samedi 3 décembre 2016

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La prescription d’antalgiques opiacés en post-opératoire expose clairement à une dépendance

Le risque de la prescription de médicaments opiacés est celui d’une poursuite prolongée du traitement parfois par accoutumance ou par dépendance à ces médicaments. C’est par exemple un effet qui a pu être constaté en France suite au retrait du marché du Diantalvic, ne laissant aux médecin que le choix de la prescription de médicaments opiacés.

Des scientifiques Canadiens (Ontario) ont souhaité évaluer ce risque de prise continue d’antalgiques opiacés en post-opératoire chez des patients âgés n’ayant auparavant jamais pris ces médicaments.

L’étude était rétrospective. Elle a inclus des patients de plus de 66 ans à qui ont été prescrit des antalgiques opiacés dans les 7 jours qui suivaient une opération chirurgicale : opération de la cataracte, opération de la vésicule biliaire (cholécystectomie), opération de la prostate (résection prostatique transuréthrale), ou opération d’une insuffisance veineuse (stripping). La prise prolongée d’opiacés était définie comme la poursuite d’un traitement par antalgique une année après l’opération chirurgicale (+/- 60 jours).

Parmi 391 139 patients n’ayant jamais pris d’antalgiques opiacés, 27 636 patients (7.1%) ont reçu une première prescription d’antalgiques opiacés dans les 7 jours suivant leur opération chirurgicale  et 30 145 patients (7.7%) prenaient des antalgiques opiacés 1 an après l’opération.

Une augmentation de la prise d’oxycodone, un analgésique stupéfiant très puissant dérivé de la thébaïne un alcaloïde de l’opiuma été mise clairement en évidence : sa consommation triplait, passant de 5.4% des patients en prenant à 7 jours à 15.9% des patients à 1 an. (en France : OxyContin , OxyNorm, OxyNormoro. En Belgique : OxyContin. Au Canada : Supeudol, Percocet, Percodan. En Suisse : OxyContin, Oxynorm)

Selon les analyse des scientifiques, les patients à qui un antalgique opiacé était prescript dans les 7 jours suivant une opération chirurgicale, avait 44% plus de risque de continuer un traitement à base d’opiacés un an après l’opération, en comparison avec les patients n’ayant pas reçu cette première prescription dans les 7 jours.

Les prescriptions d’anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont également été évaluées.  1169 patients (0.3%) ont reçu une prescription d’antiinflammatoires dans les 7 jours suivant l’opération. Un an après l’opération, 30 080 patients  soit 7.8% en consommaient. Le risque de poursuivre une prescription d’anti inflammatoires à un an chez les patients ayant reçu une première prescription dans les 7 jours post-opératoires était multipliée par 4 (x 400%), en comparaison aux patients n’ayant pas reçu cette première prescription dans les 7 jours.

Les auteurs concluent que la prescriptions d’antalgiques dans les 7 jours qui suivent une opération chirurgicale expose les patients à une consommation à long terme, dangereuse pour leur santé du fait des effets d’accoutumance et des effets secondaires qui y sont rattachés.

 Source

Long-term Analgesic Use After Low-Risk Surgery. A Retrospective Cohort Study
Asim Alam, MD; Tara Gomes, MHSc; Hong Zheng, MSc; Muhammad M. Mamdani, PharmD, MA, MPH; David N. Juurlink, MD, PhD;Chaim M. Bell, MD, PhD
Arch Intern Med. 2012;172(5):425-430. doi:10.1001/archinternmed.2011.1827

Crédit Photo Creative Commons by  Thomas Fisher Rare Book Library (Creator: White, William Charles, 1873-1960
Title: Opium wreck – Hangchow Hospital)

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