mercredi 28 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Pas de risque accru d’invagination intestinale chez le nourrisson après vaccination par le Rotateq

Le vaccin contre le rotavirus Rotateq (RV5) n’était pas associé avec une augmentation du risque d’invagination intestinale au cours des essais cliniques. Pourtant des analyses des données internationales suggéraient qu’une augmentation du risque était possible dans les premières semaines de la première dose vaccinale. Ce risque était d’autant plus important à évaluer sérieusement qu’un précédent vaccin anti-rotavirus, le Rotashieldhomologué en 1998 et dont 1,5 million de doses avaient été injectées avant l’interruption de sa commercialisation favorisait le risque d’occlusions intestinales fatales par invagination intestinale.

Les rotavirus sont la première cause de diarrhée aiguë sévère du jeune enfant dans le monde. Un peu plus de 500 000 enfants de moins de 5 ans meurent de diarrhée à rotavirus chaque année, le plus souvent (85%) dans les pays à d’Afrique et d’Asie (attention pour les enfants en voyages ou suivant des parents expatriés). En France, les infections à rotavirus représentent 15 à 50% des cas de gastro-entérites ; bien que ces infections soient parfois sévères, la mortalité associée reste faible avec quand même une dizaine de décès chaque année.

Une invagination intestinale est une urgence médico-chirurgicale : elle est provoquée par l’invagination d’un segment d’intestin dans la portion intestinale située en aval. Elle conduit à une occlusion intestinale avec douleurs, vomissements, arrêt du transit et éventuellement péritonite par perforation. Le nourrissons ou le jeune enfant, le plus souvent dans leur première année, souffrent de crises douloureuses abdominales paroxystiques intenses, à type de colique qui surviennent brusquement sans raison notable alors que l’enfant était calme. Ces douleurs se calment aussi brusquement qu’elles sont apparues et réapparaissent avec une fréquence variable dans les heures qui suivent. Le nourrisson se plie en avant, pousse des cris et présente des accès de pâleur évocateurs. Les vomissements alimentaires puis bilieux sont fréquents au cours des crises douloureuses. L’anorexie étant le signe clinique quasi constant de cette affection. L’enfant refuse le biberon. Des saignement rectaux sont un signe de gravité  caractérisque de la souffrance digestive (nécrose) et imposent une prise en charge urgente (indice de diagnostic positif et de gravité). Devant ces signes cliniques, il ne faut jamais hésiter à consulter.L’invagination touche 2 enfants sur 1000 en France.

Une équipe américaine a donc décidé d’évaluer si le rotavirus pentavalent (RV5) pouvait accroitre le risque d’invagination intestinales aiguës. Une cohorte d’enfants de 4 à 34 semaines, inclus dans l’étude avaient été vaccinés par le vaccin anti-rotaviurs RV5 entre mai 2006 et février 2010. Les scientifiques ont comparé la survenue du risque d’invagination chez ces enfants avec un groupe d’enfants également vaccinés par d’autres types de vaccins mais n’ayant pas reçu de vaccin anti-rotaviurs RV5. L’étude était importante puisque 309 844 premières doses du vaccin RV5 ont été administré et au total 786 725 doses.

Au cours du suivi de 1 à 30 jours après la vaccination, 21 cas d’invagination intestinale ont été constatés contre 20,9 attendus dans le groupe contrôle (non vacciné). Au total, sur la durée de l’essai, 56 car ont été identifiés, 30 chez les enfants ayant reçu le vaccin anti-rotavirus Rotateq RV5 et 26 cas chez les enfants vaccinés par d’autres vaccins, une différence non significatives selon les auteurs de l’étude. Les scientifiques ne retrouvent donc pas de risque accru d’invagination intestinale après vaccination par le vaccin anti-rotavirus pentavalent. Un suivi plus prolongé pourrait être nécessaire.

Source

Risk of Intussusception Following Administration of a Pentavalent Rotavirus Vaccine in US Infants
Irene M. Shui, James Baggs, Manish Patel, Umesh D. Parashar, Melisa Rett, Edward A. Belongia, Simon J. Hambidge, Jason M. Glanz, Nicola P. Klein, Eric Weintraub
JAMA.2012;307(6):598-604

Crédit Photo Creative Commons by Gates Foundation

Articles sur le même sujet