mercredi 28 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Un étude française démontre que la pollution accroit immédiatement le risque d’infarctus

Nos villes sont de plus en plus polluées, les normes maximales autorisées des polluants ne sont jamais respectées, la pollution automobile s’accroit avec les embouteillages, et cela, nous allons le payer au prix de notre santé : Il y a quelques jours, une première étude montrait déjà qu’une exposition brève aux microparticules PM 2.5, résultat de la combustion du diesel, augmentait de 34% le risque d’accident vasculaire cérébral lorsque la qualité de l’air passait de “bon” à “modéré”, et cela en seulement 12 à 14 heures (voir article Docbuzz). Une seconde étude, mené auprès de 20 000 femmes âgées démontrait que cette même pollution faisait perdre deux années de bonne santé cognitives à celles qui y étaient exposées au long cours (voir article Docbuzz).

Cette fois, c’est une étude menée par une Université Parisienne qui frappe encore plus fort : un pic de pollution, aux polluants les plus communs, comme nous en subissons régulièrement, accroit immédiatement le risque d’infarctus.

Les scientifiques de l’Université Paris V- Descartes rappellent tout d’abord que le lien entre pollution et infarctus du myocarde a été suspecté il y a 50 ans. Et si il est aujourd’hui démontré que la pollution accroit la mortalité totale, la mortalité pulmonaire et cardiovasculaire, il restait à montrer sur quelle durée la pollution rencontrée dans nos villes était capable de tuer en causant un infarctus du myocarde, une des première cause de mortalité en France. Les polluants principaux sont l’ozone, le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d’azote (NO2, crée l’odeur perçue dans les rues polluées), le dioxyde de soufre (SO2), et les microparticules PM 10 et PM 2,5. Les auteurs français de l’article publié dans la revue américaine JAMA ont compilé 34 études afin d’évaluer l’influence directe de ces polluants sur le risque de la survenue précoce d’un infarctus du myocarde.

Leurs analyses confirment tout d’abord un lien significatif entre chacun des polluants, exempté l’ozone, et la survenue d’un infarctus, et “les résultats sont robustes” écrivent les auteurs : Le monoxyde de carbone accroit le risque d’infarctus de 4,8%, le dioxyde d’azote de 1,1%, le dioxyde de soufre de 1%, les PM10 de 0,6% et les PM 2,5 de 2,5%. Et bien sûr, nous les respirons tous ensemble.

Une seule journée d’exposition accroit le risque d’infarctus de 3% pour le monoxyde de carbone, de 0,7% pour le dioxyde d’azote, 0,5% pour le dioxyde de soufre, 0,7% pour les PM 10 et 1,7% pour les PM 2,5.

Ces polluants peuvent agir de différentes manières : ils peuvent créer un état inflammatoire, altérer la régulation du système cardiaque autonome, augmenter la fréquence cardiaque, réduire la variabilité du rythme cardiaque, augmenter la viscosité sanguine, accélérer le processus d’athérosclérose (le dépôt lipidique sur les artères), favoriser la survenue d’un thrombus (caillot sanguin bloquant une artère coronaire par exemple), réduire la stabilité des plaques artérielles, et augmenter les vasoconstricteurs (endothélines). Ils seraient également capables de favoriser des spasmes coronaires ou un état arythmogène (risque d’un trouble du rythme cardiaque).

Et même si les auteurs concèdent que le risque ainsi créer par les polluant reste inférieur à celui créer par un tabagisme, il n’est pas à négliger car dans son cas, la totalité de la population y est exposée, pour des périodes longues, y compris les plus jeunes

La pollution altère donc notre santé cardiaque et cérébrale. Une seule certitude, en France, la brillante polytechnicienne en charge de l’écologie et des transports, qui vante dorénavant le bonheur futur d’un avenir meilleur, n’a rien fait pour réduire cette pollution et donc protéger la santé de ses concitoyens. Un point commun avec le ministère de la santé. Quand agira t-on vraiment pour sauver facilement des milliers de vies?

Source

Main Air Pollutants and Myocardial Infarction, A Systematic Review and Meta-analysis
Hazrije Mustafić, Patricia Jabre, Christophe Caussin, Mohammad H. Murad, Sylvie Escolano, Muriel Tafflet, Marie-Cécile Périer, Eloi Marijon, Dewi Vernerey, Jean-Philippe Empana, Xavier Jouven
JAMA.2012;307(7):713-721

Paris Cardiovascular Research Center, University Paris Descartes, INSERM Unit 970, Paris, France (Drs Mustafić, Jabre, Escolano, Marijon, Empana, and Jouven and Mss Tafflet and Périer and Mr Vernerey); SAMU de Paris, Necker-Enfants Malades Hospital, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, University Paris Descartes, Paris, France (Dr Jabre); Department of Cardiology, Marie Lannelongue Hospital, Le Plessis Robinson, France (Dr Caussin); Divisions of Preventive Medicine and Health Care Policy and Research, Mayo Clinic, Rochester, Minnesota (Dr Murad);and Ramazan Mustafić Center for Preventive Medicine, Bar, Montenegro (Dr Mustafić).

Crédit Photo Creative Commons by Simone Ramella

Articles sur le même sujet