lundi 26 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Infection orale à HPV : plus fréquente si plus de 20 partenaires sexuels, ou plus de 20 cigarettes par jour

Une infection orale par certains virus HPV (Human Papilloma Virus) est incriminée dans la survenue de cancers de la tête et du cou, les carcinomes à cellules squameuses. Quand ils sont HPV+, ces cancers sont associés à un comportement sexuel particulier tandis que quand ils sont HPV-, ils sont associés à une consommation excessive d’alcool et de tabac. Ce sont dans 90% des cas des virus HPV-16 qui sont retrouvés associés à ces cancers (les HPV-16 sont également associés au cancer du col chez la femme). Le nombre de cancers squameux de la tête et du cou HPV+ aurait augmenté de 225% entre 1988 et 2004, tandis que, dans le même temps, les mêmes cancers HPV- auraient diminué de 50%. Il était donc important de réaliser une véritable étude épidémiologique visant à évaluer réellement le nombre de porteurs de virus HPV au sein des populations féminines et masculines. L’étude a été menée aux Etats-Unis et ne présage pas de la répartition de ces même virus au sein des autres pays.

Les populations au sein desquelles cette recherche de virus HPV était menée, étaient âgées de 14 à 69 ans. Les préférences sexuelles étaient recherchées : âge du premier rapport sexuel, nombre de partenaires, sexe oral, anal, vaginal, sexualité avec partenaires du même sexe, etc. 37 différents virus HPV étaient recherchés par prélèvement oral, à la fois des virus HPV estimés à haut risque et à faible risque de cancer de la tête et du cou. 5579 hommes et femmes ont participé à l’étude.

Au total, 6,9% de la population a été retrouvée positive pour au moins un virus HPV, 3,7% pour les virus HPV jugés à haut risque et 3,1% pour les virus HPV à faible risque. Parmi les virus HPV à haut risque, le plus fréquent était le virus HPV-16 (1%-48 cas). Parmi les virus HPV à faible risque, le plus fréquent était le virus HPV-62 (37 cas).

Un premier pic de prévalence (fréquence dans la population étudiée) était identifié entre 30 et 34 ans (7,3%) et un second entre 60 et 64 ans (11,4%). Les hommes étaient globalement plus fréquemment porteurs d’un virus HPV que les femmes (10,1% versus 3,6%). Ils étaient également plus fréquemment porteur de HPV-16 que les femmes (5 fois plus fréquents ; 1,6% versus 0,3%). Une infection HPV était également plus fréquente chez les fumeurs de tabac, de marijuana et chez les gros consommateurs d’alcool.

La prévalence d’une infection par un virus HPV était 8 fois plus importante chez ceux ayant eu déjà un rapport sexuel par rapport à ceux n’en ayant eu aucun. Elle augmentait avec l’âge, le nombre de partenaires sexuels, les rapports vaginaux ou oraux. Une personne sur 5 ayant eu plus de 20 partenaires a été retrouvée porteur d’un virus HPV.

Ainsi, la fréquence de l’infection par le virus HPV au niveau oral peut-être estimé à environ 7% dans la population américaine, soit légèrement moins que la fréquence du HPV au niveau génital. La prévalence du HPV-16, le virus le plus souvent retrouvé au sein de certains cancers de la tête et du cou, atteint 1% chez les hommes et les femmes, mais de manière 5 fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme. 20% de ceux ayant au moins eu 20 partenaires sexuels ou fumant plus de 20 cigarettes par jour présentent une infection à HPV. L’association entre tabac et HPV est plus fréquente chez les femmes. La voie de transmission reste essentiellement sexuelle : elle est 8 fois plus fréquente chez ceux ayant eu des rapports sexuels en comparaison à ceux n’en ayant pas eu.

S’il existe un vaccin dirigé contre certains virus HPV dont le HPV-16, son efficacité pour réduire le risque d’infection orale par le HPV reste inconnu. Toutefois, seulement 48 personnes ont été retrouvées porteuses d’un virus HPV-16 dans l’ensemble de l’étude.

Source

Prevalence of oral HPV infection in the United-States, 2009-2010
Maura L. Gillison, Tatevik Broutian, Robert K. L. Pickard, Zhen-you Tong, Weihong Xiao, Lisa Kahle, Barry I. Graubard, Anil K. Chaturvedi
JAMA.Published online January 26, 2012

Crédit Photo Creative Commons by halseike

Articles sur le même sujet