mardi 6 décembre 2016

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Traitement de l’asthme : Un suivi des patients par téléphone portable n’apporte pas un meilleur contrôle

On estime à 300 millions le nombre d’individus souffrant d’asthme, un chiffre en perpétuelle augmentation. Malgré 20 années de recommandations, de nombreuses personnes ont toujours un asthme mal équilibré et donc à risque de décompensation brutale pouvant mettre en jeux leur pronostic vital. En particulier la mauvaise compliance des patients est un facteur de risque dont l’amélioration parait accessible.

La mobilisation des patients et des médecins pour améliorer cette prise en charge quotidienne de l’asthme est donc un enjeu majeur en terme de santé publique. Deux outils ont en particulier été développés. Le plus ancien est un suivi quotidien sur un carnet de note contenant également des conseils thérapeutiques. Pourtant, il est apparu dans certaines études que seulement 6% des patients l’utilisaient. Ce résultat contraste avec ce qui a pu être observé avec l’aide des nouvelles technologies, où plus de 60% des patients, surtout s’ils savent que leurs résultats sont observés, deviennent compliants aux traitements. Le téléphone portable est le système le plus simple pour mettre en place ce suivi.

Des scientifiques anglais ont donc voulu comparer dans une étude bien construite ces deux services d’aide à la compliance. Les patients recrutés avaient plus de 12 ans et un asthme mal contrôlé. La moitié des patients bénéficiât d’un suivi papier, l’autre du téléphone portable. L’objectif de l’étude était le changement de contrôle de l’asthme à 6 mois. D’autres critères particuliers à la maladie étaient également suivis.

Les 145 participants au groupe “téléphone portable” disposaient d’une application téléchargée sur leur téléphone, permettant de transmettre deux fois par jour les symptômes ressentis par le patient, les médicaments pris, et le peak flow (qui évalue le souffle du patient). L’ensemble de ces données montraient que le patienté était en zone verte s’il était bien traité, ou en zone rouge si les traitement était insuffisamment efficace : en zone rouge une infirmière rentrait en contact avec le patient dans le but d’améliorer sa prise ne charge. Les 143 participants du groupe “papier” tenaient un registre quotidien des mêmes données cliniques et thérapeutiques, également deux fois par jour.

Au bout de 6 mois de suivi, il n’existe malheureusement aucune différence entre les deux groupes en ce qui concerne le contrôle de l’asthme. A 6 mois, 29 patients du groupe “téléphone portable” et 31 patients du groupe “papier” avaient un asthme bien contrôlé. L’amélioration de la qualité de vie n’a pas non plus été différente entre les deux groupes. 

Ainsi, cette étude ne montre pas de bénéfice du suivi des patients par le téléphone portable en comparaison à un suivi classique. Le coût thérapeutique était également identique mis à part le suivi par les infirmières dans le groupe téléphone portable qui constituait un coût additionnel d’environ 83 euros. Si dans certaines études l’esanté a montré des bénéfices chez l’adulte et chez l’enfant en comparaison à un suivi thérapeutique classique, cette étude tend à montrer qu’en mettant en place une bonne structure clinique et une éducation efficace des patients, la technologie par téléphone portable n’apporte rien. Cependant, seulement 1 patient sur 5 réussi finalement à équilibrer son asthme ce qui démontre que de nouveaux progrès sont à réaliser.

Le système de téléphonie mobile permettant aux patients d’enregistrer leurs résultats cliniques était fourni par la société OBS Medical.

Source

Clinical and cost effectiveness of mobile phone supported self monitoring of asthma: multicentre randomised controlled trial
Dermot Ryan, David Price, Stan D Musgrave, Shweta Malhotra, Amanda J Lee, Dolapo Ayansina, Aziz Sheikh, Lionel Tarassenko, Claudia Pagliari, Hilary Pinnock
BMJ 2012;344:e1756

Crédit Photo Creative Commons by wine me up

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