dimanche 25 septembre 2016

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Le dépistage systématique du cancer de la prostate par le PSA réduit la mortalité

Le dépistage par dosage sanguin du marqueur PSA est efficace pour réduire la mortalité par cancer de la prostate, démontre une étude européenne publiée dans la revue The New England Journal of Medicine.

Le PSA (Prostate-Specific Antigen), l’antigène prostatique spécifique est une protéine fabriquée par la prostate pour liquéfier le sperme et faciliter le déplacement des spermatozoïdes. Il est présent dans le sang de tous les hommes. Le taux de PSA augmente en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate et de cancer de la prostate. Des taux entre 4 et 10 ng/ml sont considérés comme suspects.

Ce dépistage est resté longtemps controversé et seule, une étude à grande échelle et d’une durée suffisamment longue, pouvait répondre à la question : est-il intéressant de proposer aux hommes de plus de 50 ans un dépistage systématique du cancer de la prostate, sachant qu’un homme sur deux déclenchera à un moment de sa vie, ce cancer? C’était l’objectif de cette étude Européenne initiée en 1991 qui a inclus des patients des Pays-Bas, de Belgique, de Suède, de Finlande, d’Italie, d’Espagne, de Suisse, et auxquels se sont ajoutés des patients français entre 2000-2005.

Au total, l’étude a inclus 182 160 hommes, âgés de 55 à 69 ans. Une partie des patients bénéficiait d’un dépistage sanguin du taux de PSA tous les 4 ans. Si ce taux était supérieur à 3 ng/ml, une biopsie de la prostate était alors proposée  aux patients afin de vérifier ou non la présence d’un cancer. Le résultat de l’étude était d’évaluer après 11 années de suivi des deux groupes, si le dépistage entrainait une baisse de la mortalité par cancer de la prostate en comparaison au groupe sans dépistage.

Au total, 136 000 dosages de PSA ont été réalisés dont 16,6% étaient positifs. 85% des patients ayant un test positif ont accepté une biopsie. 6963 cancers ont été diagnostiqués dans le groupe dépisté (9,66 cas pour 1000 personnes) et 5396 dans le groupe non dépisté (5,95 cas pour 1000 personnes).

299 hommes sont décédés d’un cancer de la prostate dans le groupe dépisté et 462 dans le groupe non dépisté : le dépistage a donc permis une réduction de 21% de la mortalité par cancer de la prostate au cours des 11 années de suivi. Ainsi en réalisant un dépistage chez 1055 hommes, chez lesquels 37 cancers seront dépistés, un décès par cancer de la prostate sera évité.

Ce bénéfice du dépistage est retrouvé à tous les âges (après 55 ans).

Les auteurs doivent encore évaluer le rapport bénéfice/risque du dépistage et les agences gouvernementales voudront surement évaluer le rapport coût/efficacité avant de promouvoir ce dépistage au niveau national.

Nombreux étaient déjà les médecins qui surveillaient le PSA de leur patients âgés, une surveillance recommandée par l’Association Française des Urologues à partir de 45 ans chez les hommes à haut risque. Cette étude leur donne raison. La Haute Autorité de Santé (HAS) avait quant-à elle émis un avis défavorable au dépistage en 2010 ; Cette étude lui donne tort.

Source

Prostate-Cancer Mortality at 11 years of follow-up
Fritz H. Schröder, M.D., Jonas Hugosson, M.D., Monique J. Roobol, Ph.D., Teuvo L.J. Tammela, M.D., Stefano Ciatto, M.D., Vera Nelen, M.D., Maciej Kwiatkowski, M.D., Marcos Lujan, M.D., Hans Lilja, M.D., Marco Zappa, Ph.D., Louis J. Denis, M.D., Franz Recker, M.D., Alvaro Páez, M.D., Liisa Määttänen, Ph.D., Chris H. Bangma, M.D., Gunnar Aus, M.D., Sigrid Carlsson, M.D., Arnauld Villers, M.D., Xavier Rebillard, M.D., Theodorus van der Kwast, M.D., Paula M. Kujala, M.D., Bert G. Blijenberg, Ph.D., Ulf-Hakan Stenman, M.D., Andreas Huber, M.D., Kimmo Taari, M.D., Matti Hakama, Ph.D., Sue M. Moss, Ph.D., Harry J. de Koning, M.D., and Anssi Auvinen, M.D. for the ERSPC Investigators
N Engl J Med 2012; 366:981-990 March 15, 2012

Crédit Photo Creative Commons by The Doctr

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