lundi 5 décembre 2016

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La définition de l’autisme va changer et risque de rejeter de nombreux patients en dehors des options thérapeutiques actuelles

Les modifications proposées de la définition de l’autisme risquent de profondément modifier le nombre d’enfants diagnostiqués autistes : Il est donc probable que de nombreux enfants soient “psychiatriquement” classés dans un no man’s land thérapeutique entre normalité et autisme, n’ayant plus accès aux services d’éducations ni aux services sociaux les prenant actuellement en charge.

Un panel d’expert de l’American Psychiatric Association prépare en ce moment la cinquième édition du DSM, le classement des maladies mentales (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), un travail servant de référence dans le monde entier mais qui n’avait pas subi de mise à jour majeure depuis plus de 17 ans. Actuellement est utilisé le DSM IV, la quatrième édition.

Poser un diagnostic d’autisme repose effectivement sur des critères nombreux mais qui manquent parfois de précision, une faille qui aurait contribué à gonfler artificiellement le nombre de cas d’autisme aux Etats-Unis et dans le monde, où certaines régions comme la Californie rapportent qu’un enfant sur 100 né dorénavant autiste.

Dans les pays où l’Etat met à la disposition des parents d’enfants autistes, des financements et une prise en charge, cette nouvelle définition de l’autisme, qui tracera une ligne franche en “normalité” et “autisme” pourrait aller jusqu’à provoquer chez les parents le souhait que leur enfant soit bien du côté pathologique de la ligne afin de continuer à bénéficier des aides et du soutien nécessaire à leur enfant.

La proposition du panel de psychiatres a été présentée à un congrès médical en Islande et les changements proposés sont tellement importants qu’ils mettront un point final à l’augmentation du nombre d’enfants « autistes » selon certains scientifiques.  Les travaux du DSM V seront achevés en décembre 2012.

Alors qu’aujourd’hui l’«autisme»,  le «syndrome d’Asperger» et  le « trouble envahissant du développement non spécifié (PDD-NOS) », sont considérés comme des pathologies proches mais différentiées, le DSM V va réunir l’ensemble sous un seul diagnostic d’«autisme» (autism spectrum disorder), éliminant le syndrome d’asperger et le PDD-NOS du grand livre des pathologies psychiatriques.

Pour recevoir un diagnostic d’autisme, un individu devra présenter au moins 6 troubles comportementaux sur 12 troubles listés : il devra par ailleurs souffrir de 3 déficits d’interactions sociales et de 2 comportements répétitifs.

Quelles conséquences peut-on envisager par rapports aux diagnostics tels qu’ils sont actuellement posés? Des scientifiques de l’université de Yale, ont ré-analysé une étude de 1993 ayant inclus 372 enfants en appliquant les nouveaux critères du DSM V : 45% des enfants inclus en 1993 avec les critères du DSM IV ne seraient pas inclus avec  les critères du DSM V, ne présentant plus les critères d’un diagnostic d’autisme : les ¾ des patients ayant reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger ne seront pas considérés comme « autistes » ainsi que 85% de ceux ayant reçu une diagnostic de trouble envahissant du développement non spécifié.

Comment cela se traduira-t-il en France où déjà la prise en charge efficace de l’autisme fait défaut?

Voir les documents sources (en anglais) :

Source

New Definition of Autism Will Exclude Many, Study Suggests
Benedict Carey
New York Times January 19, 2012

Crédit Photo Creative Commons by BC Gov Photos

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