Lundi 28 juillet 2014

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L’hormonothérapie substitutive après hystérectomie réduit le risque de cancer du sein

Plusieurs publication récentes ont remis en cause les résultats de 3 études majeures (the Collaborative Reanalysis, the Women’s Health Initiative (WHI) et the Million Women Study) qui avaient pratiquement conduit à l’abandon de la prescription d’hormonothérapies substitutives chez les femmes ménopausées du fait d’un risque augmenté de cancer du sein. Ces publications récentes, en fait des ré analyses statistiques des 3 études, ont amené les auteurs à conclure que ces 3 études majeures ne permettaient pas de conclure à une hausse du risque de cancer du sein.

Les femmes ménopausées prenaient cette hormonothérapie substitutive, des œstrogènes seuls ou des estrogènes combinés à de la progestérone, pour combattre les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil, sécheresse vaginale, variation de l’humeur..), réduire une perte osseuse, etc. Lors de l’arrêt des prescriptions, aucun autre traitement n’était recommandé ni disponible en substitution.

Une nouvelle étude publiée dans la revue The Lancet Oncology, démontre cette fois que les femmes ayant subi une hystérectomie et prenant un œstrogène, bénéficient en fait d’une réduction du risque de survenue d’un cancer du sein et même de la mortalité, et cela toujours 5 années après l’arrêt du traitement. Ce bénéfice est mis en balance par la persistance d’un risque connu des œstrogènes, celui de la survenue de thromboses et d’accidents vasculaires cérébraux.

Cette nouvelle publication est en fait issue du suivi à long terme des patientes de l’étude Women’s Health Initiative (WHI) qui avait en fait été débutée en 1993, mais avait été arrêtée prématurément en 2004 lorsque les résultats préliminaires avaient retrouvé un risque augmenté de thrombose et d’accidents vasculaires cérébraux (Les résultats concernant le risque de cancer du sein n’étaient pas clair dans cette étude). Toutefois, les femmes qui ne recevaient que de l’œstrogène ne semblaient pas partager ce risque. C’est ce qu’ont voulu vérifier sur le long terme les auteurs de cette nouvelle publication.

L’étude WHI suivait 10 739 femmes ménopausées. Les femmes âgées de 50 à 79 ans et ayant subi one hystérectomie avaient été séparée ne deux group, l’un relevant un placebo (5429 femmes) et l’autre un ostéogène (origine équine, O, 625 mg/jour; 5310 femmes). L’étude avait été interrompue en 2004 du fait de la survenue en plus grand nombre d’accidents vasculaires cérébraux dans le groupe traité. 7645 femmes avaient accepté de continuer à être suivies par les scientifiques de l’étude ce qui a permis d’évaluer l’influence de la prise d’œstrogène sur le risque de survenue de cancer du sein. Le suivi a été suspendu définitivement en 2009.

Après 11,8 années de suivi, les scientifiques retrouvent que l’utilisation d’œstrogène pendant une durée moyenne de 5,9 années réduit la survenue de cancers du sein (151 cas dans le groupe traité contre 199 dans le groupe placebo). Cet effet se concentre cependant chez les femmes sans maladie mammaire bénigne et sans antécédent familiaux de cancer du sein. Il y a également eu moins de décès liés à un cancer du sein (6 décès versus 16) et moins de décès quelqu’un soit la cause après un diagnostic de cancer du sein chez les patientes ayant reçu de l’œstrogène (30 décès contre 50 décès).

Pour les auteurs, ces résultats permettent déjà de rassurer les patientes ayant subi une hystérectomie et utilisé à la suite une hormonothérapie par œstrogène. Cependant ces résultats ne permettent pas de recommander une utilisation systématisée de l’œstrogène, les bénéfices étant variables en fonction de l’histoire clinique de chaque patiente.

Cependant, ces résultats relancent l’intérêt de hormonothérapie substitutive qui devrait dorénavant être évaluée au cas par cas chez les femmes ménopausées. Une nouvelle ère de l’hormonothérapie substitutive personnalisée est en train de s’ouvrir avec un rationnel pour les femmes ayant des symptômes invalidants du fait de la ménopause. Par ailleurs le effets secondaires du traitement sont de mieux en mieux cernés : pour une femme de moins de 60 ans qui prendrait une hormonothérapie, on ne retrouve pas d’accroissement des maladies cardiovasculaires et même le risque de thromboses et d’accident vasculaire cérébral reste faible.

Bilan de l’étude WHI : prise d’œstrogène seul

  • L’étude a été suspend en février 2004 du fait d’un risque retrouvé augmenté de thromboses et d’accidents vasculaires cérébraux.
  • Une analyse publiée en juin 2004 retrouve un risque augmenté de démence chez les femmes âgées de 65 à 79 ans sous œstrogène seul.
  • Une analyse de 2006 ne retrouve pas de risque augmenté de cancer du sein sous œstrogène seul. L’étude présentée ici est sa suite qui montre donc une réduction de ce risque chez certaines femmes.
  • Une analyse publiée en 2007 retrouve one réduction du risque de maladies cardiovasculaires chez celles ayant pris de l’œstrogène dans les 10 ans suivant le début de la ménopause.
  • Une analyse publiée en 2011 ne retrouve pas de différence entre prise d’œstrogène ou de placebo sur le risque de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux, de cancers du sein, de cancers du colon, de fracture fémorale ou de mortalité. Cependant chez les femmes âgées de 50 à 59 ans, l’œstrogène réduit les maladies cardiovasculaires, les infarctus et la mortalité totale

Bilan de l’étude WHI : prise d’oestrogène+progestérone

  • La prise d’œstrogène + progestérone a montré un risque augmenté de cancer du sein, de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux et a entrainé l’arrêt de ce bras de l’étude. Cependant, dans ce groupe, il y avait moins de fractures de hanche et moins de cancers du colon.
  • Une analyse de 2003 a retrouvé un risque de démence doublée chez les femmes ayant pris ce traitement en comparaison avec celles ne l’ayant pas pris, en particulier chez les plus de 65 ans.
  • Une analyse de 2004 retrouvait un risque de cancer du colon réduit de 44%.
  • Une analyse de 2008 montrait que 3 ans après l’arrêt du traitement, l’excès de maladies cardiovasculaires, de thromboses et d’accident vasculaires cérébraux étaient revenus à la normale, comme la réduction du risque de cancer du colon


Source

Conjugated equine oestrogen and breast cancer incidence and mortality in postmenopausal women with hysterectomy: extended follow-up of the Women’s Health Initiative randomised placebo-controlled trial
Garnet L Anderson, Rowan T Chlebowski, Aaron K Aragaki, Lewis H Kuller, JoAnn E Manson, Margery Gass Elizabeth Bluhm, Stephanie Connelly, F Allan Hubbell, Dorothy Lane, Lisa Martin, Judith Ockene, Thomas Rohan, Robert Schenken, Jean Wactawski-Wende
The Lancet Oncology, Early Online Publication, 7 March 2012

Les 4 publications remettant en cause le lien entre hormonothérapie substitutives et cancer du sein :

Does hormone replacement therapy cause breast cancer? An application of causal principles to three studies: Part 1. The Collaborative Reanalysis.
Shapiro S, Farmer RD, Seaman H, Stevenson JC, Mueck AO
J Fam Plann Reprod Health Care. 2011 Apr;37(2):103-9. doi: 10.1136/jfprhc.2011.0078.

Does hormone replacement therapy cause breast cancer? An application of causal principles to three studies: part 2. The Women’s Health Initiative: estrogen plus progestogen.
Shapiro S, Farmer RD, Mueck AO, Seaman H, Stevenson JC.
J Fam Plann Reprod Health Care. 2011 Jul;37(3):165-72. Epub 2011 Jun 2.

Does hormone replacement therapy cause breast cancer? An application of causal principles to three studies: part 3. The Women’s Health Initiative: unopposed estrogen.
Shapiro S, Farmer RD, Mueck AO, Seaman H, Stevenson JC.
J Fam Plann Reprod Health Care. 2011 Oct;37(4):225-30. Epub 2011 Jun 2.

Does hormone replacement therapy cause breast cancer? An application of causal principles to three studies: Part 4. The Million Women Study.
Shapiro S, Farmer RD, Stevenson JC, Burger HG, Mueck AO
J Fam Plann Reprod Health Care. 2012 Jan 16. [Epub ahead of print]

Crédit Photo Creative Commons by Kinda Kinked

 

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