisque le niveau de salaire variaient de 1 à 10 au sein de cette population. Ils ont été séparés en 5 groupes d’âge croissant : 45-49, 50-54, 55-59, 60-64, 65-70. Au total, 7390 personnes, soit 5198 hommes et 2192 femmes ont participé à l’étude. 63% avaient des données complètes utilisables à la fin des 10 ans.

Afin d’évaluer l’évolution de leur fonction cognitive, une batterie de tests a été réalisée par chacun des participants aux cours de 3 rencontres menées sur une période de 10 ans. Etaient évaluées les capacités de raisonnement, de mémoire, de fluence phonétique, de fluence sémantique et de vocabulaire. Le premier test servant de référence a été réalisé entre 1997 et 1999.

Les scientifiques constatent en premier lieu un déclin d’autant plus important que l’âge est avancé, en particulier chez les hommes. Par exemple, le déclin des capacités de raisonnement chute de -3,6% chez les hommes de 45-50 ans sur une période de 10 ans : au cours de la même période de temps, ce déclin atteint -9,6% chez les hommes de 65-70 ans. Chez les femmes de 45-50 ans, le déclin est de -3,6% sur 10 ans et de -7,4% chez celles âgées de 65-70 ans, toujours sur une période de 10 ans. Les résultats de tous les tests montrent un déclin chez les hommes et les femmes mis à part concernant le vocabulaire.

La population sélectionnée n’est pas représentative de la population générale notent les auteurs  : elle est constituée en majorité de « cols blanc », tous fonctionnaires, ayant un emploi relativement stable, et comptant 2/3 d’hommes. Ces résultats ne peuvent donc s’étendre aux autres populations.

L’âge de début du déclin cognitif reste sujet à de nombreux débats. Plusieurs travaux récents indiquaient un début avant 60 ans, avec en particulier un déclin minime avant 55 ans. Les auteurs retrouvent dans cette étude, menée chez des fonctionnaires, un déclin cognitif apparaissant au sein d’une population mixte âgée de 45 à 49 ans. L’étude ne peut affirmer que ce soit le début du déclin cognitif, n’ayant pas de catégories plus jeunes sans déclin.

On estime aujourd’hui que l’altération cognitive peut aboutir à la démence après un long processus de 20 à 30 ans, ce qui montre pour certains scientifiques l’importance d’une action préventive précoce. Des facteurs de risques certains de démence sont clairement identifiés tels que l’obésité, l’hypertension artérielle, et l’hypercholestérolémie, tous des facteurs de risque également des maladies cardiovasculaire et  l’adage « ce qui est bon pour votre cœur est aussi bon pour votre tête », est de plus en plus d’actualité.

De prochaines études doivent identifier les déterminants du déclin cognitif et déterminer dans quelle mesure la trajectoire cognitive d’un individu est modifiable. Déterminer l’âge auquel une intervention clinique est nécessaire est un prochain pas crucial que la science doit franchir.

Source

Timing of onset of cognitive decline : result from Whitehall II prospective cohort study
Archana Singh-Manoux, Mika Kivimaki, M Maria Glymour, Alexis Elbaz, Claudine Berr, Klaus P Ebmeier, Jane E Ferrie, Aline Dugravot
BMJ 2012;344:d762
Crédit Photo Creative Commons by julien

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