dimanche 2 octobre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Coups, insultes, injures, menaces et crimes : quand la violence explose à l’hôpital

Selon l’observatoire National des Violences en milieu Hopsitalier, les vols, dégradations, injures, insultes, coups,  agressions sexuelles et crimes sont en augmentation de 13% dans les hôpitaux français, avec encore plus d’établissements touchés que les années précédentes.

Une circulaire définissait en l’an 2000 les   grands   axes   d’une   politique   de   prévention   des   situations de violence dans les hôpitaux. Plus tard fut même créé une structure   ministérielle   chargée   de   coordonner   et   d’évaluer   les   politiques   mises   en   œuvre destinée  à  garantir  la  sécurité  des  personnes  et  des  biens  à  l’intérieur  des hôpitaux. Le bilan est totalement négatif.

Au cours de l’année 2011, 5760 faits ont été déclarés par 337 établissements hospitaliers, une estimation basse de ce qui se passe réellement dans les hôpitaux  car tous les hôpitaux ne déclarent pas les faits survenus en leur sein, tous n’ont pas développé une gestion des violences, et tous n’analysent pas de manière identiques les faits survenus. Le nombre d’établissements déclarant des faits d’atteinte aux biens ou aux personnes est passé de 274 en 2005 à 337 en 2011, et le nombre de faits a doublé passant de 2690 en 2006 à 5776 en 2011.

Les régions les plus touchées sont l’Ile de France (10% des déclarations), la Picardie (9%) et la Basse Normandie (9%). Le nombre d’atteintes aux personnes est particulièrement en hausse en 2011 par rapport à l’année précédente, totalisant 87% des faits déclarés : 1% sont des crimes, 55% des coups (+9%), 18% des menaces (+3%) et 26% des insultes et injures (+5%).

Les services les plus touchés sont les services de psychiatrie (26%), les services des urgences (16%) et les services de médecine générale (12%).

Dans 76% des cas se sont les patients eux-mêmes qui sont les auteurs de ces faits, réalisés dans 3 cas sur 4 contre le personnel de l’hôpital. Les autres auteurs sont le personnel hospitalier lui-même ou les accompagnant des patients. En ce qui concerne le personnel hospitalier, il s’agit dans 86% des cas de conflits entre personnels, aboutissant dans 1 cas sur 4 à une violence physique. 36% des faits surviennent la nuit.

Les victimes de violences au sein des hôpitaux sont à 82% le personnel hospitalier : ces violences sont physiques (51% ; +4% en 2011). Les patients sont victimes dans 13% des cas. Dans 86% des cas, il n’y a pas de plainte déposée. Au total, seuls 46 convocations ultérieures en justice ont été enregistrée alors même que les violences exercées sont de nature importante montrant l’importance de la sous-déclaration.

Il  apparait  nettement  que  les  injures/insultes  ne  cessent  d’augmenter  au  cours   des six dernières années, induisant une gradation plus rapide du niveau de violence : les auteurs ont dorénavant plus tendance  à  passer  directement  de  l’injure/insulte  à  l’agression  physique.

Selon l’Observatoire National des Violences, “L’année 2011 met en exergue une radicalisation de plus en plus marquée des actes de violence”, s’alarment les rapporteurs, “Il n’est plus possible d’ignorer que la violence existe au sein des établissements de santé, qu’elle soit endogène (patients) ou exogène, qu’elle soit involontaire ou recherchée et ciblée”.

La sécurité à l’hôpital est un sujet récurrent depuis des années et comme d’autres jamais traité. Faudra t-il bientôt des services de sécurité privée et armés comme aux Etats-Unis pour assure la sécurité au sein des bâtiments hospitaliers.

Source

BILAN NATIONAL DES REMONTEES DES SIGNALEMENTS D’ACTES DE VIOLENCE EN MILIEU HOSPITALIER
Observatoire National des Violences en milieu Hospitalier DGOS-DSR-FG
Janvier 2012

Articles sur le même sujet