Vendredi 22 août 2014

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La pollution de l’air accélère le déclin cognitif et augmente le risque d’accident vasculaire cérébral

La pollution de l’air et en particulier les particles fines, des particules de faible diamètre, PM 2,5 à PM 10, ont une nocivité pulmonaire et vasculaire reconnue: il a été démontré qu’elles augmentent le risque de survenue de maladies cardiovasculaires et accroissent la mortalité. Leur effets sur le cerveau sont aujourd’hui moins identifiés. Ces microparticlules sont en particulier relarguées par les industries et les véhicules automobiles diesels. Les habitants des viles, et ceux vivant à proximité des grands axes routiers sont particulièrement exposés. Deux études publiées dans la revue Archives of Internal Medicine mettent en lumière la nécessité accrue de lutter contre cette pollution.

La première étude a évalué les effets d’une exposition prolongée aux particules de 2,5 à 10 µm, et celles dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm, sur le déclin cognitif. La population étudiée était constituée de femmes âgées de 70 à 81 ans.Leurs expositions précise aux particules fines a été chiffrées sur les 7 à 14 ans précédent et sur le mois précédent, en fonction de leur lieu de résidence.

La fonction cognitive de chacune des participantes était évalué de manière régulière tous les deux ans par des tests de connaissance générales, d’évaluation de la mémoire verbale, de l’attention, de la mémoire de travail et de la fluente verbale.

Les résultats démontrent que plus le niveau d’expositions aux particules PM 2,5 à PM 10 est élevé, et plus cette exposition est prolongée dans le temps, plus le déclin cognitive de ces femmes est accéléré. Les auteurs constatent que pour chaque tranche de niveau de pollution de 10-μg/m3, la trajectoire de vieillissement cognitif est similaire entre celles étant exposées et celles non exposées à la pollution mais ayant deux années de plus. Les auteurs mettent ainsi en évidence que chaque accroissement d’exposition de 10-μg/m3 supplémentaires, est équivalent à altéré le vieillissement de la fonction cognitive de 2 ans.

La seconde étude a évalué l’effet de la même pollution sur la survenue d’accident vasculaire cérébral, une ischémie ou hémorragie cérébrale brutale causant décès, paralysies des membres et/ou de la face, potentiellement non réversibles, et créant souvent des handicaps majeurs

Les scientifiques ont inclus 1705 patients hospitalisés à Boston pour un accident vasculaire cérébral et ont évalué leur exposition aux particules fines dans les jours et les heures ayant précédées l’évènement.

Ils démontrent qu’une exposition, aujourd’hui considérée comme modérée, de l’exposition aux particules PM 2,5, évaluées selon les mesures de la pollution aérienne entre 15 et 40 µg/m3, a accru de 34% de risque d’accident vasculaire cérébral ischémique par rapport à une pollution < 15 µg/m3. Le risque causé par cette pollution a été mesuré pour une exposition uniquement de 24 heures ce qui témoigne du danger parfois brutal de cette pollution qui peut évoluer par pics bien plus élevés. Les scientifiques démontrent que le risque d’accident vasculaire cérébral primaire, c’est à dire un première survenue, chez une personne auparavant sans antécédent, augmente de 11% pour chaque augmentation de 6.4 µg/m3 Ade la pollution aux PM 2,5.

Ainsi non seulement cette étude démontre le risque d’accroissement des accidents vasculaires cérébraux liés aux particules fines, mais aussi que ce risque est déjà extrêmement fort pour des valeurs considérées aujourd’hui comme des limites “tolérables” par les gouvernements, qui sont souvent malheureusement dépassées. Les seuils de pollution aérienne fixées par les autorités non donc plus aucune valeur sanitaire de protection des populations et doivent être réduites drastiquement. Par exemple les parisiens ont été soumis à des taux de PM 2,5 en moyenne de 30 µg/m3S au cours de l’année 2009 et 2010. Les chiffres de 2011 et 2012 ne sont pas publiés.

Ces études confirment que l’échec ou l’absence d’intérêt  de la ministre des transportes et de l’environnement, Kosciusko Morizet à améliorer la qualité de l’air dans les agglomérations comme le long des grands axes routiers par une politique efficace, aura des conséquences sur la santé des français, conduisant plus rapidement les plus âgés vers le déclin cognitif et favorisant la survenue de nombreux accidents vasculaires cérébraux. 

Source

Exposure to Particulate Air Pollution and Cognitive Decline in Older Women
Jennifer Weuve, MPH, ScD; Robin C. Puett, MPH, PhD; Joel Schwartz, PhD; Jeff D. Yanosky, MS, ScD; Francine Laden, MS, ScD; Francine Grodstein, ScD
Arch Intern Med. 2012;172(3):219-227

Ambient Air Pollution and the Risk of Acute Ischemic Stroke
Gregory A. Wellenius, ScD; Mary R. Burger, MD; Brent A. Coull, PhD; Joel Schwartz, PhD; Helen H. Suh, ScD; Petros Koutrakis, PhD;Gottfried Schlaug, MD, MPH; Diane R. Gold, MD, MPH; Murray A. Mittleman, MD, DrPH
Arch Intern Med. 2012;172(3):229-234

Crédit Photo Airparif

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