samedi 3 décembre 2016

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Pour les scientifiques, le point G reste introuvable

Le point G existe t-il vraiment? Le public semble en être convaincu. En tout cas, pour les médias, le point G est une zone bien caractérisée capable de provoquer une stimulation sexuelle extrême chez la femme.

Pourtant, parmi les scientifiques le doute persiste encore. L’objectif de cette article publié dans la revue, The Journal of Sexual Medicine, était de faire le point (!) sur les preuves scientifiques supportant ou réfutant l’existence d’un point G, c’est à dire d’une zone érogène spécifique au sein de l’anatomie féminine.

Les scientifiques ont recherché tous les articles scientifiques référencés entre 1950 et 2011 comportant comme mots clés, “point-G”, “point de Grafenberg”, “innervation vaginale”, “orgasme féminin”, “zone érogène de la femme” et “éjaculation féminine” (la recherche de ces mots s’est effectuée en anglais).

La littérature médicale comporte des dizaines d’essais cliniques qui ont tenté de confirmer l’existence d’un point G en réalisant des questionnaires, en évaluant des spécimens pathologiques, en menant des études d’imageries ou de marqueurs biologiques. Au total plus d’une centaine d’étude ont été analysées par les scientifiques : Les questionnaires déterminent que les femmes croient effectivement en l’existence d’un point G, même si routes ces femmes n’étaient pas capables d’en préciser la localisation. Les tentatives de caractérisation de l’innervation vaginale ont bien montré quelques différences dans la distribution nerveuse au sein du vagin, mais ces différences ne sont pas universellement reproductibles. Et les études radiologiques ont été incapables de déterminer une autre entité que le clitoris, dont la stimulation est capable d’entrainer un orgasme vaginal.

Des chercheurs britanniques ont étudié 1800 femmes, toutes ayant une vraie ou une fausse jumelle. Si le point G existait, il aurait du être retrouvé chez chacune. Cela n’a pas été le cas. A cela, les opposants répondent que le point G n’est pas une question de génétique mais d’utilisation.

Pour le principal auteur, le Docteur Amichai Kilchevsky, un urologue de l’hôpital Yale-New Haven, “les mesures objectives n’ont pas réussi  à apporter de preuves solides de l’existence d’un site anatomique qui pourrait être le point G”.

En conséquence, la science confrontée aux témoignages de l’existence d’une zone extrêmement sensible qui pourrait être située à la face antérieure distale du vagin soulève la question de savoir si les techniques d’investigations mises en œuvre pour le rechercher ont été suffisantes.

Source

Is the Female G-Spot Truly a Distinct Anatomic Entity?
Amichai Kilchevsk, Yoram Vardi, Lior Lowenstein, Ilan Gruenwald
The Journal of Sexual Medicine Article first published online: 12 JAN 2012

Crédit Photo Creative Commons by Quasimondo

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