samedi 3 décembre 2016

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30% des patients de plus de 65 ans ne comprennent pas les informations simples contenues dans la «notice patient» d’un médicament.


 Selon une étude publiée dans la revue anglaise The British Medical Journal, un tiers des adultes sont incapables de comprendre les informations médicales de base, par exemple inscrites sur la notice d’utilisation d’un médicament. Cette incapacité est d’autant plus préoccupante qu’elle est reliée, toujours selon cette nouvelle l’étude, à une mortalité doublée, en comparaison avec des adultes du même âge mais comprenant ces informations.

L’OMS avait déjà identifié cette compréhension des informations médicales de base comme un élément important en terme de santé des populations. Une faible capacité de compréhension des information médicales de base, comme celles contenues dans la notice d’un médicament, est liée à une faible connaissance des maladies chroniques, à une santé mentale et physique altérée, à une utilisation limitée des services de prévention, et à un taux plus élevé d’admission à l’hôpital.

Cette nouvelle étude visait à évaluer combien d’adultes de plus de 654 ans étaient concernés par ce faible niveau de compréhension. 7857  adultes de 52 ans et plus ont participé à l’évaluation et à son suivi en terme de mortalité après un test de compréhension.

Ce test évaluait la compréhension de 4 données sanitaires simples que l’on peut trouver par exemple sur une “notice patient” d’un médicament vendu en pharmacie sans ordonnance. On donnait cette notice aux participants qui avaient le temps de la lire puis on leur posait des questions simples du type : « Quelle est la durée maximum du traitement? », « Donner une pathologie pour laquelle ce médicament est utile ? ». Le test était noté de 0 à 4, chaque bonne réponse attribuant 1 point.

67% des patients ont atteint le score maximum, 20,3% ont fait une erreur, et 12,5% deux erreurs ou plus. Les plus mauvais scores étaient associés à un âge plus élevé, à un plus faible niveau socio-économique, et à des pathologies telles que la dépression, les limitations physiques ou une maladie chronique (maladie cardiovasculaire, diabète, asthme). Un  tabagisme, un alcoolisme, une inactivité physique favorisaient également un mauvais score.

Plus grave, ce manque de compréhension de données médicales simples s’associait avec une mortalité bien plus élevée. Les patients ont été suivis 5 années après le test. Pendant ce laps de temps, 6,1% des participants ayant eu 4/4 au test, 9% de ceux ayant eu 3/4 et 16% de ceux ayant eu 2 ou moins sont décédés. La mortalité au cours de l’étude a été 75% plus élevé chez les participants ayant eu seulement 0, 1 ou 2 réponses bonnes, et de 24% plus élevé chez ceux ayant eu 3 réponses bonnes en comparaison avec ceux ayant obtenu 4 points sur 4. L’ajustement de ces résultats aux variables inter individuelles n’en modifiait pas la significativité, qu’il s’agisse des habitudes de vie, ou des pathologies intercurrentes.

Ces résultats suggèrent qu’un tiers de patients (évalués ici en Angleterre)  ont des difficultés à lire et/ou à comprendre des informations médicales de base contenues sur les notices des médicaments. Cette étude arrive au moment où de plus en plus de patients âgés sont traités pour des pathologies chroniques, et où on les encourage à devenir de plus en plus responsables et actifs vis-à-vis de leurs traitements médicaux. Comment peut-on attendre des patients qu’ils prennent des décisions en toutes connaissance de cause s’ils ne sont pas capables de comprendre les informations qui leurs sont fournies » s’interrogent les scientifiques ? Cette étude doit donc servir de rappel à tous les professionnelles de santé afin qu’ils adoptent une communication plus efficace vis-à-vis de leurs patients concluent les auteurs. La recommandation est d’importance puisque ce manque de compréhension s’associe à une mortalité plus élevée.

Des patients et/ou des associations de patients devraient par exemple être consultés pour l’écriture de ces « notices patients » afin de s’assurer que les informations fournies sont compréhensibles par le plus grand nombre.

Source

Association between low functional health literacy and mortality in older adults: longitudinal cohort study
Sophie Bostock, Andrew Steptoe
BMJ 2012;344:e1602

Crédit Photo Creative Commons by KOMUnews

 

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